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Législatives du 2 juillet: L’ANIE fixe le cap

La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet prochain se déroulera du 9 au 28 juin, selon le calendrier annoncé hier par le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, qui s’exprimait sur les ondes de la Radio Chaîne 1. Le responsable est également revenu longuement sur les raisons ayant conduit au rejet de plusieurs dossiers de candidature.

Samedi prochain, un tirage au sort déterminera la répartition des espaces d’expression libre entre les candidats en lice. L’ANIE a publié, lundi dernier, un premier bilan de l’examen des dossiers de candidature, qui permet déjà de mesurer les effets de la nouvelle loi électorale. Sur les 788 dossiers déposés à l’échelle nationale, regroupant 10 168 candidats, seules 77 listes ont été validées à ce stade, tandis que 31 ont été rejetées.

La grande majorité, soit 680 listes, demeure en attente de l’issue des recours introduits par les candidats concernés. À l’échelle individuelle, les chiffres sont tout aussi révélateurs. Ainsi, 6 994 candidatures ont été acceptées, soit 70 % du total, contre 3 174 rejetées, représentant 30 % des dossiers examinés.

Quelque 2 878 candidatures de remplaçants sont, quant à elles, toujours en cours d’examen. Pour les Algériens établis à l’étranger, l’ANIE indique avoir traité 66 dossiers regroupant 528 candidats.

Dix listes ont été approuvées, dix autres rejetées, tandis que 46 restent en attente de l’examen des recours. Au total, 364 candidatures ont été validées, soit également 70 % du total, contre 164 rejetées. Par ailleurs, 100 recours ont été enregistrés auprès du tribunal administratif d’Alger.

Face à la polémique suscitée par ces rejets de candidatures, Karim Khelfane a tenu à clarifier la position de l’instance qu’il représente. Il a insisté sur le fait que les rejets de dossiers ne s’expliquent pas uniquement, comme certains le laissent entendre, par l’application de l’article 200 du code électoral, qui interdit à toute personne « connue du grand public pour ses liens avec des milieux d’affaires ou financiers suspects » de se porter candidate.

Selon lui, les motifs de rejet sont beaucoup plus larges et relèvent, dans la majorité des cas, de considérations purement administratives. Parmi les raisons invoquées figurent le non-respect du quota réservé aux jeunes de moins de 40 ans, la sous-représentation des femmes ou des diplômés universitaires au sein des listes, l’irrégularité de la situation fiscale de certains candidats ou encore l’absence de justificatifs relatifs au service national. Le motif le plus fréquent demeure toutefois l’insuffisance du nombre de signatures de parrainage.

À titre d’exemple, un candidat à Alger devait réunir 4 650 signatures de citoyens. Tout dossier ne remplissant pas cette condition est automatiquement rejeté. « Nous n’excluons personne. Nous examinons les dossiers sur la base des documents administratifs et des conditions prévues par la loi.

Ce sont ces critères qui déterminent l’acceptation ou le rejet d’une candidature », a soutenu le responsable de l’ANIE. À cette occasion, il a rappelé que les candidats déboutés disposent de voies de recours prévues par la loi, d’abord devant les tribunaux administratifs en première instance, puis devant les juridictions d’appel. Une procédure qui est déjà largement enclenchée, comme en témoignent les centaines de dossiers encore en cours d’examen.

Il n’en demeure pas moins que le rejet massif de candidatures a provoqué de vives réactions au sein des formations politiques et des listes indépendantes concernées. Ces dernières dénoncent une application qu’elles jugent abusive de l’article 200, estimant que certaines exclusions auraient été prononcées sans preuves juridiques claires ni condamnations judiciaires définitives.

Pour ces acteurs politiques, une telle pratique constituerait une atteinte directe aux droits politiques garantis par la Constitution. Ils réclament davantage de transparence dans les critères d’évaluation et s’interrogent sur la cohérence d’un processus où la notion de « liens suspects » peut être invoquée sans qu’une décision de justice ait préalablement établi la culpabilité de l’intéressé.

À moins d’un mois du scrutin, l’ANIE se retrouve ainsi confrontée à un test crucial : préparer un climat électoral moins tendu pour ces législatives anticipées et convaincre de la pertinence des décisions de rejet qu’elle a notifiées.

Chiffres clés

• 788 dossiers déposés en Algérie

• 10 168 candidats concernés

• 77 listes validées

• 31 listes rejetées

• 680 listes en attente de recours

• 6 994 candidatures acceptées (70 %)

• 3 174 candidatures rejetées (30 %)

• 66 dossiers traités à l’étranger

• 364 candidatures validées

• 164 candidatures rejetées

• 100 recours enregistrés auprès du tribunal administratif d’Alger

• Date limite de dépôt des candidatures de remplaçants : 6 juin 2026 à minuit.

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