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Hécatombe routière à Boumerdès: Les victimes inhumées, hier, au cimetière d’El Eulma

Les dépouilles des victimes de l’accident d’autobus de Boumerdès ont été transportées, tôt dans la journée, de l’Hôpital mère-enfant d’El Bez (Sétif) à leurs familles et proches pour un dernier hommage avant leur inhumation au cimetière d’El Eulma.

Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a assisté aux funérailles, aux côtés d’une foule nombreuse de citoyens venus des différentes régions du pays, dans un élan de solidarité illustrant la cohésion du peuple algérien dans les épreuves.

Il est à rappeler que vendredi matin, un bus transportant des estivants partis d’El Eulma, dans la wilaya de Sétif, a quitté la chaussée à l’entrée ouest de Boumerdès. Le véhicule a percuté la glissière de sécurité, effectué plusieurs tonneaux et terminé sa course au fond d’un ravin à Berrahmoun El-Karma.

Le bilan du terrible sinistre, confirmé par la Protection civile, s’élève à 27 morts et 42 blessés, parmi lesquels de nombreux enfants, des femmes et des personnes âgées. Ce drame, l’un des plus meurtriers de ces dernières années, a plongé le pays dans la sidération. L’accident s’est produit vers 9 h 30 sur la voie d’évitement de la RN 24.

Le bus, un Higer mis en circulation en 2011 et immatriculé à Sétif, transportait 69 personnes. La plupart des passagers venaient passer une journée au bord de la mer. Au bas d’une longue descente réputée dangereuse, longue d’environ deux kilomètres et débouchant sur un virage serré, le chauffeur a perdu le contrôle.

Témoins et riverains décrivent une scène brutale. Le véhicule a oscillé, s’est soulevé, a basculé et des passagers ont été éjectés avant même la chute dans le ravin. Au fond, la carcasse disloquée, les vitres pulvérisées et les effets personnels éparpillés sur plusieurs dizaines de mètres témoignent de la violence du choc.

Les secours ont été déployés en masse. Trois camions de désincarcération, une vingtaine d’ambulances, dont plusieurs appartenant à l’Armée nationale populaire, ont été engagés. Les opérations ont duré plus de trois heures. Les blessés ont été répartis entre l’hôpital des 240 lits de Boumerdès, l’EPH de Thénia, l’UMC de Boumerdès et plusieurs structures hospitalières d’Alger.

Face à l’ampleur de la catastrophe, un élan de solidarité s’est immédiatement manifesté. Des appels au don de sang ont circulé sur les réseaux sociaux. Des dizaines de citoyens, surtout des jeunes, se sont présentés au centre de transfusion de Corso.

L’affluence a été telle que les locaux se sont révélés trop exigus. Des communes ont même mis des bus à disposition pour transporter les volontaires. Avant même l’arrivée des secours, des riverains et des automobilistes sont descendus dans le ravin pour tenter d’extraire les victimes et leur porter assistance.

Le président de la République a décrété trois jours de deuil national et ordonné que les drapeaux soient mis en berne sur tout le territoire.

 Hier, les dépouilles des victimes ont été acheminées de l’hôpital de Boumerdès vers l’hôpital Mère-Enfant El Bez de Sétif, puis remises à leurs familles pour un dernier hommage avant l’inhumation au cimetière d’El Eulma.

Ce drame survient moins d’un an après la catastrophe d’Oued El Harrach, où un minibus avait fait 18 morts. Entre les deux, d’autres accidents d’autocars ont endeuillé plusieurs wilayas. Malgré le renforcement des contrôles et le retrait progressif des véhicules les plus anciens, les tragédies se succèdent.

L’été, période de grands déplacements, de fatigue des chauffeurs et de fortes chaleurs, reste une période particulièrement meurtrière. L’enquête judiciaire et technique permettra de déterminer les causes exactes de l’accident de Boumerdès. En attendant, le pays pleure ses morts et mesure, une fois de plus, le prix de la négligence sur nos routes.

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L'express quotidien du 06/10//2026

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