Les cours du pétrole ont clôturé la semaine de cotation en forte hausse, les tensions au Moyen-Orient portant le Brent à son plus haut niveau depuis près de six mois. Les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements, alimentées par les attaques des rebelles houthis contre l’Arabie saoudite et les risques pesant sur le trafic maritime dans le Golfe, continuent de soutenir les prix.
Vendredi, dernier jour de cotation de la semaine, le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a clôturé à 116,72 dollars le baril, en hausse de 3,55 dollars, soit 3,14 %.
Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 3,80 dollars, soit 3,8 %, pour s’établir à 103,27 dollars. Sur la semaine, le Brent a gagné 6 %, tandis que le WTI a progressé de 2,3 %. Cette évolution prolonge la hausse enregistrée jeudi, lorsque le Brent avait déjà bondi de 4 % pour terminer à 113,17 dollars le baril, son niveau de clôture le plus élevé depuis le 4 mai.
Les marchés intègrent désormais une prime de risque géopolitique liée à la possibilité de nouvelles perturbations de la production et des exportations d’hydrocarbures du Moyen-Orient.
La hausse des cours intervient dans un contexte d’intensification des affrontements entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthis du Yémen. Les attaques signalées contre des infrastructures énergétiques saoudiennes ont ravivé les craintes d’une extension des perturbations dans l’une des principales régions productrices de pétrole au monde.
Jeudi, Saudi Aramco a ordonné l’évacuation de son siège à Dhahran, dans l’est du royaume, alors que les incidents visant les navires commerciaux et les infrastructures énergétiques alimentaient également les inquiétudes concernant la sécurité des routes d’exportation, notamment dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge.
Par ailleurs, un déversement de pétrole provenant d’un pétrolier a été signalé la semaine dernière au large d’Oumm Al Quwaïn, aux Émirats arabes unis. Les autorités émiraties n’ont toutefois précisé ni l’origine de la fuite ni l’identité du navire concerné. Dans ce contexte, les opérateurs restent préoccupés par la multiplication des incidents maritimes dans le Golfe.
Ces risques pourraient entraîner une hausse des coûts de transport et d’assurance, tout en compliquant l’acheminement du brut vers les marchés internationaux. Les stocks mondiaux restent, par ailleurs, sous pression.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les stocks pétroliers ont diminué de 10 millions de barils à l’échelle mondiale en septembre. Les réserves terrestres ont reculé de 113 millions de barils, une baisse partiellement compensée par l’augmentation des volumes de pétrole en mer. Fin septembre, les stocks mondiaux étaient inférieurs de 509 millions de barils à leur niveau de fin février.
Les tensions au Moyen-Orient se répercutent également sur les coûts logistiques. Dans son dernier rapport mensuel, l’AIE a souligné que les tarifs du transport maritime avaient atteint des niveaux records en septembre, sous l’effet de la hausse des primes d’assurance et des détours imposés à certains navires pour éviter les zones de conflit.
À court terme, l’évolution des cours dépendra largement, selon les analystes, de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, de la continuité des exportations et de la capacité des producteurs à rétablir les volumes interrompus. Une nouvelle attaque contre des infrastructures stratégiques ou une dégradation du trafic dans le détroit d’Ormuz pourrait accentuer les tensions et maintenir les prix à des niveaux élevés.
Les prévisions de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), publiées le 6 octobre, tablaient sur un prix moyen du Brent de 105 dollars le baril au quatrième trimestre 2026, soit 14 dollars de plus que dans ses projections précédentes.
De son côté, UBS (Union Bank of Switzerland), banque suisse qui publie des analyses et des prévisions sur les marchés financiers, notamment sur le pétrole, a également relevé sa prévision pour le quatrième trimestre 2026 à 100 dollars le baril, estimant que le rétablissement des flux pétroliers restait fragile.
