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L’Algérie parle à tous et mise sur la stabilité régionale

Au cours de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a déroulé les lignes directrices de la politique étrangère, qu’il envisage comme un travail patient d’équilibre, d’ouverture et de stabilité.

Sans emphase, il a rappelé la place qu’occupe l’Algérie dans un environnement régional marqué par les tensions et les recompositions, affirmant sa volonté de maintenir une orientation diplomatique cohérente avec les « intérêts mutuels » revendiqués comme principe.

D’emblée, le Chef de l’État a insisté sur la qualité des partenariats tissés par Alger avec un nombre croissant de capitales européennes. L’Italie, l’Espagne et l’Allemagne ont été citées parmi les pays avec lesquels les échanges sont qualifiés de « relations privilégiées », nourries par des convergences économiques et politiques.

Le Président a rappelé que ces partenariats s’inscrivent dans une vision plus large, où l’Algérie entend consolider sa place de partenaire fiable pour les grandes puissances, évoquant les « bonnes relations » entretenues avec les États-Unis, la Russie et la Chine. Interrogé sur la relation avec la France, Abdelmadjid Tebboune n’a pas souhaité s’aventurer dans des développements longs, préférant se concentrer sur un épisode récent, la visite en Algérie de Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie.

À son propos, il a exprimé « tout son respect », saluant « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise », avant d’ajouter : « Elle est la bienvenue ».

Une manière de souligner que, malgré les crispations récurrentes entre Alger et Paris, certaines voix françaises trouvent encore audience au sommet de l’État. Le Président a ensuite élargi son propos à l’espace maghrébin, sahélien et arabe, où l’Algérie affirme une présence diplomatique constante.

Il a rappelé la proximité particulière entretenue avec la Mauritanie, évoquant la « dimension fraternelle » des relations, un pays que l’Algérie « tente d’aider » dans la limite de ses capacités. Sur le Niger, Abdelmadjid Tebboune a tenu à préciser qu’il éprouve « beaucoup de respect » pour l’actuel Président, Abdourahamane Tiani, pour lequel il affirme avoir adressé une invitation officielle pour une visite en Algérie.

À propos du Mali, il a rappelé « l’histoire commune » qui lie les deux pays, avant d’avertir contre ceux qui se rendent dans ce pays « pour l’armement et la spoliation des biens ».

Le Président a également jugé que les échanges avec le Burkina Faso sont « bons », ajoutant que l’Algérie est disposée à les « renforcer davantage ». L’évocation de la Libye a donné lieu à un rappel appuyé : « Tout ce qui touche ce pays touche aussi l’Algérie », a déclaré M. Tebboune, plaidant pour que « les Libyens décident de l’avenir de leur pays et choisissent leurs représentants ».

Une position que les autorités algériennes réaffirment régulièrement, notamment face aux interventions étrangères qui continuent de fragmenter le paysage politique libyen. Dans le monde arabe, le Chef de l’État a tenu à souligner le caractère « historique » des relations avec l’Égypte, ajoutant que l’Algérie refuse « toute atteinte à ce pays ».

Il s’est également réjoui du niveau des relations entretenues avec le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite, qu’il a décrites comme « plus que fraternelles ».

En conclusion de cet entretien, Abdelmadjid Tebboune a résumé l’ambition qu’il assigne à la diplomatie algérienne. L’Algérie entend s’inscrire durablement comme une nation capable de stabiliser son environnement immédiat tout en dialoguant avec une pluralité d’acteurs internationaux. Une orientation que le Président affirme voir désormais « saluée par les plus grands pays ».

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L'express quotidien du 09/02//2026

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