L’Algérie poursuit le chantier de la modernisation de son action publique. L’examen, hier, en réunion du gouvernement, du plan opérationnel consacré à la mise en œuvre de la cartographie sociale du pays n’est pas un simple dossier technique de plus. Il marque une étape importante dans la construction d’un État plus précis dans ses diagnostics, plus efficace dans ses interventions et plus juste dans la répartition de ses ressources.
Sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, le gouvernement a ainsi abordé une question centrale : comment mieux identifier les besoins réels des citoyens afin d’orienter avec davantage de pertinence les politiques publiques et les mécanismes de solidarité nationale. Depuis des décennies, l’Algérie consacre des moyens financiers considérables au soutien social.
Les différentes lois de finances ont toujours accordé une place importante aux transferts sociaux, à la santé, à l’éducation, au logement ou encore au soutien des catégories vulnérables.
Cette orientation constitue l’un des fondements du modèle social algérien. Mais, à l’heure où les défis économiques, démographiques et territoriaux deviennent plus complexes, la question n’est plus uniquement celle des moyens mobilisés.
Elle est aussi celle de leur efficacité et de leur ciblage. C’est précisément là que la cartographie sociale prend tout son sens. Le projet repose sur une approche multidimensionnelle articulée autour d’indicateurs démographiques, sociaux, sanitaires, éducatifs, territoriaux et environnementaux.
Il s’agit, concrètement, de disposer d’un outil d’analyse capable de révéler avec précision les disparités entre régions, les poches de vulnérabilité et les besoins spécifiques des populations. Les champs d’analyse retenus témoignent d’ailleurs d’une vision globale et moderne de la question sociale : éducation, couverture sanitaire, conditions de vie, accès aux services de base, mobilité, connectivité territoriale, vulnérabilités climatiques… autant de paramètres qui traduisent une compréhension approfondie des réalités du pays.
Cette démarche s’inscrit également dans la continuité des programmes de développement des zones d’ombre engagés ces dernières années. Elle traduit une volonté de réduire les déséquilibres territoriaux et de garantir que l’effort national bénéficie prioritairement à ceux qui en ont réellement besoin.
Ce projet révèle aussi une transformation plus profonde de la gouvernance publique en Algérie. La place accordée à la numérisation, à l’automatisation de l’analyse statistique et à l’exploitation des données montre que l’État cherche désormais à fonder ses décisions sur des outils scientifiques et des évaluations concrètes plutôt que sur des approches approximatives ou uniformes.
Dans un contexte international marqué par les crises économiques, les tensions géopolitiques et les bouleversements climatiques, peu de pays peuvent encore maintenir un niveau élevé de soutien social.
L’Algérie, elle, fait le choix de préserver son caractère social tout en cherchant à améliorer l’efficacité de son action. Derrière les indicateurs et les statistiques, c’est finalement une certaine idée de la justice sociale qui se dessine : celle d’un État qui veut mieux connaître son territoire pour mieux protéger ses citoyens.

