Alors que l’Espagne refuse de laisser les bases américaines en Andalousie frapper l’Iran, Donald Trump menace de rompre les échanges économiques. Pendant ce temps, Israël et l’Iran poursuivent leurs frappes, le détroit d’Ormuz devient un point de blocage stratégique, et la guerre menace de s’étendre à toute la région.
Alors que certains pays arabes du Golfe ont ouvert leurs bases militaires aux forces américaines, l’Espagne a fait un choix différent. Madrid a refusé de mettre à disposition de Washington ses installations en Andalousie pour la guerre contre l’Iran.
La réaction de Donald Trump ne s’est pas fait attendre : « Nous allons couper tout commerce avec l’Espagne », a-t-il averti mardi, promettant de rompre les liens économiques entre les deux pays si la position espagnole persistait.« Nous ne serons pas complices par peur de représailles », a insisté le Premier ministre espagnol, dénonçant ce qu’il qualifie de « désastre » et affirmant que son point de vue serait partagé par « de nombreux gouvernements et millions de citoyens » en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.
Cette menace cristallise les fractures entre alliés traditionnels, confrontés à des choix stratégiques divergents face à l’offensive américano-israélienne. Pendant ce temps, la guerre s’intensifie.
Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir désormais le « contrôle total » du détroit d’Ormuz, passage vital pour le commerce mondial du pétrole. L’Iran poursuit ses frappes contre l’entité sioniste et les États du Golfe, tandis qu’Israël multiplie les attaques sur son territoire et au Liban, faisant au moins 11 morts, selon les autorités locales.
Les frappes visent notamment le Hezbollah et des infrastructures présumées liées à l’Iran. Les systèmes de défense de l’Otan ont neutralisé un missile iranien se dirigeant vers l’espace aérien turc, sans faire de victimes, tandis que l’Arabie saoudite a annoncé l’interception de deux missiles et de neuf drones dans le ciel du royaume.
À Baghdad, un drone a été abattu près de l’aéroport international, qui abrite encore des conseillers militaires américains. Face à cette escalade, la France a annoncé le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle et de ses forces d’escorte en Méditerranée, ainsi que des avions Rafale et des systèmes anti-aériens, pour protéger ses alliés et renforcer sa présence dans la région.
Le président Emmanuel Macron a rappelé les accords de défense liant la France à plusieurs États du Golfe et à la Jordanie, ainsi que son engagement auprès des forces kurdes en Irak.
La Grande-Bretagne a également envoyé des moyens militaires et des antidrones à Chypre, tandis que l’Allemagne, représentée par le chancelier Friedrich Merz, a affiché une ligne pragmatique en se déclarant « sur la même longueur d’onde » que Washington, sans condamner ouvertement l’offensive.
Cette approche révèle un mélange de réalisme et de dépendance stratégique, tandis que certains pays européens, comme l’Espagne, choisissent la prudence et le respect du droit international, au risque de subir des pressions économiques et diplomatiques. Même les bastions du capitalisme autoritaire du Golfe ne sont pas épargnés.
Mardi, un drone a provoqué un incendie à proximité du consulat américain de Dubaï, rapidement maîtrisé, révélant la vulnérabilité de ces espaces jusque-là perçus comme des refuges hors crise. Les images de la panique locale contrastent avec la façade de prospérité et mettent en évidence l’impact direct de la guerre sur les économies et les populations civiles de la région.
Donald Trump et Israël revendiquent la responsabilité des frappes, affirmant que l’Iran aurait « attaqué en premier » et que l’opération vise à affaiblir durablement le régime. Selon le président américain, près de 2 000 cibles ont été touchées par les forces américaines depuis le début de l’opération, soit deux fois plus que les frappes initiales de l’invasion de l’Irak en 2003.
Le conflit fait flamber les prix du pétrole et provoque des turbulences financières à l’échelle mondiale : la Bourse de Séoul a été suspendue après un plongeon de plus de 8 %, Tokyo et Hong Kong enregistrent de fortes baisses, et l’Europe subit un recul notable de ses indices principaux. Parallèlement, plusieurs pays organisent l’évacuation de leurs ressortissants, témoignant de la gravité de la situation sécuritaire.

