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«Une gouvernance internationale solide est essentielle pour l’économie mondiale»

Prenant la parole à la 53e réunion du comité monétaire et financier international, tenue du 16 au 7 avril à Washington, le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA) Mohamed Lamine Lebbou, a axé sur l’importance pour les politiques financières de renforcer les cadres réglementaires et prudentiels, à suivre de près les risques émergents, tout en œuvrant à la stabilité des prix, relevant qu’une gouvernance internationale solide était essentielle au bon fonctionnement de l’économie mondiale.

De sa chaire, où il parlait au nom de l’Algérie, du Ghana, de la République islamique d’Iran, de la Libye, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie, Lebbou notait qu’«une gouvernance internationale solide demeure essentielle au bon fonctionnement de l’économie mondiale fera-t-il observer, ajoutant que des cadres multilatéraux efficaces pouvaient contribuer à réduire la fréquence et la gravité des chocs en facilitant des ajustements de politiques coordonnés et ordonnés.

Le gouverneur de la BA a précisé, aussi, que dans le sillage de l’incertitude qui caractérisait l’économie mondiale suite à la situation au Moyen-Orient, «la politique monétaire doit demeurer résolument axée sur la stabilité des prix. Un renforcement de la flexibilité du taux de change peut aider les économies à absorber les chocs, en particulier dans les pays importateurs de produits alimentaires et d’énergie confrontés à des pressions sur la balance des paiements», a-t-il expliqué.

S’agissant des politiques budgétaires, il a estimé qu’elles devaient viser à renforcer les politiques monétaires «tout en continuant de protéger les ménages vulnérables, en particulier à mesure que la hausse des prix alimentaires accroît les risques d’insécurité alimentaire et de pauvreté».

«Dans le même temps, a-t-il recommandé, les mesures doivent s’inscrire fermement dans des cadres budgétaires crédibles à moyen terme et faire l’objet d’une communication claire afin de préserver la crédibilité de l’action publique. Lorsque des recettes additionnelles existent, elles devraient être utilisées pour reconstituer des marges de manœuvre budgétaires.»

Evoquant, ensuite, les politiques financières, celles-ci elles devraient, à ses yeux, tendre à renforcer les cadres réglementaires et prudentiels, ainsi qu’à suivre de près les risques émergents, en particulier les risques liés à la numérisation financière, y compris les crypto-actifs, ainsi qu’aux institutions financières non bancaires, doivent être pleinement compris et efficacement atténués.

Par ailleurs, et pour ce qui est des répercussions de la situation au Moyen-Orient, Mohamed Lamine Lebbou notera que les résultats de croissance devraient demeurer très contrastés selon les pays, reflétant des différences dans l’importance relative des canaux de transmission et dans les caractéristiques structurelles sous-jacentes. Cette divergence est susceptible de s’accentuer dans les économies présentant des vulnérabilités budgétaires et extérieures préexistantes.

Il ajoutera dans ce même contexte que les perspectives de croissance mondiale demeuraient extrêmement incertaines, en raison de cette escalade, affirmant que les retombées comprenaient notamment les chaînes d’approvisionnement mondiales et les marchés financiers, en plus des marchés traditionnels de l’énergie et que la croissance mondiale devrait s’affaiblir davantage, tandis que les pressions inflationnistes se renforcent.

Soulignant enfin le rôle de l’Algérie pour contribuer activement au soutien du marché de l’énergie et accroître ses exportations de gaz naturel vers l’Union européenne, le gouverneur a relevé que certaines économies ont subi de lourds dommages, en particulier aux infrastructures énergétiques, ces pertes l’emportent de loin sur les éventuels gains liés à la hausse des prix de l’énergie, en particulier compte tenu des effets des sanctions qui restreignent l’accès au commerce international et aux marchés financiers.

En revanche, les économies importatrices d’énergie subissaient des effets défavorables à travers l’alourdissement de leur facture d’importation, «ce qui pèse sur leurs équilibres budgétaires et extérieurs. Ces pressions peuvent être aggravées par des canaux supplémentaires, tels qu’une baisse des envois de fonds, un recul des recettes touristiques, un durcissement des conditions financières et un ralentissement des entrées de capitaux», a conclu le gouverneur de la Banque d’Algérie, non sans saluer, au nom du même groupe de pays, le rôle du FMI dans la gouvernance économique mondiale, notant avec satisfaction les travaux du FMI sur le traitement des déséquilibres extérieurs excessifs dans les grandes économies.

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