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Alors que le Moyen-Orient s’embrase: La diplomatie est en suspens

Tout se joue autour du détroit d’Ormuz. Ce couloir est le point de passage d’une grande partie du pétrole mondial. En le perturbant, l’Iran ne mène pas seulement une riposte militaire, il touche directement l’économie globale.

Depuis l’attaque lancée le 28 février par les États-Unis et Israël, la stratégie iranienne est claire : ralentir, bloquer, rendre risqué chaque transit. Mines maritimes, pression militaire, frappes ciblées… la circulation est presque paralysée.

Même les ports censés contourner le détroit, comme celui de Fujaïrah, sont touchés. Résultat immédiat : le pétrole grimpe de plus de 5 %. Cette situation met sous tension des pays entiers.

L’Irak, qui exportait environ 3,5 millions de barils par jour via Bassorah, tente désormais de négocier avec Téhéran pour continuer à faire passer ses cargaisons. Plus loin, l’Asie encaisse le choc de plein fouet, marchés en baisse, dépendance énergétique exposée, économies fragilisées.

Face à cette situation, Washington se retrouve assez isolé. Le président américain a demandé l’aide de ses alliés pour sécuriser la zone, mais la réponse est restée très limitée. Le Royaume-Uni a accepté d’apporter un soutien, mais sans réel enthousiasme. D’autres pays, comme l’Allemagne, le Japon ou l’Australie, ont refusé toute implication militaire.

Même au sein de l’OTAN, aucune opération commune n’est envisagée. Cette prudence s’explique en partie par la manière dont la guerre a été lancée. Les États-Unis ont agi sans consulter leurs partenaires, ce qui a créé un climat de méfiance. Beaucoup de pays ne veulent pas s’engager dans un conflit qu’ils n’ont pas choisi, surtout face à une puissance régionale comme l’Iran, capable de riposter efficacement.

Pendant ce temps, l’escalade militaire continue. Israël annonce avoir tué à Téhéran le général Gholamreza Soleimani, chef du Bassidj. Dans le même mouvement, Ali Larijani, figure centrale du système iranien, est donné pour mort ou gravement touché.

Si cela se confirme, ce serait l’une des pertes les plus importantes pour le pouvoir iranien depuis le début du conflit. Mais ces frappes ne changent pas l’équation principale.

Malgré les assassinats ciblés, l’Iran maintient son levier essentiel : Ormuz. Tant que ce passage reste sous pression, c’est toute l’économie mondiale qui reste exposée.

Pendant ce temps, Pékin a annoncé une aide humanitaire pour plusieurs pays touchés par la guerre, dont l’Iran, le Liban, la Jordanie et l’Irak. Ce positionnement met en avant une logique de soutien aux populations plutôt qu’une implication militaire.

Au final, la guerre continue avec des coups durs des deux côtés. Mais sur le terrain stratégique, c’est le contrôle du détroit d’Ormuz qui pèse le plus, et sur ce point, l’Iran reste au centre du jeu, tandis que Washington cherche encore des soutiens qui ne viennent pas.

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L'express quotidien du 18/03//2026

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