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Giorgia Meloni à Alger mercredi

Giorgia Meloni va effectuer ce mercredi une nouvelle visite en Algérie. C’est sa deuxième visite officielle en un peu plus de trois ans, et le contexte n’a jamais semblé aussi chargé. Entre les soubresauts géopolitiques au Moyen-Orient et les secousses sur les marchés énergétiques, cette rencontre au sommet entre la Première ministre italienne et le président Abdelmadjid Tebboune souligne un rapprochement renforcé entre les deux pays.

Meloni arrive à Alger avec une urgence palpable : celle se rapportant aux approvisionnements en gaz. La guerre en cours menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a réduit la capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) qatari et fait flamber les prix mondiaux.

Pour Rome, qui importe déjà une part substantielle de son gaz via le gazoduc TransMed depuis l’Algérie, Alger représente aujourd’hui plus qu’un fournisseur fiable : un partenaire stratégique indispensable pour éviter une crise énergétique majeure en Europe du Sud. De son côté, l’Algérie voit dans cette dépendance croissante une opportunité unique.

Fournir du gaz brut, c’est bien, mais transformer ce rôle en véritable levier de développement économique, c’est encore mieux. Les discussions devraient donc se concentrer sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’énergie, de l’exploration à la transformation, en passant par la logistique et l’infrastructure.

L’objectif est de faire de l’Algérie un véritable hub énergétique en Méditerranée, capable d’exporter non seulement des molécules, mais aussi de la valeur ajoutée. Sur le terrain, la coopération avance déjà à pas mesurés mais concrets. Le géant italien Eni a renforcé ses positions dans les hydrocarbures algériens depuis 2023.

Des projets industriels se concrétisent, à l’exemple de l’assemblage de véhicules Fiat à Tafraoui, près d’Oran, ou encore de la vaste initiative agricole du groupe BF pour la production de blé et de légumineuses à Timimoun, dans le sud. Des mémorandums d’entente sont attendus sur les énergies renouvelables et la coopération universitaire, autant de signaux que Rome mise sur un partenariat durable, bien au-delà du seul gaz.

L’agenda ne se limite pas, évidemment, à l’énergie. La création d’une Chambre de commerce algéro-italienne, une idée portée par l’Italie, figure en bonne place. Elle vise à simplifier les investissements, dynamiser les échanges commerciaux et proposer un cadre structuré aux entreprises des deux pays. L’immigration clandestine reste également un dossier brûlant.

L’Italie, en première ligne en Méditerranée, espère renforcer la coordination avec Alger pour mieux gérer les flux. Enfin, les deux capitales entendent accorder leurs violons en vue du prochain sommet euro-africain, sur des thèmes comme le développement, la sécurité et la transition énergétique.

Cette visite intervient à un moment symbolique, juste après le Ramadan, quand les agendas diplomatiques reprennent leur rythme normal. Le timing a son importance, car il permet de relancer la machine sur des bases apaisées, après des mois d’échanges intenses, dont un appel téléphonique entre Tebboune et Meloni début février.

Au fond, ce que l’on retient de ce déplacement, c’est la maturité d’une relation bilatérale qui a su passer du stade des bonnes intentions à celui des projets concrets. L’Algérie diversifie ses partenariats et consolide son poids régional.

L’Italie, elle, sécurise son avenir énergétique tout en incarnant, via son « Plan Mattei » pour l’Afrique, une nouvelle approche de coopération avec le continent. C’est certain : cette rencontre débouchera sur des annonces tangibles.

Dans un monde où l’énergie et la géopolitique s’entremêlent plus que jamais, Alger et Rome ont tout intérêt à faire de leur partenariat un modèle de stabilité et d’ambition partagée.

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L'express quotidien du 24/03//2026

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