23.9 C
Alger

L’État filtre davantage les importations

L’Algérie poursuit le renforcement de son dispositif de contrôle des importations, avec un double objectif : préserver ses réserves de change et favoriser davantage la production nationale.

Après les mesures visant les importations de marchandises, le dispositif s’étend désormais aux services, dont les formalités sont effectuées exclusivement en ligne depuis le 1er août. Cette nouvelle étape marque le passage au 100 % numérique des procédures de dépôt des demandes d’importation de services, via une plateforme dédiée.

Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a, à cette occasion, précisé la liste des prestations soumises au Programme prévisionnel d’importation (PPI), lesquelles nécessitent une autorisation préalable de son département avant toute domiciliation bancaire. Le champ concerné est particulièrement large.

Il englobe notamment le renouvellement de licences, l’acquisition et la mise à jour de logiciels, les prestations de consulting, les frais de formation, le transfert de dividendes, les participations à des événements à l’étranger, les franchises, les honoraires des bureaux d’études ainsi que les prestations liées aux joueurs et aux staffs techniques étrangers.

Sont également concernés le transfert des salaires des expatriés, la part transférable des appels d’offres internationaux, les cotisations, les excédents de recettes et les services juridiques. La plateforme précise que d’autres catégories de services peuvent également être soumises au PPI.

Mis en place en juillet 2025 par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, ce mécanisme vise à renforcer la traçabilité du commerce extérieur et à mieux encadrer les opérations d’importation. Il doit également contribuer à lutter contre les pratiques de surfacturation et de sous-facturation, tout en encourageant la production locale et en préservant les réserves de change.

Cette politique intervient dans un contexte marqué par une progression significative de la facture des importations. Les importations de biens et services ont atteint 63,4 milliards de dollars en 2025, contre 54,62 milliards en 2024, 49,46 milliards en 2023, 46,02 milliards en 2022, 43,56 milliards en 2021 et 40,98 milliards en 2020.

Cette progression s’explique notamment par la reprise et l’accélération des investissements publics dans les grands projets d’infrastructures, ainsi que par les acquisitions d’équipements engagées depuis la fin de la crise sanitaire.

Parmi les projets ayant contribué à cette dynamique figurent la réalisation de la ligne ferroviaire reliant Béchar au gisement de fer de Gara Djebilet sur près de 950 kilomètres, la liaison ferroviaire entre le gisement de phosphate de Blad El Hadba, à Tébessa, et le port d’Annaba, la modernisation de cette infrastructure portuaire ainsi que l’acquisition de nouveaux appareils au profit d’Air Algérie.

Au-delà du contrôle des flux, Alger cherche ainsi à instaurer un commerce extérieur davantage encadré, traçable et compatible avec ses priorités économiques, tout en limitant les sorties de devises et en renforçant la place de la production nationale.

Articles de meme catégorie

L'express quotidien du 06/10//2026

Derniers articles