Le gouvernement entend renforcer l’intégration industrielle nationale dans les filières des véhicules lourds et légers ainsi que de la téléphonie mobile. Un mécanisme proposé pour calculer et évaluer le taux d’intégration dans ces activités a été examiné hier, lors de la réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre, Sifi Ghrieb.
L’objectif est de déterminer la part des composants effectivement produits localement ainsi que les opérations industrielles réalisées en Algérie, afin de favoriser l’implantation de ces industries, d’accroître les taux d’intégration et de réduire la facture des importations. Selon le communiqué des Services du Premier ministre, cette nouvelle approche vise à « instaurer une véritable industrie nationale, au-delà du stade de l’assemblage traditionnel ».
Elle repose notamment sur le renforcement des partenariats, le transfert de technologie, le développement des compétences et la consolidation du réseau de sous-traitance, afin d’accroître les capacités de production locales. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des mesures engagées par les pouvoirs publics pour structurer la filière automobile et développer un réseau national de sous-traitance.
Le 17 février 2026, le Premier ministre avait présidé une réunion interministérielle consacrée à la mise en place d’un groupe de travail multisectoriel chargé d’élaborer le référentiel national d’intégration dans l’industrie des voitures, des autobus et des motocycles.
Ce document de référence doit permettre de calculer les taux d’intégration réalisés par les constructeurs et de déterminer leur accès aux avantages préférentiels prévus par le cadre législatif et réglementaire régissant cette activité.
Le référentiel doit également servir de base à la création et au développement d’un réseau national intégré de sous-traitants spécialisés dans la fabrication de pièces et de composants destinés à cette industrie. Les objectifs annoncés portent sur l’augmentation progressive du taux d’intégration nationale, le développement d’une industrie automobile durable, la création d’emplois, le transfert de technologie, le renforcement des compétences nationales et la réduction des importations de pièces détachées et de composants.
Le 24 septembre dernier, lors d’une visite dans la wilaya de Tissemsilt, Sifi Ghrieb avait de nouveau souligné l’engagement des pouvoirs publics à augmenter le taux d’intégration nationale dans l’industrie automobile, en mettant l’accent sur la nécessité de parvenir à une intégration effective.
Le gouvernement élargit désormais l’examen du mécanisme de calcul et d’évaluation aux véhicules lourds et légers ainsi qu’aux téléphones mobiles. Cette démarche place au centre des préoccupations la réalité des composants et des opérations industrielles réalisés localement. Le renforcement des partenariats, le transfert de technologie et le développement de la sous-traitance constituent les principaux leviers mis en avant pour dépasser le simple assemblage et accroître les capacités productives nationales.
Stupéfiants : évaluation de la stratégie nationale 2025-2029
Après l’examen du dossier industriel, le gouvernement s’est penché sur le bilan d’étape de la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes pour la période 2025-2029, un an après son lancement.
Cette évaluation s’inscrit dans le cadre du suivi des décisions du président de la République visant à lutter contre ce phénomène au moyen d’une stratégie intégrée, ainsi que du renforcement du dispositif institutionnel concerné. À cette occasion, les résultats obtenus sur le terrain dans le cadre du plan d’action de cette stratégie ont été présentés.
Celui-ci repose sur trois axes : l’anticipation, la dissuasion et la prise en charge. Le gouvernement a insisté sur la nécessité de poursuivre l’adaptation du plan d’action aux évolutions de la criminalité organisée. L’efficacité des mesures mises en œuvre fera l’objet d’une évaluation mensuelle au niveau du gouvernement.
Le renforcement des actions de terrain et de proximité a également été souligné, notamment à travers l’implication de la société civile, considérée comme une composante essentielle de l’effort national de lutte contre ce fléau et de limitation de sa propagation. Le gouvernement a enfin insisté sur la nécessité de consolider la coopération internationale dans ce domaine.
Ligne ferroviaire El Meniaa-Tamanrasset
Enfin, le gouvernement a examiné la poursuite des opérations de terrain relatives à la réalisation des tronçons concernés de la ligne ferroviaire reliant El Meniaa à Tamanrasset. Cette opération s’inscrit dans le cadre du projet global de ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, notamment à travers les tronçons devant relier Laghouat à Tamanrasset, via Ghardaïa, El Meniaa et In Salah.
Lors du Conseil des ministres du 4 octobre 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait ordonné le lancement immédiat des projets ferroviaires relatifs aux tronçons Laghouat-El Meniaa-In Salah-Tamanrasset, qualifiant cette réalisation de « priorité absolue dans le secteur des travaux publics ».
Il avait également demandé une accélération globale des opérations et insisté sur la nécessité de réceptionner l’ensemble du projet à la fin de l’année 2028, afin de permettre aux voyageurs de se déplacer du Nord du pays vers le Grand Sud par train.
Le 18 octobre 2026, le président de la République avait réitéré ses instructions en ordonnant le lancement immédiat, à partir de Tamanrasset, du projet de ligne ferroviaire Laghouat-El Meniaa-In Salah-Tamanrasset.
En application de ces directives, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a présidé, le 20 octobre, une réunion de coordination consacrée à l’accélération et à la finalisation des préparatifs sur le terrain.
Les travaux ont notamment porté sur l’état de préparation des tronçons Laghouat-Ghardaïa, long de 265 km, Ghardaïa-El Meniaa, sur 230 km, El Meniaa-point kilométrique 216, ainsi que Tamanrasset-Moulay Lahcen, d’une longueur de 213 km.
La réunion a également porté sur la mobilisation des moyens humains et matériels, la disponibilité des ressources nécessaires et la coordination entre les entreprises chargées de la réalisation.
