L’Armée nationale populaire (ANP) a obtenu une autorisation parlementaire pour envoyer un détachement au Niger, avec pour mission de protéger et de sécuriser les équipes et les projets énergétiques de SIPEX, la filiale internationale de Sonatrach chargée de l’exploration et de la production.
Les membres du Conseil de la nation ont approuvé à l’unanimité la demande présentée à cet effet, lors d’une séance à huis clos tenue dans la matinée, conformément aux dispositions de la Constitution, notamment au deuxième alinéa de son article 91.
La séance s’est déroulée en présence d’officiers supérieurs et d’officiers généraux de l’ANP, ainsi que du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui a présenté un exposé sur la mission assignée au détachement. Selon les propos rapportés par des membres du Conseil, le ministre a insisté sur le caractère pacifique de cette mission, qui intervient en réponse à une demande des autorités nigériennes.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des efforts de Niamey visant à relancer son secteur des hydrocarbures et à tirer profit de l’expertise de Sonatrach pour accroître les ressources financières du pays.
Le Niger figure parmi les pays les moins bien classés selon l’indice de développement humain des Nations unies, malgré l’abondance de ses ressources naturelles. Le projet a recueilli le soutien des 148 membres présents, ainsi que celui des membres du bureau. À noter que le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a lui-même pris part au vote, témoignant ainsi du soutien de l’institution à cette décision.
Le résultat du scrutin est venu confirmer les positions favorables exprimées au cours du débat par les présidents des groupes parlementaires. Dans une brève déclaration à la presse, à l’issue du vote, le membre du Conseil de la nation Dahou Ould Kablia a exprimé son soutien à l’envoi d’un détachement de l’ANP au Niger.
Il a estimé que cette décision servait les intérêts de l’Algérie et contribuait à préserver la paix et la stabilité dans la région, tout en protégeant les intérêts économiques et sécuritaires du pays, notamment les investissements du groupe Sonatrach. L’ancien ministre de l’Intérieur a expliqué que l’approbation de cette décision relevait de l’exercice des prérogatives parlementaires et constitutionnelles.
Il a précisé que l’envoi du détachement militaire répondait à une demande des autorités nigériennes, dans le but de protéger les installations concernées, de préserver les intérêts communs des deux pays et de favoriser des retombées mutuellement bénéfiques.
Le responsable a également mis en garde contre l’existence de parties qui chercheraient, selon lui, à porter atteinte aux relations d’amitié entre l’Algérie et le Niger. Il a souligné la nécessité de préserver ces relations et de renforcer la coopération bilatérale au service des intérêts communs des deux pays.
De son côté, le membre du Conseil de la nation Belkacem Boulghiti a insisté sur la dimension sécuritaire et stratégique de cette décision. Selon lui, elle traduit la volonté de l’Algérie de protéger sa sécurité et ses intérêts dans le cadre de son partenariat avec les pays voisins, en particulier le Niger.
Il a précisé que la mission confiée au détachement militaire était clairement délimitée et consistait à protéger les intérêts économiques algériens dans ce pays. Il a également indiqué que le vote en faveur de cette autorisation avait été unanime.
Le membre du Conseil de la nation Sid Ali Benbaïche a, pour sa part, mis en avant l’importance économique des investissements algériens à l’étranger et la place de Sonatrach, pilier de l’économie nationale. Il a souligné la nécessité de protéger les installations et les projets du groupe dans la région du Sahel.
Selon lui, la protection des entreprises nationales opérant à l’étranger relève de la préservation des intérêts économiques et stratégiques de l’Algérie. Il a estimé que cette décision traduisait la volonté de l’État de sécuriser ses investissements dans le cadre de l’exercice de sa souveraineté et de la défense de ses intérêts nationaux.
Situé dans le nord du Niger, le champ pétrolier de Kafra constitue un axe majeur de la coopération énergétique entre l’Algérie et Niamey. Cette coopération s’inscrit également dans le contexte du projet stratégique de gazoduc destiné à acheminer du gaz vers l’Europe.
