Le corridor SouthH2, destiné à transporter l’hydrogène vert depuis l’Algérie vers l’Union européenne, avance pas à pas, mais avec détermination. Après la réunion de Vienne en novembre dernier, où toutes les parties prenantes s’étaient rencontrées pour tracer les grandes lignes, le projet se prépare maintenant à franchir une nouvelle étape.
Une réunion est prévue prochainement à Alger. L’Europe, en quête d’un virage vers les énergies propres, observe avec intérêt ce corridor qui pourrait bientôt devenir une artère vitale du futur marché de l’hydrogène vert.
Jeudi dernier, sur les ondes de la Radio nationale, Khalil Hedna, directeur de la communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, a pris la parole. Ses mots sont clairs : « La prochaine réunion sera consacrée à l’identification des mécanismes permettant de concrétiser ce projet, qui représente un saut qualitatif dans le domaine de l’hydrogène vert. »
Chaque phrase souligne l’urgence et l’importance de transformer les plans en réalité. Quelques mois seulement après Vienne, les acteurs du corridor-Algérie, Tunisie, Italie, Autriche et Allemagne- se retrouvent pour aller au-delà de la théorie.
Lors de cette première réunion, ils avaient posé les jalons : harmonisation des politiques, planification technique, choix des options de financement et identification des sites algériens pouvant accueillir la production d’hydrogène vert à grande échelle.
Aujourd’hui, le cap est fixé : il s’agit de passer aux infrastructures, pour faire de ce corridor un projet concret et opérationnel. L’Union européenne, consciente de l’importance stratégique du projet, l’accompagne financièrement et politiquement.
Pour Khalil Hedna, cette réunion a une vocation double : une coordination des actions pour renforcer la transition énergétique dans la région, tout en affirmant la place centrale de l’Algérie sur la scène énergétique.
Autrement dit, il s’agit de bâtir le futur marché européen de l’hydrogène, et l’Algérie se positionne au cœur de cette nouvelle économie verte. Le corridor SouthH2 s’étendra sur 3 200 km, de l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, avant de poursuivre vers l’Allemagne en passant par l’Autriche. Sa capacité de transport est ambitieuse : 4 millions de tonnes par an, dont 1,2 million de tonnes proviendront directement d’Algérie. Une infrastructure titanesque qui pourrait redéfinir le rôle du pays dans le paysage énergétique mondial.
En parallèle, l’Algérie accélère son programme solaire, indispensable à la production d’hydrogène vert. En seulement un an, le pays a multiplié sa capacité de production : plus de 3 200 MW cette année, contre 450 MW l’an dernier. Une avancée spectaculaire qui illustre l’engagement concret du pays dans la transition énergétique. Mais le corridor SouthH2 n’est pas seul.
L’Algérie travaille main dans la main avec l’Italie sur un autre projet stratégique, Medlink, qui consiste en un câble électrique sous-marin capable de fournir 2 000 MW d’énergie propre. Un autre exemple de l’ambition algérienne de se positionner comme un acteur incontournable de l’énergie verte.
Pour Khalil Hedna, ces initiatives sont complémentaires : « Le corridor SouthH2 s’ajoute au projet d’interconnexion électrique pour l’exportation de l’électricité décarbonée vers l’Italie.
Les études, pilotées par Sonelgaz, Sonatrach et ENI, avancent rapidement. » L’Algérie ne se contente plus de produire de l’énergie : elle devient un véritable carrefour stratégique, capable d’alimenter le marché européen et de jouer un rôle central dans la transition énergétique mondiale.

