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Alger

Un nouveau souffle pour le secteur agricole

Comme chaque année, le département américain de l’Agriculture (USDA) dresse un état des lieux du secteur agricole algérien et de l’évolution de ses principales filières. Dans sa dernière analyse, l’organisme américain relève une progression de plusieurs productions, notamment les céréales, l’huile d’olive et les tourteaux de soja, témoignant des transformations engagées ces dernières années dans le secteur agricole national.

 Pour établir cette revue, l’USDA s’appuie notamment sur des observations satellitaires permettant d’évaluer l’état des cultures, mais également sur des « sources ouvertes », à travers la compilation et l’analyse des données rendues publiques en Algérie.

Concernant les céréales, l’USDA relève les progrès enregistrés en 2026, aussi bien pour le blé que pour l’orge. Ses estimations font état d’une production de 3,2 millions de tonnes de blé tendre et dur, soit une progression de 7 % par rapport à la campagne précédente.

La production d’orge devrait, quant à elle, atteindre 1,35 million de tonnes, en hausse de 13 %. Au total, la production céréalière algérienne est ainsi estimée à 4,65 millions de tonnes par l’USDA, alors que les prévisions officielles tablent, pour leur part, sur une récolte record de 5 millions de tonnes cette année. Le rapport s’intéresse également aux superficies emblavées.

Le blé couvre environ 1,8 million d’hectares, contre un million d’hectares pour l’orge, 80.000 hectares pour l’avoine et seulement 2.000 hectares pour le maïs. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec les quelque 7 millions d’hectares consacrés aux grandes cultures en Algérie. Ils mettent notamment en évidence la problématique persistante des terres laissées en jachère.

Près de la moitié des superficies agricoles ne sont ainsi cultivées qu’une année sur deux. Une partie de ces terres en jachère est progressivement réorientée vers les cultures de légumes secs, notamment les lentilles et les pois chiches. Ces productions figurent parmi les filières ciblées par le programme de relance agricole arrêté dès 2023 en Conseil des ministres.

Pour l’orge, une part importante des superficies céréalières, avoisinant le tiers chaque année, est destinée à l’alimentation animale, principalement à celle du cheptel ovin.

Les superficies consacrées à l’avoine restent relativement faibles, avec environ 80.000 hectares. Cette situation s’explique notamment par les pratiques agricoles privilégiant la récolte de cette céréale sous forme de foin plutôt que sa production destinée à la récolte du grain.

Le maïs occupe une place encore plus réduite, avec seulement 2.000 hectares recensés. Cette faible superficie s’explique principalement par les besoins élevés de cette culture en irrigation, son cycle de production se déroulant essentiellement au printemps et en été. La majorité des surfaces consacrées au maïs est destinée au maïs fourrage.

Le maïs grain est, pour sa part, principalement cultivé dans les régions du Sud, où les conditions d’irrigation permettent son développement. Cette culture revêt pourtant un caractère stratégique pour l’Algérie, notamment en raison de son utilisation dans l’alimentation animale et plus particulièrement dans l’aviculture.

Le pays demeure toutefois fortement dépendant des importations pour couvrir ses besoins. En octobre 2024, l’USDA estimait ainsi les importations algériennes de maïs à 50 millions de quintaux.

Selon les chiffres alors rapportés par la presse, ces volumes représentaient près de 900 millions de dollars et plaçaient l’Algérie parmi les vingt principaux importateurs mondiaux de maïs-grain.

La pression de la demande intérieure s’est également traduite par une hausse des importations. Fin décembre 2025, quelque 11,5 millions de quintaux supplémentaires de maïs ont été importés dans le cadre d’un programme complémentaire destiné à répondre aux besoins du marché national.

Les tourteaux de soja connaissent une forte progression

Après les céréales, l’une des évolutions les plus significatives relevées par l’USDA concerne la production de tourteaux de soja. Ce sous-produit obtenu après la trituration des graines de soja, particulièrement riche en protéines, est principalement destiné à l’alimentation animale sur le marché national.

Il peut également être utilisé à l’étranger sous forme de protéines de soja texturées destinées à l’alimentation humaine. Les chiffres font ressortir une progression importante de cette production au cours des dernières années. Sur la période 2016-2025, la production annuelle moyenne s’établissait à environ 758.600 tonnes.

Elle est ensuite passée à 1,29 million de tonnes en 2024, avant d’atteindre 1,74 million de tonnes en 2025. Cette progression est notamment liée à la montée en puissance de plusieurs unités nationales de trituration de graines de soja.

Le développement de cette activité se répercute également sur la production d’huile de soja, qui a atteint 297.000 tonnes en 2024 avant de dépasser les 400.000 tonnes en 2025.

Cette évolution traduit le développement progressif d’une filière de transformation locale, avec des capacités industrielles qui permettent de mieux valoriser les matières premières et leurs sous-produits sur le marché national.

La production d’huile d’olive figure également parmi les indicateurs suivis par l’USDA. Elle est estimée à 76.000 tonnes en 2025, un niveau que l’organisme américain met notamment en relation avec l’extension des plantations dans les zones steppiques.

Cette progression s’inscrit également dans le cadre des efforts techniques déployés ces dernières années dans le Nord du pays, avec la contribution de l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA) et de l’Union européenne.

L’extension des superficies oléicoles et l’amélioration des pratiques culturales contribuent ainsi à renforcer progressivement le potentiel de production d’une filière qui occupe une place importante dans l’agriculture algérienne.

Dans le domaine de l’élevage, l’USDA estime la production algérienne de viande bovine à 140.000 tonnes en 2025, contre 135.000 tonnes en 2024. Cette production reste toutefois inférieure à la moyenne enregistrée sur une décennie, qui dépasse 147.000 tonnes.

Cette évolution pourrait notamment être liée à l’arrêt des importations de jeunes bovins destinés à l’engraissement en provenance de France, intervenu dans le contexte des épizooties affectant le cheptel français.

Au-delà des chiffres, cette revue de l’USDA permet de dégager plusieurs tendances concernant l’évolution de l’agriculture algérienne. La progression des céréales, le développement de la trituration du soja, l’extension de l’oléiculture et l’évolution des productions animales témoignent des transformations à l’œuvre dans le secteur.

Ces données constituent également un outil d’analyse susceptible d’aider les pouvoirs publics et le Conseil national scientifique pour la sécurité alimentaire à mieux orienter les politiques agricoles.

L’enjeu consiste désormais à consolider les filières en progression, à réduire la dépendance aux importations pour certaines productions stratégiques et à adapter les choix agricoles aux contraintes et aux potentialités propres au territoire national.

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L'express quotidien du 27/08//2026

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