Dans le cadre de la stratégie d’ouverture internationale de l’enseignement supérieur algérien, une délégation allemande de haut niveau a été reçue, hier à Alger, par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari. Le professeur Manfred Wessens, président de l’université de Jade, était accompagné de son vice-président ainsi que de trois doyens.
Cette visite intervient au lendemain de la signature d’un accord de partenariat stratégique entre l’Université d’Alger 1 Benyoucef-Benkhedda et cet établissement public allemand situé en Basse-Saxe. L’université de Jade, dont le nom fait référence à la baie de Jade, sur la mer du Nord, est répartie sur trois campus, à Wilhelmshaven, Oldenburg et Elsfleth.
Bien que les deux institutions présentent des profils différents, elles se révèlent particulièrement complémentaires. Cet accord traduit la volonté de l’Algérie de diversifier ses partenariats académiques européens, au-delà des cercles traditionnels, en nouant des relations d’égal à égal avec des universités reconnues.
Au cœur de cet accord figure la mise en place d’un programme de double diplôme, qui permettra aux étudiants des deux établissements d’obtenir simultanément un diplôme délivré par chacune des universités partenaires.
Ce dispositif, à la fois équilibré et ambitieux, repose sur des mobilités croisées, une harmonisation partielle des programmes et un accompagnement conjoint des étudiants.
Ce partenariat dépasse largement le seul cadre du double diplôme. Il prévoit également l’organisation de manifestations scientifiques conjointes dans des domaines de pointe, le renforcement de la mobilité des enseignants-chercheurs ainsi que le développement d’échanges approfondis entre les deux communautés universitaires.
Cette architecture de coopération s’inscrit pleinement dans la vision portée par le ministre Kamel Baddari, qui encourage depuis plusieurs années une internationalisation qualitative, équilibrée et durable des établissements d’enseignement supérieur. L’Université d’Alger 1 Benyoucef-Benkhedda s’impose d’ailleurs de plus en plus comme l’un des principaux acteurs de cette dynamique.
Ces derniers mois, elle a multiplié les conventions avec des partenaires économiques, académiques et bancaires afin de faciliter les stages, de soutenir les start-up et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes talents nationaux.
La signature de cet accord avec l’université de Jade vient ainsi renforcer cette position et illustre concrètement la stratégie nationale visant à accroître le rayonnement régional et international des universités algériennes.
Les performances enregistrées en 2026, avec une Algérie occupant la première place du classement QS des universités arabes grâce à 46 établissements classés, devant l’Égypte et l’Arabie saoudite, confèrent une légitimité supplémentaire à ce type de partenariats.
Ce nouvel accord s’ajoute à une série d’initiatives récentes impulsées par le ministre Kamel Baddari. Qu’il s’agisse de la rencontre organisée à Oxford avec la diaspora académique algérienne établie au Royaume-Uni, du lancement de la Chaire Émir Abdelkader ou encore du programme « Étudiez en Algérie », l’objectif demeure le même : valoriser les compétences nationales, attirer les talents internationaux et intégrer progressivement l’université algérienne dans les grands réseaux académiques mondiaux.
Devant le Conseil de la nation, le ministre a récemment rappelé le rôle économique croissant de l’université, devenue un véritable levier de développement à travers l’économie de la connaissance.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 3 249 brevets d’invention, 310 start-up, 2 611 micro-entreprises étudiantes et 430 filiales créées au sein des établissements universitaires. Loin d’être un simple accord de prestige, ce partenariat constitue un outil concret d’insertion de la formation supérieure algérienne dans l’espace universitaire international.
Il témoigne de cette ambition, maintes fois réaffirmée par les autorités publiques, de faire de l’université algérienne non seulement un lieu de transmission des savoirs, mais également un acteur à part entière de leur production, de leur valorisation et de leur rayonnement à l’échelle internationale.

