Né au début des années 1980, le groupe Inayen a traversé les succès, les galas et les remaniements pour devenir une référence du rock kabyle. Entre premiers succès radiophoniques, galas mémorables et périodes difficiles, leur parcours raconte aussi une page de l’histoire musicale algérienne.
L’histoire du groupe Inayen commence dans les années 1980, dans une période où la jeunesse algérienne cherche de nouvelles formes d’expression musicale. À l’origine du projet, deux musiciens : Nacer Aftis et Hafid Ougana. Leur ambition est claire, créer une musique moderne, influencée par le rock, mais profondément ancrée dans l’identité kabyle.
Deux ans plus tard, en 1982, le groupe s’agrandit et prend une véritable dimension collective. Plusieurs musiciens rejoignent l’aventure : Khatri Azzedine, Boualem Nouri, surnommé « Le Fou », Noureddine Gharbi, Khelfoune Mimette et Toufik Henni, aujourd’hui disparu. Avec ces nouveaux éléments, la formation trouve progressivement sa couleur musicale et son énergie scénique.
Le premier tournant arrive en 1986. Le groupe réalise alors un premier enregistrement chez Lemnouer. L’enregistrement n’est pas commercialisé, mais il est diffusé sur la Chaîne III de la radio algérienne. L’une des chansons, « Dila », devient rapidement un véritable succès. Le titre est largement diffusé et se classe premier dans le hit parade. Pour le groupe, c’est une reconnaissance inattendue.
La scène suit rapidement. Inayen donne un gala officiel à la salle Harcha à Alger, un lieu emblématique de la musique et du spectacle. Le concert, souvent associé à l’esprit du « Rock Dialna », confirme l’énergie du groupe. Un autre moment marquant reste la participation aux « Nocturnes de la Coupole », une soirée ramadanesque qui attire un large public.
Lorsque Nacer Aftis est appelé au service national, il est temporairement remplacé par Arab Lyes, connu sous le nom de Bouyasse. Malgré ce changement, le groupe continue de se produire et enchaîne plusieurs galas. À la fin du service national de Nacer Aftis, Inayen se réorganise. Un nouveau musicien rejoint alors la formation, Ahmed Tamghart. Cette période marque une nouvelle étape. Le groupe enregistre un nouveau projet, qui devient leur premier véritable album, réalisé chez les frères Turki.
L’album donne un nouvel élan au groupe avec plusieurs chansons remarquées comme « Dila », « F’kenkem », « Inayen inayen » et d’autres titres qui circulent largement parmi les amateurs de musique kabyle. Le groupe apparaît également à la télévision dans l’émission « Bled Musique », très suivie à l’époque. Peu après, une invitation arrive de France, la mairie de Montreuil convie Inayen à participer au Festival de la musique. Ce voyage marque l’ouverture du groupe vers la diaspora algérienne.
Après ces festivals en France, Inayen revient en Algérie et multiplie les concerts à travers tout le pays. Leur musique circule, leur nom s’installe.
Mais au début des années 1990, la situation du pays change brutalement. En 1992, dans un contexte marqué par la décennie noire et l’arrêt de nombreuses activités culturelles. Les scènes se font plus rares et les festivités disparaissent presque.
Malgré ces difficultés, l’aventure ne s’arrête pas pour autant. Un deuxième album est finalement enregistré à Béjaïa chez Mamou Benzaid et édité en 2001. Le disque rencontre un bel accueil et relance l’intérêt pour le groupe.
Aujourd’hui encore, Inayen, fidèle à son style, continue de chercher, de composer et de faire vivre ses mélodies. Derrière leurs chansons, il y a plus de quarante ans d’amitié, de musique et de passion.
Dans le prolongement de cette histoire musicale, une soirée spéciale est prévue le 12 mars vers 21h, au théâtre régional Abdelmalek Bouguermouh de Béjaïa, un moment de retrouvailles avec le public et de célébration de ce long parcours.
Le groupe se présentera avec un nouvel effectif composé de Nacer Aftis au chant, Nacer Moussaoui à la batterie, Boualem Bouzouzou à la guitare, Kamel Saaoui à la guitare, Hamou Saaoui à la guitare basse, Nordine Boukhiar au clavier et Badri Khatri aux percussions.
La soirée se fera également avec l’aimable collaboration de plusieurs musiciens amis : Azzedine Khatri du groupe Wi Sin, Ali Medkouri du groupe Ithren, Farouk Keramane des Blackstones et Rabah Tamiti.
Leur participation se veut avant tout un hommage à ces artistes qui ont tant donné à la culture en général et à la musique en particulier.

