Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué plusieurs sujets d’actualité lors de l’entrevue périodique qu’il a accordée aux représentants de la presse nationale, diffusée dans la soirée d’hier sur les différentes chaînes de télévision et de radio nationales et dont la présidence de la République a publié des extraits.
Sans effet de manche, il a ainsi abordé le pouvoir d’achat, les incendies qui ravagent le nord du pays, le drame de l’orphelinat de Mohammadia, la question des visas avec la France et la situation en Tunisie.
En substance, ses réponses tracent les priorités des mois à venir. Sur le terrain social, le chef de l’État a confirmé qu’une nouvelle réévaluation du Salaire national minimum garanti (SNMG) et des pensions de retraite était à l’ordre du jour. Pour rappel, le SNMG a déjà été porté à 24 000 dinars au 1er janvier 2026, soit une hausse de 4 000 dinars par rapport aux 20 000 dinars en vigueur depuis 2021.
Cette revalorisation s’inscrit dans la volonté affichée de soutenir le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte d’inflation maîtrisée et de croissance hors hydrocarbures.
Du côté des retraites, les hausses décidées en décembre 2025, de 10 % pour les pensions inférieures ou égales à 20 000 dinars et de 5 % pour celles supérieures à ce montant, sont entrées en vigueur le 1er mai dernier. Le président Tebboune a insisté sur la nécessité de poursuivre cet effort, convaincu que la redistribution demeure un pilier de la cohésion nationale.
Abdelmadjid Tebboune est par ailleurs revenu sur la vague d’incendies qui frappe le nord du pays depuis le début du mois de juillet. Il a rendu un hommage appuyé aux hommes de terrain, qu’ils appartiennent à la Protection civile, aux services des forêts ou à d’autres administrations.
L’image d’agents de Sonelgaz restés perchés sur un pylône, alors que les flammes menaçaient de les atteindre l’a particulièrement marqué. « Ce sont des images qu’on ne voit qu’en Algérie », a-t-il déclaré. Il a promis que des mesures d’encouragement seraient prises en faveur de ces personnels une fois la crise derrière nous.
Le drame de l’orphelinat de Mohammadia, qui a coûté la vie à onze enfants et à une éducatrice, a également été évoqué. Tebboune a annoncé avoir ordonné une enquête « très approfondie » aux services de sécurité, « du portier jusqu’au plus haut niveau ».
Selon les premiers éléments, un climatiseur défectueux serait à l’origine de l’incendie. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’établir toutes les responsabilités dans un pays encore sous le choc de cette tragédie.
Enfin, le président a tenu à clarifier la question des visas français. Alors que des déclarations de l’ambassadeur de France avaient relancé le débat, Tebboune a été catégorique : « Le président algérien n’a jamais demandé de quota de visas, ni évoqué un nombre de visas. »
Concernant le dossier mémoriel, il a ajouté qu’il n’avait jamais réclamé ni excuses ni indemnisation. « L’Algérie ne fera jamais la manche », a-t-il tranché. Cette mise au point s’adresse d’abord aux Algériens, mais elle vise également à remettre les choses à leur juste place dans le débat franco-algérien.
Il a réitéré, à cette occasion, la position constante de l’Algérie en faveur du soutien à la Tunisie et son engagement à ses côtés face à toute menace visant sa sécurité et sa stabilité. Au total, le contenu de cet entretien présidentiel fixe des priorités, rend hommage à ceux qui sont sur le terrain et rappelle les lignes rouges de la souveraineté nationale.
Entre les promesses d’amélioration du pouvoir d’achat, l’hommage rendu aux femmes et aux hommes exposés aux risques et l’engagement à faire toute la lumière sur des drames qui bouleversent la société, le président a cherché à rassurer sans dissimuler les défis.

