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Financement climatique et marché du carbone: Le gouvernement lance un nouveau chantier

L’Algérie engage une nouvelle étape dans sa politique climatique avec la mise en place d’un dispositif national intégré consacré au financement climatique et au développement d’un marché du carbone. Présenté hier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, ce chantier vise à structurer les mécanismes de mobilisation des ressources.

L’Algérie ambitionne de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 14 % à l’horizon 2035. Cet objectif pourrait être porté à 31 %, sous réserve de la disponibilité du soutien international nécessaire, a indiqué hier le Premier ministre, Sifi Ghrieb, à Alger, lors d’une rencontre consacrée au financement climatique et aux marchés du carbone.

Cette rencontre, qui réunit des membres du gouvernement, des représentants d’institutions nationales et internationales ainsi que des experts, intervient à la veille de la 31e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP31). Dans cette perspective, le gouvernement entend mettre en place un dispositif national intégré destiné à encadrer les financements climatiques et à préparer le développement d’un marché du carbone.

S’exprimant à l’ouverture de l’atelier national consacré à cette question, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, à Alger, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a insisté sur la nécessité de traduire les engagements climatiques du pays en mécanismes opérationnels et en projets susceptibles de mobiliser des ressources financières.

L’objectif est d’élaborer une stratégie nationale de gouvernance du financement climatique et des marchés du carbone, reposant sur un cadre réglementaire, institutionnel et technique unifié. Il s’agit notamment de structurer les mécanismes de mobilisation des ressources et de les orienter vers les projets d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Dans son intervention, le Premier ministre a rappelé que l’engagement climatique de l’Algérie s’inscrit « dans le cadre d’une vision stratégique qui concilie les impératifs du développement national et ses responsabilités environnementales et climatiques ».

Cette orientation s’est notamment traduite par l’intégration de la question climatique dans la Constitution de 2020, l’adoption de la Stratégie nationale pour l’hydrogène vert en 2023 et la soumission, en août dernier, de la contribution déterminée au niveau national (CDN) actualisée auprès du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Un Plan national d’adaptation aux changements climatiques est également en cours d’élaboration. Le Premier ministre a souligné que « le développement du marché du carbone en Algérie ne doit pas être perçu comme un simple outil de respect des engagements climatiques, mais comme un nouveau domaine économique susceptible de contribuer à la mobilisation des investissements, au transfert de technologies et à la création de valeur ».

À ce titre, la participation de l’Algérie aux mécanismes internationaux prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris nécessite une préparation institutionnelle et technique approfondie. Celle-ci devra notamment permettre de définir les modalités d’approbation des projets, les règles relatives à la propriété des unités carbone ainsi que les procédures d’enregistrement et de suivi des réductions d’émissions.

Dans cette perspective, Sifi Ghrieb a également insisté sur la nécessité de développer « des mécanismes de garantie et de partage des risques afin de permettre la mobilisation de capitaux privés aux côtés des financements publics et internationaux ».

Le Premier ministre a ainsi souligné l’importance d’une implication accrue du secteur privé national dans le financement des projets climatiques, tout en appelant à réunir les conditions permettant aux banques et aux institutions financières nationales de contribuer efficacement à cette démarche.

Cette mobilisation doit également s’accompagner, selon Sifi Ghrieb, de la recherche de financements et d’investissements étrangers, grâce à une meilleure coordination entre les différents secteurs et institutions économiques et financières, les universités et les centres de recherche, ainsi qu’au recours à l’expertise internationale.

Sonatrach et Sonelgaz associées à la décarbonation

Le Premier ministre a également mis en avant le rôle des entreprises économiques nationales, notamment Sonatrach et Sonelgaz, dans la concrétisation de la transition climatique et énergétique. Il a souligné que leurs efforts constituent « une partie essentielle de ce processus », en particulier à travers la mise en œuvre du programme de développement de l’énergie solaire, présenté comme l’une des composantes majeures de la décarbonation du mix énergétique national. Les actions évoquées portent également sur la réduction des émissions, notamment à travers l’élimination du torchage routinier du gaz et la réalisation de l’objectif de zéro émission de méthane à l’horizon 2030. La promotion de l’efficacité énergétique, le captage du carbone et le développement de l’hydrogène vert figurent parmi les autres axes mentionnés dans son intervention. L’Algérie défend, en outre, une approche qui prend en compte les spécificités économiques et énergétiques des pays, notamment ceux en développement et les producteurs d’énergie, ainsi que leur droit au développement. Dans cette optique, le principe de la « responsabilité commune mais différenciée » demeure un fondement de la coopération internationale en matière climatique. Le Premier ministre a réaffirmé l’attachement de l’Algérie à une approche juste et équilibrée, tenant compte des réalités économiques des pays en développement et des producteurs d’énergie. L’Algérie entend également renforcer sa position dans les négociations internationales afin que les mécanismes de financement et les marchés du carbone prennent davantage en considération les réalités et les besoins des pays du Sud. Le Fonds vert pour le climat figure notamment parmi les mécanismes concernés par cette revendication d’un accès facilité aux ressources. Le Premier ministre a plaidé pour la simplification des procédures d’accès au financement climatique, le renforcement des dons et des financements concessionnels, la mise à disposition de garanties d’investissement ainsi qu’un soutien accru au transfert de technologies.

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