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La capitale catalane s’illustre cette semaine: L’Algérie passe à l’offensive, entre business, tech et géopolitique

Après une période de tensions diplomatiques, l’Algérie et l’Espagne semblent renouer un dialogue plus pragmatique, où les intérêts économiques et technologiques prennent le dessus sur les différends politiques. Cette semaine, la capitale catalane est devenue le centre névralgique de ce rapprochement.

D’un côté, Omar Rekkache, directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), a mené une offensive pour séduire les milieux d’affaires espagnols, vantant les nouvelles réformes économiques algériennes. De l’autre, Sid Ali Zerrouki, ministre algérien de la Poste et des Télécommunications, est attendu ce dimanche à Barcelone pour prendre part au Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC Barcelona 2025), un événement stratégique où se joue une partie de l’avenir numérique du pays.

Cette visite s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large. La semaine dernière déjà, le ministre algérien de l’Intérieur, Brahim Merad, était à Madrid, où il a discuté avec son homologue espagnol de questions sécuritaires et migratoires. Un signe que, malgré les crispations récentes, Alger et Madrid cherchent à reconstruire des ponts, chaque partie ayant des intérêts stratégiques à préserver.

À Barcelone, Zerrouki ne se contentera pas d’un simple passage protocolaire. Ce sommet mondial des télécoms est l’un des plus grands rendez-vous du secteur, réunissant les décideurs des géants de la téléphonie mobile, des infrastructures numériques et de l’intelligence artificielle.

Le ministre algérien a un agenda chargé. Il participera à plusieurs réunions ministérielles de haut niveau où seront abordés les grands enjeux de la décennie : déploiement de la 5G et anticipation de la 6G, cybersécurité, économie numérique, intelligence artificielle et transformation des services financiers mobiles. Ces thématiques sont d’autant plus cruciales que l’Algérie cherche à combler son retard numérique tout en évitant une dépendance excessive aux fournisseurs occidentaux et asiatiques.

Zerrouki doit également rencontrer plusieurs acteurs clés du secteur pour discuter d’éventuelles « coopérations technologiques » et attirer des investissements dans le développement des infrastructures numériques algériennes. Son ministère a récemment affiché l’ambition de moderniser le réseau télécom national, notamment pour réduire la fracture numérique entre les grandes métropoles et les régions reculées. Une stratégie qui s’inscrit dans une vision plus large, faire du numérique un moteur de diversification économique, en complément des réformes engagées sur le plan industriel et commercial.

Quelques jours plus tôt, Omar Rekkache, patron de l’AAPI, a mené une tournée en Espagne pour promouvoir l’attractivité du marché algérien auprès des investisseurs. De Valence à Barcelone, il a multiplié les échanges avec les Chambres de commerce et d’industrie, insistant sur les réformes récentes visant à améliorer le climat des affaires en Algérie.

Lui aussi a mis en avant le numérique comme un secteur clé pour les investisseurs étrangers, aux côtés de l’industrie manufacturière, des énergies renouvelables et de l’agriculture. Alger veut diversifier ses partenaires et ne plus dépendre d’un modèle économique centré sur les hydrocarbures.

L’ensemble de ces visites traduit une évolution pragmatique des relations entre Alger et Madrid. Certes, les « tensions diplomatiques » liées au Sahara occidental ne se sont pas totalement dissipées, mais les impératifs économiques imposent un retour au dialogue. L’Espagne, qui dépend du gaz algérien, a tout intérêt à maintenir des canaux de coopération ouverts. L’Algérie, de son côté, cherche à sécuriser des débouchés pour ses nouvelles ambitions économiques et technologiques, en diversifiant ses partenariats.

Le Congrès mondial de la téléphonie mobile de Barcelone pourrait ainsi devenir un symbole de ce rapprochement. Dans un monde où la « souveraineté numérique » devient un enjeu central, l’Algérie ne veut plus être spectatrice. Elle veut s’asseoir à la table des négociations, attirer des capitaux et inscrire son développement dans une dynamique de transformation durable. Si les annonces faites à Barcelone se concrétisent, l’année 2025 pourrait bien marquer une étape « décisive » dans la recomposition des alliances algériennes sur le Vieux Continent.

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L'express quotidien du 04/12//2025

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