Après les perturbations enregistrées début janvier, le gouvernement a relancé le dialogue avec les syndicats du secteur des transports. Réunis hier autour du Premier ministre, Sifi Ghrieb, les représentants des chauffeurs de taxi ont remis sur la table les dossiers liés aux tarifs, aux conditions d’exercice et aux nouvelles dispositions du Code de la route.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a réuni, hier, les représentants de plusieurs syndicats du secteur des transports, dont le SNTT (Syndicat national des transporteurs par taxi), affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), l’UGCAA et l’ONTA (l’Organisation nationale des transporteurs algériens).
La rencontre s’est tenue en présence du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, et de la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif. Elle intervient dans un contexte marqué par des perturbations enregistrées au début du mois dans le secteur des transports, ayant conduit les autorités à multiplier les cadres de concertation avec les partenaires sociaux.
À l’issue de la réunion, le Premier ministre a annoncé le lancement de « véritables ateliers de travail », dans le cadre d’un calendrier précis, visant à traiter les différents dossiers professionnels et sociaux et à réduire les accumulations et dysfonctionnements constatés au sein du secteur. Selon les organisations syndicales, ces ateliers devront permettre d’aborder de manière structurée les préoccupations exprimées par les professionnels du transport.
Sifi Ghrieb a également exprimé sa « confiance quant à la prochaine étape », affirmant que le secteur des transports est appelé à connaître un « saut qualitatif » susceptible d’améliorer les conditions de travail des professionnels et d’élever le niveau du service public. Il a, dans ce cadre, salué la conscience des acteurs du secteur et leur rôle dans la garantie de la continuité du service.
Les syndicats ont par ailleurs indiqué que le Premier ministre a souligné l’intérêt particulier et le suivi accordés par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au secteur des transports, en raison de son importance stratégique. Parmi les dossiers au centre des échanges, figurent les dispositions de la nouvelle loi portant Code de la route.
Les représentants des chauffeurs de taxi ont fait part de leurs préoccupations concernant le durcissement de certaines sanctions, notamment celles liées aux accidents corporels involontaires, jugées sources d’inquiétude pour les professionnels de la route.
Les syndicats ont également évoqué la question de la responsabilité du chauffeur en cas de non-port de la ceinture de sécurité par les passagers, y compris à l’arrière du véhicule, une disposition qui suscite des réserves dans la profession.
Ces points font partie des sujets appelés à être examinés dans le cadre des ateliers annoncés par le gouvernement. La révision de la grille tarifaire des taxis constitue un autre dossier central.
Les représentants des chauffeurs rappellent que les tarifs en vigueur n’ont pas été révisés depuis 2012, alors que les coûts liés à l’activité (carburants, entretien des véhicules, pièces de rechange) ont connu plusieurs hausses successives.
Le principe d’une révision a été évoqué lors des échanges antérieurs avec les autorités, les modalités devant faire l’objet de discussions approfondies. Les syndicats plaident également pour des mesures d’accompagnement, notamment en matière de fiscalité et de protection sociale, et pour une meilleure prise en compte des spécificités du métier de chauffeur de taxi dans les réformes en cours. Cette rencontre constitue la deuxième initiative de ce type en l’espace d’une dizaine de jours.
Le 8 janvier dernier, plusieurs responsables syndicaux du secteur des transports avaient été reçus par le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri. À l’issue de cette réunion, les syndicats avaient annoncé la reprise officielle de l’activité du transport à l’échelle nationale, indiquant que leurs préoccupations avaient été entendues.
Trois jours plus tard, le président du Conseil de la nation avait transmis un rapport sur le déroulement de cette rencontre. La réunion de samedi avec le Premier ministre s’inscrit ainsi dans une séquence de dialogue institutionnel renforcé, visant à stabiliser le secteur et à poser les bases d’un traitement durable des revendications professionnelles.

