Benjamin Stora était présent à l’université de Béjaïa pour commémorer deux événements d’une grande portée historique : le centenaire de la création de l’Étoile nord-africaine et le 81ᵉ anniversaire des massacres du 8 mai 1945.
L’auditorium des frères Hachelaf, au campus Aboudaou, de l’université de Béjaïa, a accueilli un congrès international à l’occasion de la commémoration du centenaire de la naissance de l’Étoile nord-africaine ainsi que du 81ᵉ anniversaire des massacres du 8 mai 1945.
Organisé par la faculté des Sciences humaines et sociales, en collaboration avec le département d’histoire et d’archéologie et le laboratoire Patrimoine, Communication et Mutations sociales, cet événement s’est tenu sous le thème : « L’Étoile nord-africaine, cent ans après : quel bilan ? »
Le congrès a réuni plusieurs personnalités du monde académique et intellectuel, parmi lesquelles l’historien Benjamin Stora, Todd Shepard, professeur d’histoire à l’université Johns Hopkins (Baltimore, États-Unis), le journaliste et écrivain Kamel Beniaiche, le professeur retraité Hassan Remaoun de l’université Oran 2, ainsi que Aït Ahmed Ouali, ancien secrétaire au PC de la wilaya 03, et Settar Ouatmani, professeur à l’université de Béjaïa.
Cette rencontre scientifique a permis d’aborder l’histoire, l’évolution et l’héritage de l’Étoile nord-africaine, tout en ouvrant un espace de réflexion sur les dynamiques du mouvement nationaliste et les enjeux de la mémoire historique en Algérie.
Au cours de son intervention, Benjamin Stora a retracé les conditions de création de cette organisation dans les années 1920, en soulignant son rôle central dans l’émergence d’une conscience politique chez les Nord-Africains vivant sous domination coloniale française.
Il a également expliqué les objectifs du mouvement, notamment la revendication de droits politiques et l’aspiration à l’indépendance. L’historien a ensuite évoqué la dissolution de l’Étoile nord-africaine en 1929 par les autorités coloniales, mettant en évidence les mécanismes de répression mis en place pour freiner les dynamiques nationalistes.
Malgré cette disparition précoce, le mouvement a joué un rôle déterminant en posant les bases des luttes indépendantistes futures, notamment en Algérie.
Au-delà des faits historiques, Benjamin Stora a insisté sur la manière dont l’histoire doit être construite : selon lui, elle repose sur l’établissement rigoureux des faits, mais aussi sur leur enrichissement progressif à travers les témoignages, les archives et les travaux des historiens. Il a souligné que l’histoire est un processus en constante évolution, nourri par les recherches et les débats scientifiques.

