L’Algérie assure, durant le mois d’août, la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA). Forte de son expérience au sein de cette instance, elle entend mettre à profit ce mandat pour promouvoir une approche fondée sur les solutions africaines aux crises du continent, à travers un programme axé sur la prévention des conflits, le renforcement de la coordination institutionnelle et le soutien aux efforts de paix.
L’Algérie assume, pour la deuxième fois depuis son élection au CPS en 2025, la présidence tournante de cette instance, dans le cadre de son sixième mandat depuis la création du Conseil en 2003.
Pour Alger, cette responsabilité constitue une nouvelle occasion de défendre une approche privilégiant les solutions africaines aux défis sécuritaires et de renforcer l’action collective face aux crises qui secouent plusieurs régions du continent.
Dans une déclaration à l’APS, l’ambassadeur d’Algérie en Éthiopie et représentant permanent auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, président en exercice du CPS, a qualifié cette présidence de « grande responsabilité ».
Il a affirmé qu’elle permettra de réaffirmer l’engagement constant de l’Algérie en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Selon le diplomate, cette nouvelle responsabilité traduit « la confiance dont jouit l’Algérie au sein de l’Union africaine » et reflète son engagement constant en faveur de la paix, de la stabilité et de la résolution des crises dans le respect du principe des « solutions africaines aux problèmes africains ».
Pour atteindre ces objectifs, Alger a élaboré « un programme d’action équilibré, ambitieux et intégré », centré sur les priorités du continent, notamment la consolidation de la paix et de la sécurité. Mohamed Khaled a souligné que l’Algérie considère que « la sécurité, la stabilité et le développement de l’Afrique relèvent d’une responsabilité collective », appelant à une mobilisation de l’ensemble des États africains dans un esprit de solidarité, d’unité et d’intégration. Le premier consiste à procéder à une évaluation globale de la situation sécuritaire sur le continent afin d’identifier les principaux défis et de proposer des réponses adaptées.
Le deuxième porte sur le suivi des crises et conflits en cours, non seulement à travers leur examen au sein du CPS, mais également grâce à un engagement direct sur le terrain.
Dans ce cadre, une mission du Conseil est prévue au Soudan afin d’évaluer la situation humanitaire et sécuritaire et de soutenir les efforts en faveur d’un retour à la paix. Le troisième vise à renforcer la coordination entre le CPS et les différents organes de l’Union africaine, afin d’améliorer la cohérence de l’action continentale en matière de paix, de sécurité, de gouvernance et de droits de l’Homme.
Douze activités inscrites au programme
La présidence algérienne prévoit un programme de douze activités, dont neuf réunions des représentants permanents ainsi qu’une mission au Soudan. Les travaux porteront notamment sur l’éducation dans les zones de conflit, les évolutions de la situation au Soudan du Sud et au Sahel, l’initiative « Faire taire les armes », la lutte contre le terrorisme, le renforcement du Système continental d’alerte précoce ainsi que la coopération avec le Parlement panafricain, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Plateforme AGA-APSA, présidée par l’Algérie, le Centre de l’Union africaine pour la lutte contre le terrorisme (CUACT) et AFRIPOL.
À l’issue de cette présidence, l’Algérie organisera également le briefing trimestriel des pays africains membres du Conseil de sécurité des Nations unies (A3). Cette réunion vise à accélérer la mise en œuvre des conclusions du Processus d’Oran afin de renforcer la coordination des positions africaines au sein des instances internationales.
Mohamed Khaled a rappelé que cette présidence s’inscrit dans le prolongement de celle assurée par l’Algérie en août 2025, marquée par un examen approfondi des principales crises africaines et par la promotion de solutions politiques fondées sur le dialogue, la médiation et la prévention.
Il a également souligné que les recommandations formulées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en sa qualité de Coordonnateur de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, avaient notamment permis l’adoption des termes de référence du sous-comité du CPS chargé de la lutte contre le terrorisme ainsi que du Programme d’action africain 2026-2030 dans ce domaine.
Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine s’est enfin déclaré convaincu que les États africains sont en mesure de relever les défis actuels grâce à la solidarité, à l’action collective et au renforcement des partenariats africains, afin de répondre aux aspirations des peuples du continent en matière de sécurité, de stabilité, de développement et de prospérité.
