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50 % de la population menacée d’obésité d’ici 2030

« L’obésité est une maladie chronique grave qui constitue aujourd’hui une véritable urgence sanitaire. Elle est la cause de nombreuses complications qui touchent l’ensemble de l’organisme. Sans actions concrètes, la moitié de la population pourrait être obèse d’ici 2030 », avertit le professeur Soumia Fedhala, cheffe de service d’endocrinologie à l’hôpital Lamine-Debaghine.

Le monde a célébré hier la Journée mondiale de l’obésité. Une maladie qui s’impose de nos jours comme un problème de santé majeur. L’Algérie ne fait pas exception. Les autorités sanitaires expriment leurs inquiétudes face à l’ampleur de cette maladie. « Les derniers chiffres publiés en 2022 montrent que près de la moitié de la population est en situation de surpoids, et qu’un quart est déjà en obésité », a indiqué hier Pr Soumia Fedhala, cheffe de service d’endocrinologie à l’hôpital Lamine-Debaghine. Intervenant hier sur la Chaîne 2 de la Radio algérienne, Pr Fedhala a estimé que l’obésité n’est ni une question d’esthétique ni un manque de volonté, mais une « maladie chronique grave qui constitue aujourd’hui une véritable urgence sanitaire ».

 « L’obésité n’est pas une fatalité, mais c’est une maladie chronique, évolutive et grave », a-t-elle affirmé, soulignant qu’elle est officiellement reconnue comme telle par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1997. Loin d’un simple excès de poids, l’obésité est pourvoyeuse de nombreuses complications qui touchent l’ensemble de l’organisme, a-t-elle expliqué. Parmi les complications associées à l’obésité, la spécialiste a évoqué le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, la stéatose hépatique, les troubles rhumatologiques, mais aussi les cancers. « L’obésité est responsable d’environ 13 types de cancer, notamment hormonodépendants chez la femme », a-t-elle averti, insistant sur l’importance du dépistage précoce et du suivi médical régulier. Sans actions concrètes, la moitié de la population pourrait être obèse d’ici 2030, a averti la spécialiste.

L’obésité infantile préoccupe les professionnels

Selon les données communiquées par la spécialiste, l’obésité touche nettement les femmes plus que les hommes.« Deux tiers des femmes sont aujourd’hui en situation de surpoids ou d’obésité, un taux nettement supérieur à celui observé chez les hommes », a précisé le professeur Fedhala.

Toutefois, c’est l’obésité infantile qui alarme le plus les professionnels de santé. « Les chiffres chez l’enfant avoisinent les 13 %, et atteignent même 25 % dans certaines villes. Cela signifie qu’un enfant sur quatre est en surpoids ou obèse », a-t-elle alerté. Une réalité visible au quotidien, dans les écoles et les quartiers, et dont les conséquences à long terme sont lourdes. « Un enfant obèse aujourd’hui sera un adulte malade demain, avec des complications beaucoup plus précoces », a-t-elle insisté.

Contrairement aux stéréotypes, la cheffe de service a expliqué que les  causes endocriniennes ne représentent que 3 % des obésités, précisant que la majorité des cas relèvent de ce que l’on appelle l’obésité commune, liée principalement à un « déséquilibre entre apports alimentaires excessifs et insuffisance d’activité physique ». Elle a déploré l’évolution des habitudes alimentaires vers une alimentation riche en sucres, en graisses, en fast-food et en produits industriels, avec en parallèle une sédentarité croissante. « Les smartphones, les jeux vidéo et écrans occupent une place centrale dans le quotidien des enfants, au détriment du mouvement et du sommeil de qualité, deux éléments essentiels à une croissance saine », a-t-elle ajouté.

Face à cette épidémie, la spécialiste a appelé à une mobilisation à plusieurs niveaux. Au sein de la famille d’abord, où les parents, et particulièrement les mères, jouent un rôle clé. « Il faut limiter la consommation de sucres, de sodas, de fritures et de malbouffe, et revenir à une alimentation simple, riche en légumes et en fruits », a-t-elle conseillé. L’école constitue également un levier essentiel. « L’activité physique doit être obligatoire en milieu scolaire, et l’éducation nutritionnelle intégrée dès le plus jeune âge », a-t-elle plaidé, tout en soulignant le rôle crucial des médias dans l’information et la sensibilisation du grand public.

Il y a lieu de rappeler que le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a annoncé hier l’élaboration et la diffusion d’un guide national de prise en charge de l’obésité. Il s’agit d’un document de référence destiné aux professionnels de santé, afin de leur permettre de mieux appréhender et prévenir cette maladie.

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L'express quotidien du 05/03//2026

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