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Les marchés de l’énergie ébranlés

Les cours du pétrole et du gaz ont fortement augmenté hier, s’envolant pour une troisième séance consécutive, alors que le conflit israélo-américain avec l’Iran s’étend, perturbant les livraisons de carburant et renforçant les craintes de nouvelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole et en gaz au Moyen-Orient.

Depuis le début des attaques dans la région, les infrastructures pétrolières et gazières de plusieurs pays ont été mises à l’arrêt en raison d’attaques de missiles iraniens, ou par mesure de précaution.

Le Qatar a interrompu sa production de gaz naturel liquéfié (GNL), et l’Arabie saoudite a fermé sa plus grande raffinerie, alors que la production au Kurdistan irakien est quasiment à l’arrêt.

Dans ce contexte de grave crise géopolitique, le prix du pétrole brut Brent s’échangeait autour de 84 dollars durant la journée de cotation, après avoir grimpé à 85,12 dollars le baril, à l’ouverture de la séance, son plus haut niveau depuis juillet 2024.

Le pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) était également en hausse de 7 %, en cours de journée, après avoir atteint son plus haut niveau depuis juin à 77,58 dollars le baril.

Les deux contrats ont progressé respectivement de 17 et 16 % depuis la clôture de vendredi, avant le début des attaques. Selon les analystes, le prix du pétrole pourrait atteindre 100 dollars le baril, voire 120 dollars, si le trafic dans le détroit d’Ormuz n’est pas rapidement normalisé.

Le marché gazier est également fortement impacté, suite à la décision du Qatar d’interrompre sa production. Le géant énergétique public responsable de la totalité des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays, a annoncé l’arrêt complet de sa production de GNL suite aux frappes de drones iraniens qui ont touché ses installations dans les zones industrielles de Ras Laffan et de Mesaieed.

Une décision qui met hors service environ 20 % de la capacité mondiale d’exportation de GNL. Dans ce sillage, les prix de référence du gaz naturel en Europe ont grimpé de 30 % supplémentaires à l’ouverture hier, après une hausse de 40 % lundi.

L’arrêt de la production de GNL au Qatar, deuxième exportateur mondial de GNL, bouleverse complètement les marchés mondiaux du gaz, notamment en Asie et en Europe.

Celle-ci est un acheteur important dans le cadre de contrats à long terme, alors que l’Asie – dont la Chine, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud – consomme plus de 80 % du GNL qatari.

Hier, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, voie de navigation essentielle représentant environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, était interrompu pour la quatrième journée consécutive.

La fermeture a eu pour conséquence le blocage de centaines de pétroliers chargés de pétrole et de GNL près de grands centres névralgiques, comme le port de Fujairah aux Émirats arabes unis, incapables d’atteindre leurs clients en Asie, en Europe et ailleurs.

Durant la même journée, un réservoir de carburant du port commercial de Duqm, à Oman, a été touché et un incendie s’est déclaré à Fujairah, aux Émirats arabes unis, l’un des principaux centres pétroliers régionaux.

Des faits qui exacerbent la crise d’approvisionnement et risquent de faire flamber durablement les cours de l’énergie, car l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Koweït et l’Iran devront probablement commencer à réduire leur production de pétrole dans les prochains jours, en raison du blocage des voies d’exportation, à moins qu’ils ne trouvent des alternatives.

Dans ce contexte tendu, les assureurs ont annulé leurs couvertures du transport via le détroit d’Ormuz, occasionnant une hausse des tarifs du transport maritime mondial de pétrole et de gaz.

L’inquiétude s’est accrue après la diffusion, lundi, d’un article dans les médias iraniens rapportant qu’un haut responsable des Gardiens de la révolution iraniens avait déclaré que le détroit était fermé et avertissait que l’Iran tirerait sur tout navire tentant de le franchir.

S’ils s’installent sur la durée, le blocage du détroit d’Ormuz et les arrêts de production dans les pays du golfe pourraient engendrer une nouvelle crise énergétique mondiale, car le marché de l’énergie n’est plus seulement volatil, il est entré, en l’espace de deux jours, dans une phase de rupture structurelle.

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L'express quotidien du 04/03//2026

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