Estimant que l’Algérie occupe une place stratégique dans la région, l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a plaidé pour un renforcement du dialogue et de la coopération entre Paris et Alger.
L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, a estimé que la visite de la ministre déléguée auprès du ministère des Armées, Alice Rufo, constitue « un pas dans la bonne direction », soulignant que le maintien du blocage avec l’Algérie ne sert pas les relations bilatérales, l’Algérie étant « un pays clé dans la région ».
Les déclarations de l’ancien chef du gouvernement de Jacques Chirac et possible candidat à la présidentielle ont été faites ce dimanche sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), à l’occasion d’un commentaire sur la récente initiative diplomatique française, matérialisée par la visite de la responsable gouvernementale française, accompagnée de l’ambassadeur de France à Alger, pour prendre part à la commémoration des massacres du 8 mai 1945 et tenter de relancer les relations dans plusieurs domaines.
Pour Dominique de Villepin, ce rapprochement revêt une importance particulière au regard du contexte actuel au Sahel, mais aussi des dossiers sensibles et stratégiques qui continuent de peser sur les relations entre Paris et Alger, notamment la question du rapatriement des ressortissants algériens faisant l’objet de décisions d’éloignement du territoire français.
Interrogé sur le risque que représente la persistance du blocage avec l’Algérie, le responsable politique français a répondu par l’affirmative, estimant que le pays maghrébin occupe une place stratégique dans la région et que la coopération avec Alger demeure essentielle.
Interrogé également sur les accusations de « soumission » ou de « concession » du président Emmanuel Macron à l’égard de l’Algérie, formulations reprises par l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure vis-à-vis d’Alger, Dominique de Villepin s’est montré surpris par l’emploi de tels termes.
Sur un ton ironique, il s’est demandé si Bruno Retailleau souhaitait « entrer de nouveau en guerre avec l’Algérie », expliquant qu’il pourrait alors comprendre ce type de discours. Mais, a poursuivi Dominique de Villepin, la France et l’Algérie ont « un avenir commun et des intérêts communs des deux côtés de la Méditerranée ».
Revenant sur les positions défendues par Bruno Retailleau, il a estimé que ce dernier se livre à une forme de démonstration politique et diplomatique qui ne mène à aucune solution concrète.
Dans un ton critique à l’égard de l’ancien ministre français, considéré comme potentiel candidat à la présidentielle de l’année prochaine, Dominique de Villepin a affirmé que « les démonstrations et les discours de Bruno Retailleau peuvent peut-être flatter un électeur des Républicains, mais ils ne débouchent sur aucune issue et ne servent en rien les intérêts de la France ».

