À l’approche de l’échéance du 6 juin, fixée pour l’examen des recours liés aux candidatures rejetées en vue des législatives du 2 juillet, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) accélère le traitement des dossiers déposés, aussi bien au niveau national qu’auprès de la communauté nationale établie à l’étranger. Au total, 788 dossiers concernant les circonscriptions nationales et 66 autres pour les circonscriptions de l’étranger sont actuellement à l’étude.
Dans les états-majors des partis, l’attente devient de plus en plus pesante. Cette étape est jugée décisive, puisqu’elle déterminera les listes définitivement autorisées à prendre part à la campagne électorale. Le Front El Moustaqbal figure parmi les formations les plus engagées dans cette course électorale.
Le parti a déposé 890 dossiers de candidature répartis à travers 68 wilayas. Seule la wilaya d’In Guezzam n’a pas été couverte, en raison d’un « problème technique ». La formation met également en avant le profil académique de ses candidats, dont 81 % sont diplômés de l’enseignement supérieur.
Elle revendique par ailleurs une présence à l’international avec 64 dossiers déposés dans huit circonscriptions à l’étranger. De son côté, le Parti Voix du Peuple mise sur l’élargissement de son implantation ainsi que sur la représentation féminine.
Le parti a annoncé le dépôt de 58 listes réparties dans 54 wilayas et quatre circonscriptions de la communauté nationale à l’étranger, notamment à Paris, Marseille, Bruxelles et dans la circonscription Amérique. Cette participation représente, selon ses responsables, une progression de 20 % par rapport aux législatives de 2021.
La formation a également souligné que plusieurs femmes conduisent ses listes, notamment à Alger, Jijel et Ksar Chellala, tout en affirmant enregistrer un faible taux de rejets de candidatures. Le Parti El Karama fait, quant à lui, état de nombreuses difficultés administratives.
Bien qu’ayant retiré des formulaires dans 68 wilayas, cette formation n’a finalement pu déposer des dossiers de candidature que dans 31 wilayas. Selon ses responsables, les militants mobilisés sur le terrain n’ont pas réussi à atteindre le seuil requis dans plusieurs circonscriptions, malgré les efforts engagés.
Par ailleurs, et selon le journal El Khabar, le Front de libération nationale (FLN) sera absent, pour la première fois depuis l’avènement du multipartisme, de la course aux élections législatives en Tunisie, où il n’a présenté aucun candidat issu de la communauté nationale. Une situation qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la diaspora algérienne.
Pourtant implanté en Tunisie depuis la Guerre de libération à travers un bureau et une amicale, le FLN abordera ce scrutin dans l’un de ses principaux bastions à l’étranger sans représentant, malgré l’existence d’un important vivier de cadres et de militants au sein de la communauté algérienne établie dans ce pays.
Le parti avait jusque-là participé à toutes les élections législatives depuis les années 1990 et maintenu une présence continue au Parlement grâce à plusieurs députés, parmi lesquels Chékib Djouhri durant les mandats 2002-2007 et 2012-2017, Farid Ben Yakhou (paix à son âme) entre 2007 et 2012, puis Youssef Rahmania de 2017 à 2026.
D’après des sources citées par El Khabar, cette absence du FLN de la scène électorale et parlementaire en Tunisie s’expliquerait par « l’absence et la mise à l’écart » de personnalités influentes au sein de la communauté, capables de porter les préoccupations de la diaspora et de mobiliser le terrain.
Des observateurs estiment également que cette situation résulte d’un déficit de travail de sensibilisation et de détection des jeunes compétences, ainsi que d’un manque d’efforts dans la formation et l’encadrement de militants aptes à s’engager dans la compétition électorale. Quid du PT ?
Réunie hier avec le bureau de wilaya d’Alger du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune a passé en revue l’état d’avancement des candidatures de sa formation. À cette occasion, elle a affirmé que la participation du PT aux prochaines législatives répond à la volonté de « contribuer à la protection du pays face aux menaces extérieures » à travers une implication dans le processus de renouvellement institutionnel.
La dirigeante du PT a également indiqué que son parti préparait activement son programme de campagne, qui sera déployé dans plusieurs wilayas du pays, tout en définissant les priorités politiques de la prochaine étape.
Revenant sur la collecte des signatures, elle a estimé que les listes validées au niveau central regroupent des profils compétents ainsi qu’une nouvelle génération de jeunes militants capables de défendre le programme du parti. Elle a enfin assuré que le PT connaît un élargissement de sa base militante grâce à l’adhésion de nouveaux membres.
Parallèlement à cette mobilisation au sein des partis, l’ANIE poursuit son travail de vérification et de contrôle des dossiers. L’instance électorale a confirmé avoir réceptionné 788 dossiers pour les circonscriptions nationales, un chiffre revu à la hausse après vérification des procès-verbaux.
Parmi eux figurent 649 dossiers présentés par 32 partis politiques, un dossier déposé par une alliance et 138 listes indépendantes. Concernant les circonscriptions électorales à l’étranger, 66 dossiers ont été enregistrés : 59 présentés par 18 partis politiques, un par une coalition et six au titre de listes indépendantes.
L’étape actuelle porte sur l’examen de la conformité juridique des candidatures, conformément aux dispositions prévues par la loi électorale. Les bureaux de wilaya, après consultation de la commission spéciale compétente, devront rendre des décisions d’acceptation ou de rejet.
Dans un communiqué publié vendredi, l’ANIE a rappelé que toute décision de rejet est notifiée exclusivement au représentant de liste, chargé ensuite d’en informer les candidats concernés afin qu’ils puissent exercer leur droit de recours devant les juridictions administratives dans un délai de trois jours.
À mesure que se rapproche l’ouverture officielle de la campagne électorale, les formations politiques intensifient leurs démarches pour préserver leurs chances dans la compétition. Entre recours administratifs, vérification des dossiers et préparation des argumentaires juridiques, cette séquence apparaît comme une étape décisive pour l’ensemble des partis engagés dans les législatives du 2 juillet.

