«Le risque pour l’Algérie est considéré comme faible, car aucun lien épidémiologique direct n’a été identifié et la transmission interhumaine du virus Andes demeure rare, nécessitant des contacts étroits et prolongés. Toutefois, une vigilance renforcée s’impose en raison de la mobilité internationale et de la période d’incubation pouvant atteindre six semaines, laissant ouverte la possibilité de détection tardive de cas importés».
C’est ce qu’a affirmé le ministère de la Santé, qui a mis en place une série de mesures préventives afin de faire face au risque de propagation éventuelle du virus Hanta, et ce, après avoir reçu une notification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signalant l’apparition d’un foyer d’infections à bord du navire de croisière « MV Hondius ».
Dans ce contexte, la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé a émis une instruction relative au dispositif organisationnel de préparation et alerte à la maladie à Hantavirus andes et autres zoonoses transmises par les rongeurs.
La note adressée lundi, aux walis, directeurs de la santé et établissements hospitaliers prévoit plusieurs mesures anticipatives visant à empêcher toute propagation éventuelle du virus, notamment l’application de protocoles stricts d’isolement au sein des structures sanitaires, l’intensification des campagnes de lutte contre les rongeurs ainsi que le renforcement des actions de sensibilisation sanitaire, en prévision d’éventuels cas importés.
Ainsi, le département de Mohamed Seddik Ait Messaoudène explique que le virus « Hantavirus Andes », endémique en Amérique latine, constitue « la seule espèce de Hantavirus reconnue comme pouvant entraîner une transmission interhumaine limitée ».
Cette transmission, explique le même document peut survenir dans certaines conditions spécifiques notamment les contacts étroits et prolongés avec une personne symptomatique notamment au sein des ménages, relations entre partenaires lors de contact physique rapproché, exposition des personnes prodiguant des soins médicaux sans mesures appropriées de prévention et de contrôle des infections.
Le ministère souligne que cette infection reste rare et peut généralement être contenue par la détection précoce des cas, l’isolement approprié, la prise en charge clinique adaptée et le traçage des contacts. Cependant, les établissements sanitaires sont tenus de maintenir les une vigilance accrue face aux risques de contagion d’autant que la période d’incubation peut atteindre six semaines, laissant ouverte la possibilité de détection tardive de cas importés.
Le ministère a, à ce propos, instruit les établissements de santé de veiller à l’application stricte des protocoles d’isolement et de prise en charge des cas suspects, tout en renforçant les mesures de prévention destinées à protéger les personnels médicaux et les patients. Au niveau des frontières, le ministère de la Santé a demandé de « vérifier la disponibilité des équipements de protection individuelle, des solutions hydro alcooliques et des dispositifs de contrôle (thermomètres frontaux ou à distance) », d’aménager un « espace permettant l’isolement temporaire d’un voyageur symptomatique », de « répertorier les coordonnées de l’hôpital de référence identifié et des personnes ressources à contacter pour le transfert d’un cas suspect » répondant à la définition OMS, « d’identifier la personne responsable du transfert », de « répertorier les coordonnées du responsable au niveau de la DSP » et « d’informer ainsi que de sensibiliser l’ensemble du personnel au sol du point d’entrée (tous corps confondus) sur les procédures de détection et de notification ».
Toutefois, en dépit de l’appel de la tutelle à la vigilance, le ministère se veut rassurant. Le risque pour l’Algérie « demeure faible ». En effet, « aucun lien épidémiologique n’a été établi à ce jour et la transmission interhumaine du virus reste exceptionnelle, celle-ci nécessitant des contacts étroits et prolongés », ajoute le même document.Selon les autorités sanitaires, les principaux symptômes du virus Hanta sont la fièvre, les douleurs musculaires, les troubles digestifs et les difficultés respiratoires, pouvant évoluer vers un syndrome pulmonaire aigu.
Le ministère avertit également que le taux de mortalité peut varier entre 40 et 50 %, notamment chez les personnes âgées et les patients souffrant de maladies chroniques. Quant à la confirmation des cas, elle est assurée exclusivement par le laboratoire national de référence des virus transmis par les arthropodes relevant de l’Institut Pasteur d’Algérie, au niveau de l’annexe de Sidi Fredj.
Dans le même contexte, les autorités ont rappelé les risques liés aux maladies transmises par les rongeurs, telles que la leptospirose, la peste, certaines formes de hantavirus responsables de fièvres hémorragiques, ainsi que la salmonellose et d’autres infections bactériennes dues à la contamination des aliments et de l’eau.
Ainsi, le ministère a instruit de « développer des actions de proximité de sensibilisation, via un programme d’information-éducation-communication (IEC), portant sur les moyens de prévention des maladies transmises par les rongeurs et sur le respect des règles d’hygiène collectives, « d’intensifier » les campagnes de dératisation, de mettre en place une « coordination intersectorielle » (santé, environnement, collectivités territoriales) et d’inscrire les actions dans une « stratégie globale de prévention des zoonoses.

