Le marché pétrolier reste sous haute tension alors que l’escalade militaire au Moyen-Orient fait peser de nouvelles menaces sur les approvisionnements mondiaux. Le Brent s’est rapproché du seuil symbolique des 100 dollars le baril, porté par les perturbations persistantes du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz et la fragilité des perspectives diplomatiques.
Le prix du pétrole brut Brent se rapprochait hier des 100 dollars le baril, alors que les espoirs de paix au Moyen-Orient continuent de s’amenuiser face à la recrudescence de la crise et aux perturbations des flux énergétiques transitant habituellement par le détroit d’Ormuz.
Le baril de Brent s’échangeait à près de 99 dollars en milieu d’après-midi, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain se situait au-dessus de 93 dollars.
Le Brent avait atteint, plus tôt dans la journée, 99,46 dollars, son plus haut niveau depuis le 24 juillet, tandis que le WTI avait atteint 94,73 dollars, son plus haut niveau depuis le 8 juin. Les cours de l’or noir ont été poussés à la hausse par la perturbation persistante des flux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré les affirmations optimistes du président Donald Trump, qui assure que le trafic a nettement augmenté grâce aux mesures prises par son gouvernement.
Les analystes et les traders qui suivent les données réelles relatives au passage des navires ont un autre avis. La prime de risque géopolitique est manifeste et continue de jouer un rôle prépondérant. De ce fait, estiment-ils, les prix du pétrole devraient rester élevés tant que le détroit demeurera un lieu de litige et que les avancées diplomatiques resteront fragiles.
L’Iran a annoncé lundi la création d’un nouveau corridor maritime dans le détroit d’Ormuz, laissant présager que le trafic des pétroliers dans cette voie navigable pourrait devenir encore plus difficile qu’il ne l’est déjà.
« Ces derniers jours, Washington a reçu un avertissement clair via de nouveaux missiles iraniens. Toute tentative de guerre économique entraînera l’instauration d’une zone d’exclusion maritime à travers le golfe Persique jusqu’au périmètre du blocus.
La posture opérationnelle vis-à-vis des navires et des bases de guerre américaines a été fondamentalement redéfinie », a déclaré Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, cité par Reuters. Cet avertissement fait suite à des échanges de tirs de missiles visant des navires dans le golfe Persique, renforçant, selon l’agence de presse, l’impression que « la guerre est loin d’être terminée ».
Dans ce contexte, les analystes commencent déjà à anticiper une prolongation de la crise jusqu’en 2027 et revoient nettement à la hausse leurs prévisions concernant les prix du pétrole. « Nous n’anticipons pas un retour à la normale des volumes de production d’avant-guerre avant la fin du premier trimestre ou le début du deuxième trimestre 2027 », a indiqué un analyste chez ANZ, dans une note citée par Reuters.
Les analystes d’ING ont constaté, pour leur part, que les spéculateurs avaient renforcé leurs positions longues nettes sur le Brent face à l’éloignement des perspectives de paix.
En plus des attaques contre des pétroliers survenues ces derniers jours, les opérations de plusieurs installations énergétiques en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, ont été interrompues à la suite d’attaques menées hier par les Houthis.
Dans ce contexte, les banques revoient également leurs prévisions de prix à la hausse. Goldman Sachs a ainsi relevé ses prévisions concernant les prix du Brent et du WTI de 5 dollars, les portant respectivement à une moyenne de 85 et 80 dollars pour décembre 2026, et à 80 et 75 dollars pour 2027.
Cette révision reflète sa nouvelle hypothèse selon laquelle les perturbations du transport maritime au Moyen-Orient se poursuivront en 2027. HSBC a également relevé ses prévisions pour le Brent en 2026 à 90 dollars le baril, contre 80 dollars précédemment, avec une estimation de 95 dollars pour le quatrième trimestre 2026. La banque a également relevé ses prévisions pour 2027 à 85 dollars le baril, contre 65 dollars précédemment.

