À l’ouverture de la session 2026-2027, Khalida Boufedeche a fixé le cap de la nouvelle législature, appelant les députés au dialogue, à la responsabilité et à placer l’intérêt national au-dessus des clivages.
La session ordinaire 2026-2027 de l’Assemblée populaire nationale (APN) s’est ouverte hier sous la présidence de Khalida Boufedeche. La séance a débuté par une minute de silence en hommage aux victimes des incendies qui ont touché plusieurs wilayas ces dernières semaines. Dans l’hémicycle, le président du Conseil de la nation, le Premier ministre, la présidente de la Cour constitutionnelle ainsi que plusieurs membres du gouvernement étaient présents.
Dès les premiers mots de son allocution, la présidente de l’APN a rappelé la douleur collective née de ces tragédies. Elle a adressé ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa compassion aux proches des personnes disparues. Ces moments difficiles, a-t-elle souligné, ont également révélé la capacité de l’État et de la société à se serrer les rangs.
Les images de solidarité populaire et la mobilisation des institutions ont ainsi dessiné le visage d’un pays uni, où les citoyens partagent aussi bien les épreuves que l’espoir. Elle a salué la rapidité des décisions prises par le président Abdelmadjid Tebboune ainsi que les efforts du gouvernement pour accompagner les sinistrés sur le terrain. Ces interventions, a-t-elle relevé, ont rappelé que l’État reste présent lorsque la population est éprouvée.
Khalida Boufedeche a ensuite placé au centre de son propos le rôle de la nouvelle législature. Elle a invité les députés à faire de cette Assemblée un espace de dialogue responsable et de pratique démocratique apaisée, toujours au service de l’Algérie et de son intérêt supérieur.
Les divergences et la compétition politique font partie de la vie démocratique, a-t-elle reconnu, mais le point de ralliement qui ne saurait être contesté demeure le pays lui-même. La force de l’Algérie, a-t-elle insisté, repose sur l’unité de son peuple, la cohésion de ses institutions, la puissance de son armée, la vigilance de ses services de sécurité et la confiance des citoyens dans leur État.
Un hommage appuyé a été rendu à l’Armée nationale populaire (ANP), héritière de l’Armée de libération nationale (ALN), pour la manière dont elle assure la protection de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.
Les différents corps de sécurité ont également été salués pour leur travail quotidien au service de la protection des citoyens et dans la lutte contre le crime organisé, la contrebande et le trafic de drogues.
Dans le même esprit, la présidente de l’APN a approuvé la décision présidentielle visant à élaborer un projet de loi prévoyant la peine de mort pour les auteurs d’incendies volontaires, ainsi que pour les ravisseurs et les auteurs de sévices sur mineurs. Sur le plan de l’action parlementaire, Khalida Boufedeche a rappelé que les fonctions publiques ne constituent pas un privilège, mais un devoir de loyauté et de responsabilité.
La confiance des citoyens, a-t-elle souligné, se mesure aux réalisations concrètes et non aux paroles. Elle a appelé les députés à rester proches des préoccupations de leurs électeurs, à défendre leurs intérêts légitimes et à exercer avec sérieux leurs missions législatives et de contrôle.
La force du pays face aux défis ne tient pas seulement à ses ressources financières. Elle s’enracine également dans son legs historique et civilisationnel, dans son unité nationale et dans une mémoire préservée par les sacrifices des chouhada et des moudjahidine. L’identité nationale, forte de ses constantes que sont l’islam, l’arabité et l’amazighité, ainsi que la Révolution de Novembre, qui a fait de la souveraineté, de l’indépendance et de la liberté des principes non négociables, constituent le socle de cette responsabilité.
La présidente a également évoqué la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Elle l’a présentée comme une décision souveraine destinée à protéger la sécurité nationale et les intérêts supérieurs de l’Algérie. Concernant la rentrée scolaire, elle a salué les efforts déployés pour préparer ce rendez-vous important et souhaité une année riche en assiduité et en excellence.
À l’approche des élections locales, elle a appelé à une adhésion positive et à une large participation populaire, de nature à renforcer la confiance dans les institutions élues et à consolider la construction démocratique.
Enfin, Khalida Boufedeche a insisté sur le rôle de l’Assemblée dans le domaine de la diplomatie parlementaire. L’institution doit, selon elle, être une voix active de l’Algérie dans les forums régionaux et internationaux, défendre ses intérêts, porter ses positions de principe et s’aligner sur les orientations souveraines de l’État.
Elle a également souligné la nécessité de poursuivre la modernisation de l’Assemblée, d’adapter ses méthodes de travail aux transformations numériques et de renforcer la coordination entre les deux chambres du Parlement.
Ce discours d’ouverture trace ainsi clairement le cadre dans lequel la dixième législature est appelée à travailler. Il place l’intérêt national au-dessus des clivages, rappelle la responsabilité qui incombe à chaque élu et invite à instaurer un climat fondé sur la coopération et le dialogue. La session qui s’ouvre portera désormais la marque de ces orientations.
