L’Algérie a été élue vice-présidente de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui se tient du 27 avril au 22 mai 2026 au siège des Nations unies à New York, confirmant sa place parmi les acteurs engagés et reconnus du processus multilatéral de désarmement nucléaire.
La nouvelle élection à la vice-présidence de cette Conférence que l’Algérie a présidée, par le passé, à deux reprises, témoigne de son rôle important dans la préservation et le renforcement du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaire.
Lors du débat général, le Représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Amar Bendjama, a levé le voile sur une « page douloureuse » de l’histoire nucléaire mondiale.
Il a rappelé que le territoire algérien a été le théâtre de dix-sept essais nucléaires conduits par la France dans les années soixante, dont les retombées radioactives du premier essai avaient atteint plus de trois mille kilomètres à la ronde. « Les conséquences de ces essais demeurent une plaie ouverte pour les populations algériennes concernées : maladies, malformations congénitales, terres rendues stériles. L’AIEA elle-même a enregistré des niveaux élevés de radioactivité persistants dans ces zones », a-t-il souligné.
Face à cette réalité, l’ambassadeur Bendjama a posé trois questions qui ont demeuré, à ce jour, sans réponse : « Pourquoi la France n’a-t-elle toujours pas fournie à l’Algérie les cartes indiquant l’emplacement exact des sites d’essais nucléaires et permettant de localiser les déchets enfouis ? Quels obstacles continuent d’empêcher la divulgation des archives historiques, des données radiologiques et des dossiers médicaux indispensables à la dépollution environnementale et à la protection de la santé publique ?
Principes fondamentaux et les droits élémentaires des populations concernées ? ».
Le Représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies s’est intégré, à ce titre, sur la politique à géométrie variable de la France qui « continue d’ignorer les propositions concrètes et constructives de l’Algérie pour la réhabilitation des sites contaminés et dénie toute responsabilité », alors qu’elle a « procédé au démantèlement de ses installations techniques et conduit des efforts de décontamination dans la Polynésie française ». « Comment justifier ce double standard ? », s’est-il demandé.
L’ambassadeur Amar Bendjama a rappelé, à l’occasion, qu’en adhérant au TNP, l’Algérie a choisi la voie du multilatéralisme et a renoncé à l’option nucléaire, tout en honorant toutes ses obligations découlant du Traité. Il a souligné, à ce propos, que cet instrument international repose sur un engagement réciproque équilibré : « les Etats non dotés d’armes nucléaires ont renoncé à l’option nucléaire, tandis que les Etats dotés d’armes nucléaires se sont engagés à éliminer leurs arsenaux ».
Toutefois, M. Bendjama qui a exhorté les participants à la conférence à faire preuve de franchise, a affirmé que « l’une des parties a rempli sa part. L’autre, en ce qui concerne l’élimination de ces armes, ne l’a pas encore fait ».

