« La qualité du service public de l’eau progresse de manière continue. Notre priorité actuelle est de sécuriser la disponibilité de la ressource en multipliant les points d’approvisionnement, qu’il s’agisse du dessalement de l’eau de mer, des forages ou des barrages. À terme, notre ambition légitime est d’atteindre « l’autosuffisance hydrique pour l’ensemble des wilayas du pays. Cela passe par la rationalisation de l’utilisation des réserves des barrages et des forages en exploitant les eaux usées épurées », a indiqué le ministre de l’hydraulique Lounès Bouzegaza, en marge de l’inauguration du SIEE-Pollutec.
Le ministre des Ressources en eau, Lounès Bouzegaza, a inauguré hier la 21e édition du Salon international de l’eau, des énergies et de l’environnement (SIEE- Pollutec), organisée au Palais des expositions des Pins maritimes à Alger.
Selon le ministre, le secteur de l’hydraulique relève aujourd’hui de grands défis, en particulier face aux changements climatiques qui incitent à économiser l’eau et à rechercher d’autres solutions alternatives, qui s’adaptent aux nouvelles évolutions. Auparavant, la stratégie du pays reposait quasi exclusivement sur les barrages, rappelle M. Bouzegza, soulignant que ces derniers ont atteint cette année un taux de remplissage global supérieur à 60 %, certains ont même dépassé les 100 %. « Cette situation nous permet d’aborder la période estivale avec sérénité », s’est-t-il réjoui . En complément des eaux de surface, le pays exploite ses ressources souterraines à travers notre réseau de forages. « De nombreux puits avaient dû être mis à l’arrêt en raison de la baisse critique des nappes phréatiques, mais les précipitations de cette année ont permis à ces réserves de revenir à leur niveau naturel », précise le ministre qui fait savoir que de nouveaux puits seront mis en service. Toutefois, ces dispositifs relèvent de solutions traditionnelles.
Ainsi, le secteur fait recours au dessalement de l’eau de mer. L’Algérie, rappelle le ministre, dispose de 19 stations en service. Celles-ci nous produisent plus de 3 millions 600 000 mètres cubes par an. S’y ajoutent 12 stations gérées par l’Algérienne des Eaux (ADE). Un réseau qui permet d’alimenter près de 16 wilayas. Cependant, le département de Bouzegza voit plus grand. En effet, le programme, approuvé par le Président de la République axé sur le dessalement de l’eau de mer, va se poursuivre à d’autres régions. Le ministre a fait savoir qu’un nouveau plan prévoit l’implantation de trois nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer à Tlemcen, Chlef et Mostaganem. Celles-ci approvisionneront le Sud-Ouest et alimentera plusieurs wilayas, à savoir Tiaret, El Bayadh, Saïda et Naâma, a cité entre autres le ministre. Ainsi, l’exploitation de l’eau de mer, des eaux souterraines et des eaux de surface assurera l’équilibre hydrique national, et une répartition équitable de la ressource à travers toutes les wilayas du pays », ajoute M. Bouzegza. De plus, le Grand Sud bénéficie d’infrastructures spécifiques, notamment des stations de déminéralisation à l’image de celle de Tindouf, Tamanrasset et In Guezzam. « L’ensemble de ces dispositifs concrétise ce que l’on appelle la solidarité hydrique nationale », estime le ministre de l’Hydraulique.
Ce dernier a également évoqué les grands transferts d’eau depuis les régions excédentaires vers celles qui connaissent un déficit. « Ces projets d’envergure ont déjà prouvé leur efficacité », s’est félicité le ministre, ajoutant que ces programmes se poursuivront à travers la plupart des wilayas du pays. « En matière d’eau potable, le maître-mot demeure l’équilibre hydrique à l’échelle national »
M. Bouzegza a révélé que d’autres programmes visent à interconnecter les barrages dont le taux de remplissage est différent. Plus explicite, , le ministre a indiqué que le barrage d’Oued Djedra et celui d’Aïn Dalia sis à Souk Ahras, cumule un volume d’environ 23 millions de mètres cubes. Ces deux barrages permettront de sécuriser l’approvisionnement de Souk Ahras et de la wilaya voisine de Tébessa, qui souffre d’un stress hydrique sévère. Il a également fait savoir que les précipitations enregistrées cette année ont permis au barrage de Koudiat Acerdoune (Bouira) de remonter sa réserve à 135 millions de mètres cubes. Ce volume couvrira les besoins des wilayas limitrophes, notamment Médéa ainsi qu’une partie de Tizi Ouzou et de M’Sila. À l’avenir, « ce barrage sera renforcé par son raccordement à la station de dessalement de Cap Djinet 2 », a-t-il fait savoir.
Cette vision prospective repose sur « la fin de la dépendance à une seule ressource. Notre stratégie de l’avenir est axée sur la diversification de nos sources pour pouvoir pallier à tout déficit en cas de crise », fait savoir le ministre. Des solutions ciblées sont actuellement déployées dans les régions confrontées à un stress hydrique, à l’instar de M’Sila et de certaines wilayas des Hauts-Plateaux. Ces mesures reposent notamment sur la mise en œuvre de grands transferts d’eau depuis les nappes du Sud.
Actuellement, « la qualité du service public de l’eau progresse de manière continue. Notre priorité est de sécuriser la disponibilité de la ressource en multipliant les points d’approvisionnement, qu’il s’agisse du dessalement de l’eau de mer, des forages ou des barrages. À terme, notre ambition légitime est d’atteindre « l’autosuffisance hydrique pour l’ensemble des wilayas du pays », renchérit M. Bouzegza. Cela passe, ajoute le ministre, par la rationalisation de l’utilisation des réserves des barrages et des forages en exploitant les eaux usées épurées. « Grâce à notre réseau national de 234 stations d’épuration, qui sera renforcé par 75 autres structures en cours de réalisation, nous visons un potentiel de production d’environ 1,5 milliard de mètres cubes par an. Cet apport permettra d’économiser près de 30 % d’eau potable au profit de l’agriculture, de l’industrie, de l’irrigation et de l’entretien des espaces verts », précise M. Bouzegza.
Grâce au déploiement de ces projets d’envergure à travers l’ensemble des wilayas, de nouvelles infrastructures, incluant des stations de pompage et un programme de forage de 309 puits profonds entreront progressivement en exploitation au cours de cet été. « Cette mise en service par étapes apportera une amélioration concrète et rapide pour les citoyens. Là où la distribution s’effectuait auparavant tous les 15 jours ou plus, la périodicité sera considérablement réduite pour revenir à un rythme d’approvisionnement d’un, deux ou trois jours», .
En parallèle, le ministre a fait savoir que son département a entamé l’élaboration d’un nouveau plan pour la gestion et la distribution de l’eau, conformément aux orientations de M. Tebboune. Pour le ministre de l’Hydraulique, il est temps de moderniser la gestion du secteur, en intégrant des technologies de gestion intelligente au cœur de nos futurs projets, avec l’objectif de garantir un accès équitable à l’eau pour chaque citoyen

