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L’USMA défie le chaos et rejoint la finale

 Dans un contexte explosif, où le football a longtemps cédé la place à la confusion et à l’insécurité, USM Alger a su faire parler son expérience et son sang-froid pour décrocher une qualification méritée en finale de la Coupe de la Confédération africaine. 

Le match nul (1-1) obtenu sur la pelouse de l’Olympique Club Safi, ajouté au score vierge enregistré à Alger lors de la manche aller, a suffi aux Rouge et Noir pour poursuivre leur parcours grâce à la règle du but inscrit à l’extérieur. Une performance sportive de haut niveau, mais surtout une victoire morale acquise dans des conditions extrêmement éprouvantes.

La rencontre a pourtant failli ne jamais se jouer. Prévu initialement à 20h00, le coup d’envoi a été retardé de près de quatre-vingt-dix minutes à la suite de l’envahissement de la pelouse par des supporters locaux. Une situation chaotique durant laquelle les joueurs et les membres de la délégation algéroise ont été la cible de provocations, d’insultes et d’un climat d’intimidation manifeste. Faute de garanties sécuritaires, les Usmistes ont été contraints de se réfugier dans les vestiaires en attendant un retour au calme, dans une atmosphère indigne d’une demi-finale continentale.

Malgré cette préparation totalement perturbée, les Algérois ont fait preuve d’une remarquable force mentale une fois sur le terrain. Soumis à une forte pression dès les premières minutes, ils ont pu s’appuyer sur un Oussama Benbot décisif, auteur de plusieurs interventions salvatrices. Peu à peu, l’USMA a équilibré les débats et affiché davantage d’ambition offensive, notamment grâce à l’activité du jeune Kamagaté, très remuant sur le front de l’attaque et constamment dangereux dans ses appels.

La maîtrise algéroise a été concrétisée juste avant la pause. Après consultation de la VAR, l’arbitre a accordé un penalty pour une main dans la surface, transformé avec sang-froid par Ahmed Khaldi. Un but précieux, venu faire retomber quelque peu la tension dans un stade chauffé à blanc. En seconde période, loin de gérer de manière passive, l’USMA a continué à jouer haut, consciente que la possession et l’organisation collective demeuraient ses meilleurs alliés. L’égalisation de Moussa Koné à la 75e minute, sur corner, a relancé le suspense sans pour autant ébranler un groupe algérois resté uni et discipliné jusqu’au coup de sifflet final.

Un scénario malheureusement récurrent

Au-delà de l’aspect purement sportif, cette demi-finale remet en lumière un malaise persistant. Ce n’est pas la première fois que l’USM Alger, ni même le football algérien, se heurte à ce type de dérives sur le sol marocain. En 2024 déjà, lors de l’affaire des maillots du RS Berkane arborant une carte fictive intégrant les territoires du Sahara occidental, le club algérois avait saisi le Tribunal arbitral du sport. Le TAS avait donné raison à l’USMA en sanctionnant le club marocain pour cette infraction, sans toutefois aller jusqu’à lui retirer le titre décroché. Un précédent lourd de conséquences, qui n’a visiblement pas permis d’éviter la répétition de comportements contestables.

Cette fois-ci, la situation a pris une tournure encore plus inquiétante. L’envahissement de la pelouse après la rencontre et les agressions visant joueurs et encadrement algérois ont fait planer un risque réel de drame humain. L’absence de mesures de sécurité efficaces pose une nouvelle fois la question de la responsabilité des organisateurs et de la fermeté des instances continentales. La CAF ne pourra se contenter d’un simple constat : la gravité des faits exige des décisions à la hauteur des enjeux.

Tenant du titre en 2023, l’USM Alger se qualifie ainsi pour une nouvelle finale continentale, où elle affrontera le Zamalek, tombeur du CR Belouizdad dans l’autre demi-finale. Les deux manches, prévues les 9 et 16 mai, verront les Rouge et Noir recevoir d’abord à Alger avant un déplacement décisif au Caire.

Dans un football africain qui aspire à davantage de crédibilité et de professionnalisme, cette qualification restera comme celle d’un club qui a su opposer le calme, la discipline et le jeu à la provocation et au désordre. Une leçon de sport, mais aussi un rappel sévère des responsabilités qui incombent à tous les acteurs du continent.

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L'express quotidien du 21/04//2026

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