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Alger

La filière des composants automobiles prend son envol

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a procédé, hier, à l’inauguration d’une usine de production de plaquettes de frein et de leurs composants dans la commune de Réghaïa (Alger), en application des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à valoriser les biens récupérés dans le cadre des affaires de corruption.

Le Premier ministre était accompagné du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, du ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, ainsi que de responsables et d’opérateurs économiques.

Relevant de la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA), cette nouvelle unité constitue un maillon supplémentaire dans la stratégie nationale de développement d’une filière intégrée de composants automobiles.

Elle dispose d’une capacité de production de 1,5 million de plaquettes de frein et de leurs composants par an, destinés aussi bien aux véhicules légers qu’aux poids lourds, soit près de 1 500 jeux produits quotidiennement. Grâce à cette capacité, l’usine sera en mesure de répondre à une demande croissante émanant à la fois des constructeurs automobiles et du marché de la pièce de rechange.

Elle fabriquera 153 références, dont 126 destinées aux véhicules légers et 27 aux poids lourds, couvrant ainsi une large partie du parc automobile national tout en ouvrant des perspectives d’exportation. Le projet a nécessité un investissement global de 2,5 milliards de dinars et a permis la création de 150 emplois, dont 60 permanents.

Les pouvoirs publics comptent, à travers cette réalisation, renforcer les capacités nationales de production, répondre à une part importante de la demande locale et réduire la facture des importations de composants automobiles.

À terme, l’usine devrait également contribuer au développement des exportations, conformément à la stratégie nationale de diversification de l’économie. Au-delà de son apport industriel, cette réalisation illustre la démarche engagée par les pouvoirs publics pour relancer le tissu productif national à travers la valorisation des actifs récupérés et le développement d’investissements dans des filières industrielles à forte valeur ajoutée.

Sur le plan technologique, l’unité intègre des procédés de fabrication modernes permettant d’optimiser la consommation d’énergie, en conformité avec les standards industriels internationaux et les exigences croissantes en matière de performance environnementale.

Pour les pouvoirs publics, cette usine constitue un levier important pour accélérer le développement de la filière nationale des composants automobiles, en favorisant l’intégration locale, le développement de la sous-traitance et la substitution progressive aux importations.

Couvrir jusqu’à la moitié des besoins du marché national

S’exprimant à cette occasion, le Premier ministre a souligné que l’Algérie « a commencé à poser les bases de l’industrie mécanique », conformément à la vision du président de la République visant à bâtir une industrie nationale intégrée, compétitive et créatrice de valeur ajoutée. Il a indiqué que cette ambition repose sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs, publics et privés, afin de mettre en place un véritable écosystème de sous-traitance capable d’accompagner le développement de l’industrie automobile nationale.

L’objectif assigné à cette nouvelle unité est de couvrir entre 40 % et 50 % des besoins du marché national en plaquettes de frein, tout en répondant aux attentes des constructeurs automobiles et du marché de la pièce de rechange.

À moyen terme, l’entreprise ambitionne également de se positionner sur les marchés extérieurs. Après les projets lancés à Tissemsilt avec General Plastic Injection, à Batna avec l’usine d’emboutissage de pièces métalliques, puis à Réghaïa avec cette unité de production de plaquettes de frein, l’Algérie poursuit la structuration progressive d’un écosystème industriel dédié à l’automobile.

Une véritable chaîne de valeur est ainsi en train de se mettre en place. Elle devrait permettre de renforcer le taux d’intégration nationale, de réduire progressivement la dépendance aux importations et d’améliorer la compétitivité de la production locale, tout en jetant les bases d’une industrie mécanique davantage tournée vers l’innovation et l’exportation.

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L'express quotidien du 27/08//2026

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