Les relations politiques, économiques, industrielles et, surtout, énergétiques entre Alger et Berlin ont franchi un nouveau palier à l’issue de la visite officielle de deux jours effectuée en Allemagne par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, à l’invitation de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.
Au-delà de sa portée diplomatique, ce déplacement marque une étape importante dans la consolidation d’un partenariat appelé à jouer un rôle croissant dans les équilibres énergétiques et économiques entre l’Algérie et l’Europe.
L’accueil réservé au chef de l’État, la densité des entretiens tenus avec les plus hautes autorités allemandes ainsi que les nombreuses annonces ayant ponctué cette visite témoignent de la qualité des relations entre les deux pays.
Les déclarations faites à l’issue des rencontres officielles, tant par le président Tebboune que par le chancelier allemand Friedrich Merz, traduisent une convergence de vues rarement exprimée avec autant de clarté sur les principaux dossiers bilatéraux et régionaux. Lors de la conférence de presse conjointe organisée à Berlin, le président Tebboune a rappelé que les relations algéro-allemandes, établies dès les premières années de l’indépendance de l’Algérie en 1962, n’ont jamais connu de tensions majeures.
Elles se sont, au contraire, constamment renforcées au fil des décennies, au point de constituer aujourd’hui l’un des partenariats les plus solides qu’entretient l’Algérie avec un pays européen.
« Nos relations sont solides et excellentes. Elles n’ont jamais été entachées par le moindre différend et ne cessent de se développer », a affirmé le chef de l’État, estimant que l’Allemagne figure désormais parmi les partenaires les plus fiables de l’Algérie. Pour le président Tebboune, la tenue de cette visite officielle relève d’une évolution naturelle des rapports entre les deux pays.
« Notre présence aujourd’hui en Allemagne est tout à fait naturelle, compte tenu du niveau de concertation politique, économique et stratégique atteint entre nos deux pays. Beaucoup de points nous rapprochent », a-t-il déclaré, mettant en avant une confiance mutuelle qui s’est progressivement consolidée autour d’intérêts communs.
Au cœur de cette nouvelle dynamique figure incontestablement le partenariat énergétique, appelé à prendre une dimension stratégique dans les prochaines années. Le président de la République a souligné que la coopération entre Alger et Berlin entrait dans une nouvelle phase, caractérisée par une vision plus ambitieuse et plus globale des enjeux énergétiques.
« Pour la première fois peut-être, nos partenaires allemands abordent la question de l’approvisionnement de leur pays en gaz naturel dans une perspective de long terme. L’Algérie, en tant que fournisseur de l’Europe, est un partenaire fiable qui n’a jamais manqué à ses engagements », a-t-il rappelé, mettant en avant la crédibilité acquise par Sonatrach et, plus largement, par l’Algérie sur les marchés énergétiques internationaux.
Cette évolution traduit, selon lui, une transformation qualitative des relations économiques entre les deux pays. Longtemps centrée sur les échanges commerciaux et la coopération industrielle, la relation bilatérale s’oriente désormais vers un partenariat stratégique intégrant la sécurité énergétique, la transition écologique et les nouvelles filières industrielles.
Le président Tebboune a également indiqué que cette visite avait permis de consolider la coopération dans les domaines politique, économique et sécuritaire. Il a évoqué le lancement prochain d’un nouveau corridor énergétique consacré au transport du gaz naturel et de l’hydrogène, appelé à renforcer durablement les interconnexions entre l’Algérie et l’Europe.
« Ce corridor ouvrira également la voie à une coopération plus large dans les domaines des énergies renouvelables, de l’électricité et d’autres secteurs d’avenir. Nous sommes heureux de cette décision prise conjointement », a-t-il déclaré, laissant entrevoir une diversification progressive du partenariat énergétique entre Alger et Berlin.
Au-delà de l’énergie, le chef de l’État a insisté sur la montée en puissance des investissements allemands en Algérie. Il a relevé que de nombreux projets structurants sont aujourd’hui réalisés par des entreprises allemandes, dont la présence sur le marché algérien ne cesse de progresser.
Évoquant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, il a rappelé que le guichet unique destiné à faciliter les investissements étrangers enregistrait déjà près de 900 millions de dollars de projets portés par des entreprises allemandes. Ce chiffre illustre, selon lui, la confiance croissante des opérateurs économiques allemands dans les perspectives offertes par le marché algérien.
Les questions sécuritaires ont également occupé une place importante dans les échanges entre les deux délégations. Sans entrer dans les détails des discussions, le président Tebboune a affirmé que les deux pays entretenaient une coopération étroite sur ces questions. « Nous avons examiné l’ensemble des dossiers d’intérêt commun.
Il n’existe aucun point de divergence particulier. Tout se déroule au mieux avec l’État allemand », a-t-il assuré. Cette appréciation a trouvé un écho favorable auprès du chancelier allemand Friedrich Merz, qui a, lui aussi, salué la qualité des relations bilatérales. Il a réaffirmé la volonté de Berlin d’ouvrir une nouvelle étape de coopération avec Alger, notamment dans les domaines économique, industriel et énergétique.
« Nous souhaitons renforcer conjointement notre coopération économique et plusieurs accords seront signés entre des entreprises allemandes et algériennes à l’occasion de cette visite officielle », a annoncé le chef du gouvernement allemand.
Selon lui, les échanges entre les deux délégations ont porté sur les principaux leviers susceptibles d’encourager davantage les investissements allemands en Algérie, notamment le climat des affaires, les garanties juridiques offertes aux investisseurs, la transparence des procédures et l’amélioration de l’environnement administratif.
Le chancelier allemand a également salué les liens historiques unissant les deux pays ainsi que leur convergence de vues sur les grandes questions régionales. Il a réaffirmé la volonté de Berlin de développer un partenariat durable avec Alger dans les secteurs de l’énergie, des matières premières stratégiques et de l’industrie.
Soulignant le potentiel exceptionnel de l’Algérie, Friedrich Merz a rappelé que le pays dispose d’importantes réserves de gaz naturel, de pétrole et de terres rares. Il a surtout mis en avant la contribution déterminante de l’Algérie à la sécurité énergétique européenne, rappelant qu’elle est devenue, en 2025, le deuxième fournisseur de gaz naturel de l’Union européenne, confirmant ainsi son statut de partenaire énergétique incontournable du continent.

