À l’approche des élections législatives du 2 juillet prochain, les partis politiques, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) ainsi que l’administration sont engagés dans une dynamique de forte mobilisation, marquée par une intensification des préparatifs sur l’ensemble du territoire national.
Toutefois, certaines formations politiques appellent à un allongement des délais de dépôt des candidatures, invoquant des contraintes liées notamment à la collecte des signatures et aux procédures administratives exigées pour la validation des listes électorales. Cela intervient à quelques jours de l’expiration des délais légaux fixés pour le dépôt des dossiers de candidature.
Dans ce cadre, le président de l’ANIE, Karim Khalfan, a reçu avant-hier, au siège de l’institution à Alger, une délégation composée de représentants de plusieurs formations politiques, dont Jil Jadid, l’Union des forces démocratiques et sociales, ainsi que Talaie El Hourriyat.
Les représentants de ces partis ont exposé un ensemble de préoccupations liées au déroulement de l’opération de collecte des signatures, notamment durant les premières semaines du lancement du processus. Ils ont fait état de difficultés ayant, selon eux, retardé l’opération, en particulier en ce qui concerne la légalisation des formulaires, en raison de l’absence d’une instruction officielle permettant aux services communaux d’engager immédiatement la certification des documents.
Selon les mêmes partis, ce retard initial a eu un impact direct sur le démarrage effectif de la collecte sur le terrain, notamment pour les formations politiques reposant exclusivement sur les signatures citoyennes pour le dépôt de leurs listes. Les représentants politiques ont également évoqué les difficultés rencontrées au niveau des administrations locales, liées notamment à l’encombrement des services et aux délais de traitement des dossiers.
Ils ont en outre signalé une certaine réticence d’une partie des citoyens à signer les formulaires, motivée par des considérations liées à la protection des données personnelles ou par un désintérêt pour l’action politique.
Face à cette situation, ces partis ont demandé la prise en compte de ces contraintes, appelant à une prolongation du délai de dépôt des dossiers de candidature. Ils estiment que cette mesure est de nature à garantir des conditions « normales et équitables » entre les différentes formations politiques et à assurer une égalité de traitement dans la compétition électorale.
De son côté, l’Autorité nationale indépendante des élections a rappelé que la question des délais légaux ne relève pas de ses prérogatives. L’instance a indiqué qu’elle transmettra cette requête à l’autorité compétente, à savoir le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, seul habilité à statuer sur une éventuelle prolongation des délais de dépôt des candidatures.
Par ailleurs, les préparatifs des élections législatives se poursuivent à un rythme soutenu à travers le territoire national. Les partis politiques, ainsi que les listes indépendantes, sont engagés dans une course contre la montre afin de réunir le nombre de signatures requis par la loi dans les délais impartis.
Le dispositif légal en vigueur impose aux formations politiques la collecte de 150 signatures pour chaque siège à pourvoir dans la circonscription électorale. À titre d’exemple, la wilaya d’Alger, qui dispose de 31 sièges parlementaires, requiert près de 6.000 signatures pour chaque liste, en tenant compte des candidats suppléants et des formulaires susceptibles d’être rejetés lors du contrôle administratif.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs politiques estiment que ces exigences constituent une contrainte significative, en particulier pour les partis nouvellement créés ou disposant d’une implantation locale limitée, contrairement aux formations disposant d’une organisation structurée et, dans certains cas, d’un régime d’exemption.
Sur le plan politique, le président du Front de l’Algérie nouvelle, Djamel Ben Abdesselam, a indiqué que sa formation ambitionne d’améliorer ses résultats lors des prochaines élections législatives, malgré les difficultés rencontrées sur le terrain.
Dans un entretien diffusé par la chaîne « El Khabar TV », il a précisé que son parti avait participé aux élections de 2021 avec « 53 listes au niveau national », ajoutant que la formation a pu retirer cette fois-ci des formulaires dans « 55 circonscriptions électorales », y compris celles de la diaspora.
Il a également affirmé que « les autorités compétentes ont imposé aux nouveaux partis la collecte des signatures et la constitution du quorum légal », estimant que ces exigences constituent une difficulté supplémentaire, notamment en raison de ce qu’il qualifie de « recul des citoyens dans l’octroi des signatures ».
Le responsable politique a, par ailleurs, souligné la complexité des règles de composition des listes électorales, déclarant : « Nous faisons face à des critères complexes dans l’élaboration des listes, au point où il faut parfois un spécialiste en mathématiques pour calculer le nombre de jeunes, de femmes, d’universitaires et autres catégories exigées », tout en rappelant le principe constitutionnel d’égalité entre les citoyens.
Djamel Ben Abdesselam a également indiqué que sa formation dispose d’un noyau de militants et de cadres, estimant que plusieurs profils sont en mesure de représenter le parti lors du scrutin.
Il a toutefois relevé que le système de quotas oriente fortement la composition des listes vers des critères réglementaires précis. Concernant la question des exclusions de candidats, il a affirmé que certains ont été écartés « sous une accusation qui ne repose sur aucun jugement judiciaire », précisant que ces personnes seraient, selon lui, « éloignées de toute suspicion de corruption ou de liens avec des milieux d’argent douteux ».
Il a indiqué que cette question a été soulevée auprès des autorités compétentes lors de rencontres avec la Présidence de la République et la Primature, appelant à un encadrement plus strict de ces procédures.
Selon lui, « cela pourrait ouvrir la voie à des abus contre des candidats intègres », plaidant pour que toute mesure d’exclusion soit fondée sur des décisions judiciaires définitives.
Enfin, il a abordé la question de l’abstention électorale, estimant que ses causes sont « profondes » et ne peuvent être traitées uniquement dans le cadre des campagnes électorales, soulignant une perte de confiance d’une partie des citoyens dans le processus électoral et dans la capacité des institutions élues à répondre à leurs attentes.

