Ces dernières années, le secteur touristique algérien vit une véritable transformation. Considéré naguère comme un secteur secondaire, aujourd’hui, il s’impose comme l’un des domaines les plus dynamiques de l’économie nationale où pullulent les investissements et les chantiers.
Mieux, il y a de plus en plus une prise de conscience quasi collective de son potentiel stratégique. Les chiffres présentés hier par Omar Rekkache, directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), lors d’une journée d’étude organisée par la Télévision nationale autour du thème « Le rôle de la Télévision algérienne dans la promotion de l’Algérie comme destination touristique et d’investissement », sont éloquents.
Entre le 1er novembre 2022 et le 15 mai dernier, pas moins de et une prévision de plus de 17 000 emplois directs. Ces chiffres, s’il révèlent une vérité, c’est que les investisseurs, nationaux comme étrangers, ne regardent plus le tourisme non plus comme un secteur marginal, mais comme, une poule aux œufs d’or, un véritable levier de croissance et de diversification économique.
Ce regain d’intérêt pour ce secteur n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans le sillage de l’amélioration globale du climat des affaires, issue des réformes engagées depuis 2019. La restauration de la confiance et la simplification des démarches, ont en effet, permis au tourisme de bénéficier pleinement de la vitalité économique retrouvée du pays.
Dans son intervention Rekkache a insisté sur le fait que le tourisme est devenu désormais un choix stratégique pour ceux qui veulent miser sur l’avenir de l’Algérie. De son côté, Mohamed Baghali, directeur général de l’EPTV, a rappelé que le tourisme peut contribuer entre 10 et 15 % au PIB national.
Un potentiel immense nourri par la richesse naturelle du pays allant des villes côtière au Grand Sahara et porté par un patrimoine culturel, historique et civilisationnel exceptionnel. Pourtant, ce potentiel n’est pas exploité comme il se doit.
L’initiative médiatique lancée par la télévision publique vise justement à « faire bouger les choses », selon ses propres termes, en passant d’une communication traditionnelle à une véritable stratégie de contenus numériques professionnels, capables de séduire aussi bien le public local que les étrangers.
L’un des phénomènes les plus remarquables de ces dernières années reste sans doute le rôle inattendu des influenceurs étrangers. Baghali a en effet, souligné que c’est souvent à travers leurs regards extérieurs que l’Algérie se révèle au monde.
Ces influenceurs étrangers parlent souvent de l’Algérie comme d’un pays sûr, accueillant, propre, aux paysages époustouflants. Ces contenus authentiques, diffusés massivement sur les réseaux sociaux, ont contribué à casser les stéréotypes tenaces et à susciter un intérêt croissant chez les voyageurs et créateurs de contenu internationaux.
Ils montrent que l’image de l’Algérie est en train de se réinventer, non plus par des campagnes officielles seules, mais par une narration vivante et humaine.
Des mesures concrètes accompagnent cet élan. La réduction de 50 % des spots publicitaires sur la télévision nationale pour la promotion touristique, les baisses tarifaires de 30 à 50 % proposées par les compagnies aériennes et les assurances, ou encore l’accord signé avec la chaîne hôtelière Azad, témoignent d’une mobilisation réelle de tous les acteurs.
Il ne s’agit plus seulement de discours, mais d’actions coordonnées pour abaisser les barrières et encourager le mouvement. Bien sûr, l’Algérie n’a pas encore atteint son plein potentiel.
Comme l’a reconnu Mohamed Baghali, le chemin reste long pour construire une stratégie intégrée de promotion à la hauteur des atouts du pays. Mais l’élan est là. Le tourisme n’est plus perçu comme un simple complément, mais comme l’un des piliers futurs d’une économie diversifiée, moins dépendante des hydrocarbures.
Au moment où le pays affiche par ailleurs un dynamisme remarquable dans l’agriculture, l’industrie et les start-ups, le tourisme apparaît comme le chaînon manquant d’une ambition plus large, celle d’une Algérie qui se réinvente, valorise ses richesses et se projette avec confiance dans l’avenir.

