Les relations bilatérales, mais également économiques, avec au premier plan l’énergie, la transition énergétique et l’industrie, entre Alger et Berlin traversent une période particulièrement dynamique. Jamais les deux pays n’ont autant affirmé leur volonté de renforcer leur coopération économique et de densifier leurs relations bilatérales que ces dernières années.
Les observateurs ont eu l’occasion, une fois encore, de relever le caractère exceptionnel des relations entre l’Algérie et l’Allemagne, notamment après la récente visite officielle effectuée, au mois de juillet dernier, par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en République fédérale d’Allemagne.
Hier, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu, au siège de la présidence de la République, le chef de la diplomatie allemande, M. Johann Wadephul, ainsi que la délégation qui l’accompagnait. De son côté, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a reçu, lundi, au siège de son ministère, son homologue allemand, en visite de travail en Algérie, indique un communiqué du ministère.
Selon le ministère des Affaires étrangères, cette visite s’inscrit dans le cadre de la dynamique positive marquant les relations bilatérales, impulsée par la visite officielle effectuée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à Berlin les 16 et 17 juillet 2026, ainsi que par les entretiens qu’il a eus avec son homologue, M. Frank-Walter Steinmeier, et avec le Chancelier fédéral, M. Friedrich Merz. M. Attaf a eu des entretiens en tête-à-tête avec son homologue allemand, suivis d’une séance de travail élargie aux membres des délégations des deux pays.
Ces entretiens ont permis, ajoute le communiqué, de « passer en revue l’état des relations d’amitié et de coopération unissant les deux pays et d’examiner les voies et moyens de les hisser à des niveaux plus larges, conformément aux recommandations de la “Déclaration conjointe sur un agenda stratégique de partenariat bilatéral”, adoptée entre les deux pays à l’occasion de la visite de Monsieur le président de la République en République fédérale d’Allemagne ».
En outre, Alger et Berlin ont convenu de « la nécessité de prendre des mesures concrètes à même d’insuffler un nouvel élan à la coopération bilatérale, en tirant parti des opportunités d’investissement offertes et des possibilités de partenariat dans les secteurs économiques prioritaires, notamment l’énergie, les énergies renouvelables, la transition énergétique, l’industrie, les transports et les produits pharmaceutiques », précise-t-on de source officielle.
L’accent a également été mis, durant ces entretiens bilatéraux, sur « la nécessité d’activer les mécanismes de coopération bilatérale, de renforcer le cadre juridique et d’encourager les échanges entre les milieux des affaires, en vue de garantir la mise en œuvre des accords et contrats de partenariat signés lors du Forum économique algéro-allemand, tenu le 17 juillet dernier » à Berlin.
La rencontre a, en outre, permis aux deux parties « d’échanger leurs vues sur plusieurs questions régionales et internationales d’actualité, d’intérêt commun, notamment la situation tendue au Moyen-Orient, les développements dans la région sahélo-saharienne, en sus des perspectives de partenariat euro-méditerranéen », ajoute le communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Concrètement, et après la visite officielle effectuée par le président de la République en Allemagne au mois de juillet dernier, les deux pays ont franchi un palier supérieur dans leurs relations, tant politiques qu’économiques et diplomatiques. À l’issue de sa visite officielle en République fédérale d’Allemagne, au mois de juillet dernier, le président Tebboune, rappelle-t-on, s’est montré confiant et satisfait de l’état des relations bilatérales entre les deux pays.
Lors de la traditionnelle conférence de presse conjointe avec le Chancelier allemand, le président de la République a indiqué que les relations algéro-allemandes, établies au lendemain de l’indépendance en 1962, étaient « solides et excellentes, n’ayant jamais été entachées par aucun différend, et vont de mieux en mieux », ajoutant que les relations avec l’Allemagne figurent parmi « les meilleures relations de coopération qu’entretient l’Algérie actuellement ».
« Notre présence aujourd’hui en Allemagne est tout à fait naturelle, très naturelle même, compte tenu du niveau politique, économique et de concertation qui existe actuellement entre l’Algérie et l’Allemagne. Il y a beaucoup de points qui nous unissent », a expliqué le président Tebboune, selon lequel le partenariat énergétique avec Berlin a pris une nouvelle dimension. « Il y a une première transformation qualitative dans l’économie.
Pour la première fois peut-être, nos amis allemands abordent la question de l’énergie, et du gaz en particulier, à savoir l’approvisionnement de l’Allemagne en gaz. Et nous, en tant que fournisseur de l’Europe… sommes un fournisseur fiable qui n’abandonne pas ses devoirs », a-t-il déclaré.
Le président Tebboune a également souligné que « notre visite visait probablement à renforcer certaines relations économiques, sécuritaires et politiques avec la République amie d’Allemagne, qui verra bientôt, si Dieu le veut, le lancement d’un nouveau corridor pour le gaz et l’hydrogène, et probablement ce qui s’ensuivra en termes d’énergies renouvelables, d’électricité et autres.
Et nous sommes heureux de cette décision que l’Allemagne a prise, que nous avons prise ensemble ». Le président Tebboune a par ailleurs souligné que cette coopération économique se traduit actuellement par le fait qu’il y a « de grands projets qui sont actuellement gérés et réalisés en Algérie par des mains allemandes.
La présence des entreprises allemandes augmente presque annuellement en Algérie ». « Selon le guichet unique que nous avons créé pour faciliter l’investissement des entreprises étrangères, il y a près de 900 millions de dollars soumis à l’institution du guichet unique, c’est-à-dire des entreprises allemandes qui souhaitent investir », a-t-il encore indiqué.
Sur le volet sécuritaire, le chef de l’État a souligné que « nous avons discuté des détails (…) Je considère qu’il n’y a pas de points particuliers à signaler, tout va pour le mieux avec l’État allemand ».
La visite, lundi et mardi, du ministre allemand des Affaires étrangères à Alger confirme l’épaisseur des relations bilatérales entre les deux pays, notamment sur les volets économique et énergétique, comme l’a souligné le communiqué du ministère des Affaires étrangères en relevant « la nécessité de prendre des mesures concrètes à même d’insuffler un nouvel élan à la coopération bilatérale, en tirant parti des opportunités d’investissement offertes et des possibilités de partenariat dans les secteurs économiques prioritaires, notamment l’énergie, les énergies renouvelables, la transition énergétique, … ».
En fait, dans le domaine de l’énergie, l’Algérie est en passe de devenir un fournisseur privilégié de l’Allemagne en gaz et en produits dérivés. Selon le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Allemagne avait atteint près de trois milliards de dollars en 2025, en hausse par rapport à 2024, où il s’était établi à 1,74 milliard de dollars. En 2025, l’Allemagne occupait la 9ᵉ place dans le classement des partenaires de l’Algérie, la 4ᵉ parmi les fournisseurs et la 16ᵉ parmi les clients, a-t-il précisé.

