Dans un contexte de tensions internationales croissantes, liées notamment à la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, l’Algérie s’impose comme une option fiable pour garantir la stabilité des approvisionnements énergétiques de l’Europe, en s’appuyant sur les gazoducs Transmed et Medgaz, ainsi que, à terme, sur le projet du gazoduc transsaharien (TSGP).
Dans cette conjoncture, deux importants clients, l’Italie et l’Espagne renforcent des partenariats de long terme, faisant de l’Algérie une véritable porte d’entrée énergétique vers l’Europe.
Ainsi, le rôle de l’Algérie se consolide en tant que passerelle entre l’Afrique et l’Europe dans le cadre de la nouvelle vision stratégique européenne. Notre pays est devenu un partenaire central dans la mise en œuvre de grands projets économiques et logistiques, s’appuyant sur sa fiabilité politique, son positionnement géographique stratégique, ses importantes ressources énergétiques, ainsi que ses capacités techniques et ses infrastructures avancées dans le secteur de l’énergie.
A cet égard, les visites successives de responsables européens en Algérie traduisent une prise de conscience croissante. Sur le plan énergétique, l’Algérie n’est plus un simple fournisseur traditionnel de gaz, mais un véritable garant de la sécurité énergétique européenne.
Face aux inquiétudes croissantes liées aux perturbations de l’approvisionnement mondial, notamment en raison des frappes sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d’Ormuz, les pays européens recherchent des alternatives stables et géographiquement proches.
L’Algérie répond à cette demande grâce à ses infrastructures développées et à la constance de ses engagements politiques. Les gazoducs Transmed vers l’Italie et Medgaz vers l’Espagne constituent un pilier essentiel de ce dispositif, permettant un approvisionnement direct et sécurisé, à l’abri des risques du transport maritime, de plus en plus exposé aux instabilités sécuritaires dans certaines zones stratégiques. L’Algérie gagne ainsi en importance en tant que fournisseur sûr dans un environnement international instable.
Cette position se renforce avec son orientation vers les énergies propres, notamment l’hydrogène vert, l’Europe misant sur des partenariats de long terme pour réussir sa transition énergétique.
Le projet du corridor sud constitue l’un des principaux axes de coopération future, faisant de l’Algérie un partenaire central même au-delà de l’ère du gaz.
Les tensions sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz accentuent également les inquiétudes européennes, poussant le continent à rechercher des partenaires stables en dehors des zones de conflit.
Dans ce contexte, l’Algérie apparaît comme un choix stratégique garantissant la continuité de l’approvisionnement et limitant les effets des crises. Ces dernières années, le pays a développé une diplomatie énergétique active visant à renforcer sa présence en Afrique et à consolider une logique d’intégration économique fondée sur des intérêts partagés.
Le pays est passé des initiatives traditionnelles à la mise en œuvre de grands projets structurants, reflétant une vision stratégique de long terme. Parmi ces projets figure le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, long de plus de 4100 km et doté d’une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an.
Ce projet constitue un pilier de la coopération énergétique régionale, notamment après son entrée dans une phase opérationnelle, renforçant l’axe Abuja-Niamey-Alger et ouvrant de nouvelles perspectives d’intégration économique.
Par ailleurs, l’Algérie développe des projets d’interconnexion électrique avec la Tunisie et la Libye, dans le but de créer un marché électrique maghrébin plus stable et intégré, permettant les échanges d’énergie et l’allègement de la pression sur les réseaux nationaux.
Elle renforce également ses partenariats bilatéraux avec les pays voisins, notamment la Mauritanie, la Libye et la Tunisie, à travers des accords portant sur l’exploration, la production, le transfert de technologie et le partage d’expertise, ainsi que le développement des énergies renouvelables, en particulier solaire, dans les pays du Sahel.
Cette dynamique s’étend au continent africain à travers une coopération croissante avec des pays comme l’Afrique du Sud, le Congo, l’Angola et la Namibie, où l’Algérie cherche à partager son expérience et à développer des projets conjoints dans les hydrocarbures et l’hydrogène vert.
Cette politique extérieure s’appuie sur un programme d’investissement national estimé à environ 60 milliards de dollars sur la période 2025-2029, visant à moderniser les infrastructures énergétiques, accroître la production et diversifier les sources d’énergie grâce aux renouvelables.
À l’horizon 2035, notre pays ambitionne de devenir un pôle régional de production et d’exportation d’hydrogène vert, en tirant parti de sa position géographique et de ses ressources naturelles. Cette orientation renforcerait son rôle central dans la sécurité énergétique régionale et internationale, et confirmerait son statut d’acteur majeur de la transition énergétique mondiale.

