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Le Sahara occidental sous les projecteurs à Genève

La 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’ouvre à Genève sur fond de crises et de violations persistantes des libertés fondamentales à travers le monde. Parmi les dossiers qui retiennent l’attention, le Sahara occidental occupé occupe une place particulière, avec des événements consacrés à la situation des droits humains dans les territoires occupés.

Défenseurs sahraouis ciblés, prisonniers politiques, restrictions d’accès imposées aux observateurs et journalistes, mais aussi atteintes aux ressources naturelles : autant de préoccupations portées devant les mécanismes onusiens, alors que les appels se multiplient pour une protection effective des droits du peuple sahraoui.

 Présidée par l’ambassadeur d’Indonésie, Sidharto Reza Suryodipuro, cette session doit examiner plus de 80 rapports concernant une quarantaine de pays, organiser une trentaine de dialogues interactifs et tenir quatre débats renforcés avec le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, des rapporteurs spéciaux et des commissions d’enquête.

Dès l’ouverture, Volker Türk a présenté une mise à jour de son rapport annuel sur la situation mondiale des droits humains, avant que le Conseil n’examine les dossiers du Soudan, de l’Afghanistan, du Myanmar et de la Syrie, ainsi que la situation à El-Obeid et dans ses environs, dans le contexte du conflit soudanais. La Palestine occupée figure également parmi les principaux dossiers à l’ordre du jour, avec un rapport consacré aux colonies à El-Qods-Est occupée et dans le Golan syrien occupé, suivi d’un débat général prévu le 28 septembre.

Sur le plan thématique, les travaux porteront notamment sur les effets des mesures coercitives unilatérales, les formes contemporaines d’esclavage et la traite des personnes, les disparitions forcées, la détention arbitraire, le droit à l’eau et à l’assainissement, ainsi que les droits des paysans.

Le Conseil accordera également une attention particulière à la lutte contre le racisme et les discriminations, aux droits des peuples autochtones, aux droits des femmes et des enfants dans les situations de conflit et d’après-conflit, ainsi qu’aux questions liées au financement climatique et aux droits humains.

Plusieurs dossiers d’assistance technique seront aussi examinés, notamment ceux concernant Haïti, la République centrafricaine, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Cambodge et le Yémen.

Les trois derniers jours de la session, du 5 au 7 octobre, seront consacrés à l’adoption de projets de décisions et de résolutions, ainsi qu’à l’élection de sept membres du Comité consultatif des droits de l’homme et à diverses nominations.

La situation au Sahara occidental occupé occupe une place importante dans l’agenda de cette session, à la fois dans les activités officielles et dans les événements parallèles. Le programme des activités parallèles prévoit ainsi, le 8 septembre, une rencontre organisée par le Mozambique au nom du Groupe de Genève de soutien au Sahara occidental, sur le thème « Justice climatique et droits de l’homme dans les contextes d’occupation étrangère ».

Cette séance s’inscrit dans une série d’initiatives portées par des organisations sahraouies et internationales, en coopération avec plusieurs missions diplomatiques amies du peuple sahraoui.

Les organisateurs entendent alerter sur la détérioration de la situation des droits humains dans les territoires occupés, marquée par une recrudescence des actes d’intimidation contre les défenseurs sahraouis : détentions arbitraires, surveillance, harcèlement et violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Ils dénoncent également les restrictions imposées par les autorités marocaines à l’accès au territoire des observateurs, des journalistes et des mécanismes des Nations Unies, ainsi que la dégradation environnementale liée au pillage systématique des ressources naturelles.

Des événements parallèles sont également consacrés à la situation des prisonniers politiques sahraouis, dans la foulée des décisions rendues en avril par le Comité des Nations Unies contre la torture dans des affaires impliquant Abdelmoula El Hafdi, Naama Asfari et des membres du groupe Gdeim Izik, qui ont établi la responsabilité du Maroc au titre de la Convention contre la torture.

Dans ce contexte, les organisations de défense des droits humains présentes à Genève ont multiplié les appels au Conseil et à ses mécanismes afin qu’ils prennent des mesures concrètes en faveur de la protection des droits humains au Sahara occidental.

Elles réclament notamment un accès sans restriction du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme au territoire, la libération des prisonniers politiques sahraouis, la fin des représailles et de l’intimidation contre les défenseurs des droits humains, ainsi que la garantie de leur participation en toute sécurité aux mécanismes onusiens.

Ces demandes s’inscrivent dans une dynamique plus large de pression sur le Maroc afin qu’il respecte ses obligations internationales et permette un suivi indépendant de la situation sur le terrain.

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L'express quotidien du 10/09//2026

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