La caravane de la société algéro-qatarie Baladna El Djazair, a fait halte, hier, à Touat, wilaya d’Adrar, première étape d’une tournée nationale destinée à identifier les compétences et à constituer un important vivier de ressources humaines pour pourvoir 1000 postes dans les différents métiers et activités du projet.
Pour cette première étape, de nombreux jeunes ont afflué vers l’hôtel « Touat », retenu pour accueillir les candidats, organiser les entretiens et recueillir leurs curriculum vitae. À travers cette caravane, Baladna El Djazair entend anticiper ses besoins en compétences et préparer, en amont, les ressources humaines nécessaires à la montée en puissance de cet ambitieux complexe agro-industriel.
Le directeur des ressources humaines de Baladna El Djazair, Othmane Ouadah, a expliqué que cette opération s’inscrit dans une stratégie de développement du capital humain, à la mesure des besoins d’un projet qui couvre plusieurs maillons de la chaîne de production laitière. Après Adrar, la caravane se déplacera à Constantine, Oran, puis Alger, selon l’Agence Algérie Presse Service (APS).
Cette campagne constitue ainsi une opération de recrutement anticipée visant à constituer une banque nationale de CV dans les différents domaines d’activité de l’entreprise.
Les besoins identifiés s’articulent autour de trois grands pôles : l’agriculture, l’élevage bovin et la transformation industrielle. Selon l’entreprise, la « caravane nationale des talents » doit permettre de recruter progressivement 1 000 employés au cours de l’année 2027.
L’opération devrait s’étaler sur une période de douze mois, en fonction de l’avancement du projet, de la mise en service de ses différentes composantes et de la montée en régime des activités. Les profils recherchés couvriront ainsi un large éventail de métiers.
Dans le domaine agricole, les postes concerneront notamment la production végétale et les différentes opérations qui lui sont associées. Le pôle laitier englobera, pour sa part, l’élevage bovin, la gestion du cheptel et la production de lait. Le volet industriel portera sur les opérations de transformation, notamment la production de poudre de lait, ainsi que sur les différentes activités de soutien indispensables au fonctionnement du complexe.
Un projet structurant pour la filière laitière
Le recrutement engagé par Baladna El Djazair accompagne un projet agro-industriel d’envergure, développé sur une superficie de 117 000 hectares dans la wilaya d’Adrar.
Conçu comme un complexe intégré, le projet doit regrouper sur un même espace les principales étapes de la chaîne de production laitière, depuis la production des aliments destinés au bétail jusqu’à l’élevage, la traite et la transformation du lait en poudre.
Ce projet, fruit d’un partenariat algéro-qatari, constitue l’un des investissements structurants engagés dans le secteur agricole et agroalimentaire.
Son ambition est de contribuer au renforcement de la production nationale de lait et de réduire la dépendance du marché aux approvisionnements extérieurs en poudre de lait, tout en développant une filière intégrée allant de la production végétale à la transformation industrielle.
À pleine capacité, Baladna El Djazair ambitionne de produire 1,7 milliard de litres de lait par an, un volume qui représenterait près de 50 % des besoins du marché national.
Cette capacité reposera sur un cheptel estimé à 270 000 vaches laitières. Au-delà des volumes de production, l’enjeu du projet réside également dans la création d’un écosystème agricole et industriel intégré, avec des besoins importants en compétences, en savoir-faire et en ressources humaines.
La campagne nationale de recrutement constitue, à ce titre, l’une des premières traductions concrètes de la montée en puissance du projet. Selon les informations publiées sur le site officiel de l’entreprise, Baladna El Djazair a désormais atteint sa quatrième phase de développement.
Le projet a été marqué, dans un premier temps, par la signature, en avril 2024, d’une convention-cadre avec le ministère de l’Agriculture. Les opérations de prospection, de forage, d’irrigation et de génie civil ont ensuite été lancées en 2025, ouvrant la voie à la réalisation progressive des différentes infrastructures nécessaires au fonctionnement du complexe.
Une deuxième tranche de contrats a été signée en avril 2026, avant une nouvelle étape symbolique franchie en mai dernier, avec l’enregistrement de la première récolte d’orge à Tamest, dans la wilaya d’Adrar.
Cette première récolte marque le passage progressif du projet de la phase de réalisation à celle de la production agricole, notamment à travers la mise en place des cultures destinées à alimenter le futur cheptel.
Elle illustre également le caractère intégré du projet, qui ne se limite pas à la production de lait, mais englobe en amont la production des aliments nécessaires à l’élevage.
La prochaine échéance importante est attendue en novembre 2026, avec l’arrivée du premier cheptel bovin. La mise en production devrait ensuite franchir un nouveau cap avec le lancement de la première production de lait destinée à la commercialisation à la fin de l’année 2027.
À travers cette montée en puissance progressive, Baladna El Djazair se positionne ainsi comme un projet majeur pour le développement d’une filière laitière intégrée en Algérie. La constitution d’un vivier de compétences à travers la caravane nationale de recrutement apparaît dès lors comme une étape préparatoire essentielle pour accompagner le démarrage des différentes composantes du complexe et assurer, à terme, son fonctionnement à pleine capacité.

