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Alger

Le Makhzen otage de son inculture

Le 20 mai dernier restera comme une énième, mais certainement pas dernière, agression marocaine contre les valeurs de l’Algérie : son patrimoine culturel, sa dignité et même sa souveraineté, puisque cette attaque s’est produite au sein même du stand représentant l’Algérie. Rappelons les faits de cette nouvelle offensive belliqueuse de barbouzes makhzéniennes.

Le mercredi 20 mai, des ressortissants marocains ont agressé des exposants algériens au pavillon de l’Algérie lors de l’événement « La Semaine de l’Afrique », organisé au siège de l’UNESCO à Paris. Une tentative aussi arrogante qu’inacceptable de porter atteinte aux valeurs culturelles et civilisationnelles que l’Algérie défend dans les forums internationaux et régionaux, et qui incarnent l’essence même de l’identité et de la personnalité algériennes.

L’assaut mené contre le stand algérien porte une signature indélébile : celle de la trahison historique, de la jalousie culturelle et d’un pays désormais enrôlé dans les pires projets sionistes visant aussi bien la Palestine et son peuple que l’avenir des pays arabes. Car ce Maroc a non seulement hypothéqué l’avenir de son propre peuple et de sa souveraineté, mais il l’a surtout livré aux appétits sionistes dans la région.

Cette rivalité culturelle, autrefois bon enfant entre les deux peuples, a rapidement été instrumentalisée par le Makhzen dès lors que le premier soldat marocain a foulé le territoire du Sahara occidental. Dès lors, tout ce qui est algérien est soudainement devenu marocain.

Et puisque le ridicule ne tue pas, certains sont allés jusqu’à prétendre qu’une célèbre marque historique de soda algérienne, presque bicentenaire et antérieure même aux deux grandes franchises américaines, serait… marocaine ! Comme si cela ne suffisait pas, après avoir vandalisé le stand algérien et agressé les exposants, le Makhzen s’est empressé d’intervenir par l’intermédiaire de sa presse pour jouer les victimes et crier au complot. Un scénario usé jusqu’à la corde.

Si tout ce qui est algérien semble provoquer de l’urticaire de l’autre côté de la Moulouya, une réalité demeure cependant évidente : Rabat multiplie les manœuvres de diversion pour masquer, d’une part, son implication croissante dans les projets sionistes visant le peuple palestinien et, d’autre part, pour détourner l’attention de la communauté internationale des graves difficultés sociales, économiques et même culturelles que traverse le Maroc.

Cela fait aujourd’hui dix ans que des militants du Hirak marocain croupissent en prison, parmi lesquels leur leader Nasser Zefzafi, après avoir réclamé en mai 2016 davantage de dignité ainsi que des projets sociaux et économiques pour la région du Rif, marginalisée et écrasée par l’injustice du Makhzen.

Une région qui avait déjà été déclarée zone militaire par dahir royal en 1958, condamnant ainsi ses habitants à l’abandon et à l’exclusion des grands projets de développement.

Et ce n’est pas d’aujourd’hui que le Rif subit cette politique de marginalisation. Depuis le soulèvement d’Abdelkrim El Khattabi en 1926 contre la soumission du roi Youssef aux puissances coloniales françaises et espagnoles, au moment où la capitale du royaume était transférée de Fès à Rabat, cette région paie le prix de son refus de la domination et de l’allégeance.

C’est pourtant ce même Maroc qui prétend aujourd’hui donner des leçons de patrimoine culturel et identitaire à l’Algérie, pays du million et demi de martyrs, qui a réussi à chasser du territoire national l’une des plus puissantes armées coloniales de l’après-Seconde Guerre mondiale.

Pour revenir au scandale provoqué par le Maroc à l’UNESCO, à Paris, il suffit de rappeler la réponse de la ministre algérienne de la Culture : « Cette tentative désespérée visant notre pavillon lors de la Semaine de l’Afrique à l’UNESCO est un mal qu’il faut comprendre… Elle ne reflète qu’un vide culturel chez ses auteurs. » Dont acte.

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L'express quotidien du 24/05//2026

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