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Le gazoduc transsaharien entre dans une phase décisive

Le comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP) s’est réuni hier à Alger, marquant une étape jugée décisive dans l’avancement du projet. Cette rencontre intervient dans un contexte d’accélération des travaux et de consolidation des engagements entre les pays partenaires, en vue de la réalisation de ce corridor énergétique stratégique reliant les ressources gazières du Nigeria aux infrastructures algériennes et aux marchés européens.

Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) franchit une étape clé avec la tenue hier de la cinquième réunion ministérielle de son comité de pilotage à Alger.

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, le ministre d’État nigérian chargé des Ressources pétrolières et du Gaz, Ekperikpe Ekpo, ainsi que le ministre du Pétrole du Niger, Hamadou Tinni, ont pris part à cette réunion qui s’est tenue au Centre international de conférences « Abdellatif-Rahal » (CIC).

Le président-directeur général du groupe Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, ainsi que des responsables de la société nigériane NNPC et de la société nigérienne Sonidep, en plus des équipes techniques et des experts des trois pays, ont également assisté à la rencontre.

L’ordre du jour de la rencontre prévoyait la présentation des résultats de l’étude de faisabilité du projet, réalisée sur décision conjointe des trois pays par le bureau d’études Penspen, ainsi que l’évaluation du niveau de mise en œuvre de la feuille de route adoptée lors des précédentes réunions tenues à Niamey, Abuja et Alger.

Pensé comme un corridor énergétique terrestre stratégique, le TSGP vise à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe via les infrastructures algériennes.

Le projet s’impose comme une alternative aux routes maritimes, dans un contexte de forte recomposition des équilibres énergétiques mondiaux. Relancé depuis 2025 après plusieurs années de blocages, le projet a connu une accélération notable à la suite de la quatrième réunion ministérielle tenue à Alger en février 2025.

Celle-ci avait permis la signature de plusieurs accords entre les partenaires, dont la mise à jour de l’étude de faisabilité et des mécanismes de coopération entre les compagnies nationales Sonatrach, Sonidep et la NNPC. Les récentes avancées techniques et politiques, confirmées lors de visites de travail à Niamey en 2026, ont renforcé la dynamique du projet, qui entre désormais dans une phase de structuration financière et opérationnelle.

Sur le plan économique, le gazoduc présente un avantage de taille : un tracé plus court que le projet « concurrent » devant relier le Nigeria au Maroc.

Le projet marocain n’existe que sur le papier, et nulle part ailleurs. Le TSGP repose également sur un principe de valorisation partagée des ressources entre les trois pays partenaires. Pour le Niger, il s’agit d’un levier de développement majeur. Pour le Nigeria, le projet permettrait de réduire le gaspillage de gaz actuellement brûlé.

Pour l’Algérie, il consolide son rôle de hub énergétique reliant l’Afrique à l’Europe. Dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques, l’Europe suit de près l’évolution du projet, notamment l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, en quête de nouvelles sources d’approvisionnement après la baisse des livraisons russes.

Malgré ces avancées, le TSGP fait face à des défis financiers, sécuritaires et géopolitiques. La cinquième réunion ministérielle devrait permettre de franchir un cap décisif, avec la validation des études techniques et la mise en place d’un schéma de financement combinant ressources nationales, prêts concessionnels et partenariats internationaux.

Projet structurant à l’échelle continentale, le gazoduc transsaharien incarne une ambition commune : faire de l’Afrique un acteur central des équilibres énergétiques mondiaux.

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L'express quotidien du 04/06//2026

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