De nouvelles négociations entre les États-Unis et l’Iran pourraient se tenir dans les prochains jours à Islamabad, alors que les tensions s’intensifient autour du blocus américain des ports iraniens et que les marchés pétroliers restent sous pression
De nouvelles négociations entre les États-Unis et l’Iran pourraient avoir lieu dans les prochains jours à Islamabad, au Pakistan, dans l’objectif de mettre fin au conflit en cours, après l’échec des précédents pourparlers et la décision américaine d’imposer un blocus aux ports iraniens.
Selon les informations rapportées par Reuters, les deux parties pourraient revenir à la table des discussions dès la fin de cette semaine. «Aucune date ferme n’a été fixée, les délégations se réservant la possibilité de se rendre disponibles de vendredi à dimanche», a indiqué une source iranienne de haut rang citée par l’agence de presse.
Le vice-président américain J.D. Vance, qui conduisait la délégation américaine lors du précédent cycle de négociations face au président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf, a affirmé sur Fox News que des «progrès importants» avaient été réalisés, Washington ayant transmis à Téhéran les points sur lesquels des concessions étaient envisageables, ainsi que ceux sur lesquels les États-Unis resteraient inflexibles.
Il a toutefois précisé que le président Donald Trump demeurait ferme sur la nécessité de vérifier que l’Iran ne développe pas d’armes nucléaires. «Téhéran a fait des progrès dans notre direction, c’est pourquoi nous avons des signes encourageants, mais ils n’ont pas fait assez de progrès», a-t-il déclaré, sans fournir davantage de précisions.
De son côté, un porte-parole de l’armée iranienne a qualifié de «piraterie» toute restriction américaine visant le transport maritime international, avertissant que toute menace contre les ports iraniens exposerait l’ensemble des ports du golfe Persique et du golfe d’Oman à des risques similaires.
Les Gardiens de la révolution ont, pour leur part, déclaré que tout navire militaire s’approchant du détroit d’Ormuz serait considéré comme une violation du cessez-le-feu. Le commandement central américain a indiqué que le blocus viserait les navires entrant ou sortant des ports iraniens situés dans le golfe Persique et le golfe d’Oman, tout en précisant qu’il n’affecterait pas le transit neutre dans le détroit d’Ormuz pour les navires à destination ou en provenance de pays tiers, selon une note citée par Reuters.
Depuis le début de la guerre le 28 février, l’Iran aurait de facto restreint l’accès au détroit d’Ormuz, un axe stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Après l’échec des pourparlers, l’armée américaine a annoncé avoir entamé lundi la mise en place d’un blocus du trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens, provoquant une réaction immédiate de Téhéran, qui a menacé de riposter.
Près de 24 heures après l’entrée en vigueur de cette mesure, aucune action directe de la marine américaine n’avait été signalée pour en assurer l’application. Trois pétroliers liés à l’Iran ont toutefois été observés en transit dans le détroit d’Ormuz, selon des données maritimes.
Ce blocus américain assombrit davantage les perspectives de sécurité énergétique mondiale et fragilise les chaînes d’approvisionnement dépendantes des hydrocarbures. Les alliés des États-Unis au sein de l’OTAN, notamment la Grande-Bretagne et la France, ont indiqué qu’ils ne participeraient pas à ce dispositif.
La Chine, principal acheteur de pétrole iranien, a dénoncé une mesure «dangereuse et irresponsable», estimant qu’elle ne ferait qu’aggraver les tensions. L’Arabie saoudite exercerait par ailleurs des pressions sur Washington pour lever ce blocus, selon le Wall Street Journal, citant des responsables arabes anonymes, Riyad craignant une nouvelle escalade régionale.
Dans ce contexte de fortes tensions, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande et de l’offre mondiales de pétrole, estimant que la guerre au Moyen-Orient perturbe les flux énergétiques et pèse sur l’économie mondiale.
Le pétrole s’échangeait hier autour de 98 dollars le baril, les perspectives de nouvelles négociations ayant temporairement apaisé les marchés.

