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De Mascate à Rome, l’Algérie joue à fond la carte du partenariat

Depuis quelques années, l’Algérie déploie une politique extérieure cohérente, indépendante et résolument tournée vers ses intérêts stratégiques. Sans fracas, sans provocation, mais avec fermeté, elle s’affirme comme un acteur crédible et respecté, aussi bien en Afrique que dans le monde arabe, en Méditerranée comme dans les enceintes multilatérales.

La diversification de ses partenariats est au cœur de cette stratégie. L’Algérie entretient aujourd’hui des relations solides avec plusieurs puissances. Avec la Chine, elle a signé des accords dans le cadre des Nouvelles Routes de la soie, misant sur les infrastructures, les télécommunications et l’énergie.

Avec la Russie, la coopération est ancienne mais s’intensifie, notamment dans le domaine militaire et énergétique. L’Italie, quant à elle, est devenue l’un des principaux partenaires économiques et énergétiques, à travers le groupe ENI, mais aussi dans l’agriculture, les transports et l’industrie.

La Turquie, avec qui les échanges commerciaux dépassent les 5 milliards de dollars, investit «  massivement » dans le textile, le bâtiment et la sidérurgie. Le Qatar, partenaire discret mais influent, soutient plusieurs projets dans les domaines du sport, du tourisme et des services.

Même les États-Unis, dans un contexte mondial tendu, maintiennent un dialogue stratégique et économique stable avec Alger. L’Afrique reste cependant une priorité centrale. L’Algérie veut jouer un rôle moteur dans l’intégration continentale, en misant sur les corridors commerciaux, les liaisons ferroviaires transsahariennes et les projets d’interconnexion énergétique.

Le gazoduc Nigeria-Algérie (Transsaharien) en est un symbole fort. Il traduit une vision, celle d’un pays-pivot, qui connecte l’Afrique au monde. La diplomatie algérienne, souvent discrète mais constante, multiplie les médiations.

En Libye, au Mali ou au Niger, Alger refuse toute logique d’ingérence et privilégie le dialogue entre frères africains. Dans le dossier palestinien, l’Algérie reste fidèle à ses principes, soutenant sans relâche la cause d’un peuple spolié. La visite du sultan Haitham ben Tariq d’Oman à Alger marque un jalon important.

Elle confirme la volonté «  partagée  » d’intensifier un partenariat stratégique. Une délégation conduite par le président de l’Oman Investment Authority a déjà engagé plusieurs projets, notamment un fonds souverain commun, un partenariat automobile avec un constructeur sud-coréen et des coopérations dans l’agriculture, la santé et la pharmacie.

Ce modèle de coopération équilibrée reflète la nouvelle dynamique algérienne, qui consiste à diversifier ses alliances et à ancrer ses partenariats dans le concret. Ce regain d’activité extérieure est porté par une conviction : l’Algérie doit défendre ses intérêts sans renier ses valeurs. Coopérer sans se soumettre. Échanger sans dépendre. Et surtout, parler d’égal à égal.

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L'express quotidien du 12/03//2026

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