Après l’agression ayant visé le pavillon algérien lors de la Semaine africaine organisée au siège de l’UNESCO à Paris, la ministre de la Culture et des Arts a dénoncé une nouvelle tentative de déstabilisation ciblant la présence culturelle algérienne sur la scène internationale.
À travers ses déclarations, Malika Bendouda a affiché la volonté d’Alger de défendre avec fermeté son patrimoine culturel face aux campagnes de provocation et aux tentatives d’appropriation visant régulièrement les symboles identitaires nationaux. Dans un message publié sur son compte Facebook à la suite des incidents survenus le 20 mai dernier, la ministre a dénoncé « une tentative désespérée » contre le pavillon algérien à l’UNESCO, estimant qu’elle « ne reflète que le vide culturel de ceux qui en sont à l’origine ».
Accompagnant sa publication d’une citation de la philosophe Hannah Arendt, « Il faut comprendre le mal pour ne pas en être affecté », Mme Bendouda a déclaré : « la tentative désespérée visant notre pavillon à la Semaine de l’Afrique à l’UNESCO est un mal qui mérite d’être compris. Elle ne reflète que le vide culturel de ceux qui en sont à l’origine et ne saurait porter atteinte ni à nous ni à la place de notre patrimoine classé mondialement. »
La ministre a également réaffirmé l’attachement de l’Algérie à la protection de son héritage civilisationnel : « notre patrimoine est une souveraineté culturelle inviolable. Nous le protégeons par les voies diplomatiques et juridiques, tout en portant haut les valeurs de créativité et d’excellence dans les différentes manifestations internationales. »
Ces déclarations interviennent après les scènes d’agression et de provocation enregistrées au sein même de l’organisation onusienne, où des individus présentés comme proches du Makhzen marocain ont pris à partie des artisans et exposants algériens venus représenter le patrimoine national dans le cadre de la Semaine africaine.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des comportements hostiles, des intimidations et des attaques verbales visant directement le stand algérien, dans un espace pourtant consacré au dialogue culturel entre les peuples africains.
L’ambassade d’Algérie en France avait immédiatement condamné « avec la plus grande fermeté » cette « agression ville », annonçant l’engagement de démarches afin que « les auteurs et les commanditaires » de ces actes « ne restent pas impunis ». Au-delà de cet incident, Alger considère ces agissements comme une nouvelle manifestation d’une stratégie récurrente visant à perturber la présence culturelle algérienne lors des événements internationaux.
Depuis plusieurs années, les pavillons algériens sont régulièrement la cible de provocations autour des tenues traditionnelles, de l’artisanat ou encore des expressions du patrimoine immatériel national. Lors de la Foire de Paris 2024, des militants marocains avaient déjà ciblé un caftan exposé par une artisane algérienne, exigeant son retrait dans une tentative d’appropriation culturelle largement dénoncée.
Des incidents similaires se sont reproduits lors de l’édition 2026 de la même manifestation, nécessitant l’intervention des services de sécurité français. Pour les autorités algériennes, cette multiplication d’attaques traduit surtout le malaise suscité par les succès diplomatiques et culturels de l’Algérie auprès des instances internationales, notamment à l’UNESCO.
Le ministère de la Culture a d’ailleurs récemment rappelé l’adoption de la modification du dossier du « grand costume de l’Est algérien », comprenant notamment le caftan, le qat et le lehaf. Malgré ces provocations, le pavillon algérien a poursuivi normalement ses activités jusqu’à la clôture de la manifestation, attirant un large public venu découvrir la richesse des costumes traditionnels, de l’artisanat et des expressions culturelles nationales.
Pour Alger, cette nouvelle tentative de déstabilisation n’aura fait que renforcer la détermination des institutions culturelles algériennes à défendre un patrimoine dont l’authenticité et le rayonnement continuent de s’imposer sur la scène internationale.

