Forte de l’expérience acquise sur le marché national et de capacités techniques développées au fil des décennies, Sonelgaz accélère son déploiement sur le continent africain. De la production d’électricité à la réalisation de centrales, le groupe algérien exporte désormais son savoir-faire au Niger et au Tchad, confirmant sa capacité à mener des projets énergétiques d’envergure et à s’imposer comme un acteur régional de référence.
L’Algérie continue d’afficher des niveaux record de consommation électrique, particulièrement durant les épisodes de fortes chaleurs estivales. Mais au-delà de sa capacité à répondre à une demande intérieure en progression, le pays dispose d’un autre atout : une filière électrique capable de se projeter à l’étranger.
À travers Sonelgaz, l’Algérie exporte désormais son savoir-faire en matière de production, de réalisation d’infrastructures et d’exploitation de réseaux, avec une présence qui se renforce progressivement en Afrique. La demande d’électricité a atteint un nouveau pic de 21 828 MW mercredi 19 août, sous l’effet conjugué des températures élevées et d’un taux d’humidité important dans plusieurs régions.
Il s’agit du cinquième record enregistré depuis le début de l’été, après les pointes de 21 650 MW le 17 août et de 21 727 MW le lendemain. Cette succession de records illustre l’augmentation continue des besoins énergétiques du pays, notamment durant les périodes de forte chaleur, lorsque l’utilisation de la climatisation fait fortement progresser la consommation.
Malgré cette pression, le système électrique algérien dispose encore de capacités importantes. Le parc de production dépasse 26 GW de capacité installée et repose majoritairement sur des centrales thermiques fonctionnant au gaz naturel. Cette configuration permet au pays de disposer d’une production relativement flexible, capable de s’adapter rapidement aux variations de la demande.
En préparation de l’été 2026, Sonelgaz avait renforcé son dispositif avec plus de 1,85 GW de capacités supplémentaires afin d’accompagner la progression de la consommation. La performance du système électrique algérien ne se mesure toutefois plus uniquement à l’aune de la satisfaction de la demande nationale.
Sonelgaz développe parallèlement une activité à l’international, notamment en Afrique, où le groupe algérien multiplie les projets et démontre sa capacité à réaliser rapidement des infrastructures énergétiques. Cette présence prend une dimension particulière en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Sonelgaz International a ainsi réalisé en moins de trois mois une centrale électrique de 40 MW à Gorou Banda, au Niger, mise en service et inaugurée en juin. Quelques jours plus tard, le lancement des travaux d’une seconde centrale de même puissance à N’Djamena, au Tchad, est venu confirmer cette dynamique.
Ces réalisations illustrent la montée en puissance de l’expertise algérienne dans le domaine électrique. Au-delà de la production, le groupe dispose de compétences couvrant plusieurs maillons de la chaîne, ce qui lui permet de proposer des solutions intégrées et de se positionner sur des marchés où les besoins en infrastructures énergétiques sont considérables.
L’Algérie bénéficie, dans cette stratégie, de l’expérience accumulée par son secteur électrique au cours des dernières décennies. Sonelgaz a développé un savoir-faire dans la construction et l’exploitation des centrales, le transport et la distribution de l’électricité, ainsi que dans la gestion des périodes de forte demande. Un capital technique que le groupe cherche désormais à valoriser sur les marchés africains. Cette projection extérieure ne se limite pas au développement de projets.
L’Algérie joue également un rôle croissant dans l’approvisionnement électrique de certains pays voisins. La Tunisie constitue à ce titre un exemple concret. À fin mars, les importations d’électricité provenant principalement d’Algérie couvraient 9 % des besoins du marché tunisien, selon l’Observatoire national de l’énergie et des mines de Tunisie.
Cet appui a de nouveau été visible durant l’été, lorsque la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a salué le soutien apporté par Sonelgaz alors que le réseau tunisien faisait face à une forte tension. L’Algérie se retrouve ainsi dans une situation particulière : son système électrique doit absorber une consommation nationale qui bat régulièrement de nouveaux records, tout en étant capable d’apporter un soutien à ses voisins et de développer des projets énergétiques à l’étranger.
Cette progression de la consommation pousse également l’Algérie à diversifier progressivement son modèle de production. Le gaz naturel reste largement dominant dans le mix électrique, mais le solaire photovoltaïque doit prendre une place croissante dans les prochaines années.
Une première tranche de 3,2 GW de centrales solaires photovoltaïques est actuellement en cours de réalisation, dans le cadre d’un programme visant à porter les capacités renouvelables à 15 GW à l’horizon 2035. Le développement de cette filière doit permettre de réduire progressivement la dépendance du système électrique aux centrales thermiques et de mieux répondre à une demande appelée à continuer de progresser.
Pour l’Algérie, le défi consiste donc désormais à maintenir l’équilibre entre trois ambitions : satisfaire une consommation intérieure en forte croissance, diversifier son parc de production et valoriser son expertise électrique à l’étranger.
Avec ses ressources gazières, ses infrastructures et surtout les compétences développées par Sonelgaz, le pays dispose d’atouts importants pour renforcer sa position dans le paysage énergétique africain. Les centrales réalisées au Niger et engagées au Tchad montrent que cette dynamique est déjà à l’œuvre.
À mesure que les besoins africains en électricité augmentent, l’expertise algérienne pourrait ainsi devenir un véritable relais de croissance pour Sonelgaz et un nouvel instrument de présence économique du pays sur le continent.

