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L’Algérie sur le point de quitter la liste grise du GAFI

Dans un monde où la traque du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme est une bataille vitale pour la santé des finances planétaires, l’Algérie a entrepris une série de mesures pour le renforcement de son cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’Algérie est placée sur la « liste grise » du GAFI fin 2024.

Cette inscription, faut-il le souligner, n’était pas une punition sévère comme la liste noire, mais elle imposait quand même une surveillance renforcée et pouvait freiner les investissements étrangers, compliquer les transactions internationales et ternir l’image du pays sur la scène économique mondiale.

Dès octobre 2024, l’Algérie s’est engagée au plus haut niveau avec le GAFI et le MENAFATF pour renforcer son arsenal anti-blanchiment et anti-terrorisme financier. Et, en un an et demi à peine, elle a relevé le défi avec une forte détermination et a réalisé des bonds en avant appréciables en un temps record.

Les conclusions du GAFI lors de sa plénière de Mexico, du 11 au 13 février, sont assez parlantes. Selon ces conclusions, l’Algérie a « substantiellement achevé » son plan d’action et mérite une inspection sur place. Un feu vert clair qui ouvre la voie vers une sortie rapide de cette liste gênante, sans doute dans les prochains mois.

Les avancées soulignées par le GAFI sont impressionnantes et couvrent tous les fronts identifiés comme lacunaires. L’Algérie a mis les bouchées doubles. Elle a renforcé la surveillance fondée sur les risques, ciblant les secteurs vulnérables via de nouvelles procédures, évaluations, manuels et inspections, assortis de sanctions dissuasives. Un cadre efficace pour les informations sur les bénéficiaires effectifs a été bâti, de même qu’un régime de déclaration des transactions suspectes et un dispositif pour les sanctions antiterroristes.

L’approche risque s’étend aussi aux ONG, sans freiner leurs actions légitimes. Ainsi, en moins d’un an et demi, Alger a comblé les lacunes stratégiques, impressionnant le « gendarme » mondial de l’anti-blanchiment qui note explicitement que ces réformes ont « débuté et se poursuivent », avec un engagement politique intact. Cette validation, « substantiellement achevée », justifie une inspection de terrain pour vérifier la pérennité des mesures.

Vu le calendrier des plénières (février, juin, octobre), l’Algérie pourrait être rayée de la liste grise dès la seconde moitié de 2026. Un soulagement majeur.

Car même si la liste grise est surveillée mais pas punitive comme la noire, elle pèse pourtant sur la réputation du pays. Pour un pays comme l’Algérie, habitué aux défis économiques, cette sortie boosterait la confiance des partenaires et faciliterait les échanges, surtout avec l’Europe, qui s’aligne souvent sur le GAFI.

C’est le cas de le dire, l’Algérie a su transformer une alerte en opportunité, prouvant ainsi sa détermination à relever n’importe quel défi. Au vu des appréciations du GAFI, les chances d’une sortie imminente de la liste grise sont élevées et c’est une nouvelle qui mérite d’être célébrée, avec prudence et optimisme.

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L'express quotidien du 16/02//2026

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