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Algérie-Tchad: Des liens à resserrer

La visite effectuée par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, à N’Djamena, a confirmé la solidité du partenariat entre l’Algérie et le Tchad

Porteur d’un message écrit du président Abdelmadjid Tebboune au maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Ahmed Attaf a plaidé pour une coopération bilatérale plus concrète et une concertation renforcée face aux défis du Sahel.

Arrivé mardi passé dans la capitale tchadienne, Ahmed Attaf effectuait cette visite en qualité d’envoyé spécial du président de la République. Il a été reçu par le président tchadien, auquel il a remis une lettre du président Tebboune.

La rencontre s’est déroulée dans un contexte régional sensible. Les échanges ont porté sur l’état des relations bilatérales, sur les moyens de les développer et sur plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Attaf a souligné que les deux chefs d’État s’étaient rencontrés récemment et que leur deuxième rencontre avait permis la tenue de la session de la commission mixte.

Celle-ci a abouti à la signature de vingt-sept accords entre les deux pays.  Il a estimé que l’exécution de ces accords se déroule dans la bonne direction. Selon lui, leur mise en œuvre progresse et contribue à donner davantage de substance à un partenariat déjà ancien entre l’Algérie et le Tchad.

De son côté, le communiqué issu des entretiens entre les deux chefs de la diplomatie évoque une évaluation positive des engagements convenus par les présidents des deux pays. Les deux parties ont également exprimé la volonté de préparer au mieux les prochaines rencontres bilatérales, afin d’élever le partenariat à un niveau supérieur.

Cette dynamique traduit la volonté des deux États de transformer les déclarations de coopération en projets, en programmes et en réalisations susceptibles de servir directement les populations.

La situation au Sahel a occupé une place importante dans les discussions. L’Algérie et le Tchad partagent une même préoccupation face à l’insécurité transfrontalière, à l’expansion des groupes armés et aux crises politiques qui fragilisent la région.

Attaf a rappelé que les deux pays font face aux mêmes défis de développement, de sécurité et de stabilité. Il a estimé que Tchadiens et Algériens œuvrent dans une même direction, celle de mobiliser le potentiel de la région au service de sa prospérité. Le Tchad occupe une position stratégique dans cet espace.

Sa coopération avec ses voisins reste déterminante pour la surveillance des frontières, la lutte contre le terrorisme et la gestion des mouvements de populations dans une zone particulièrement exposée. La présence d’Ahmed Attaf est un exemple de la méthode algérienne en Afrique.

L’Algérie privilégie le dialogue, la prévention des crises et le renforcement des capacités régionales, plutôt que l’escalade ou l’ingérence. Cette visite intervient alors que les tensions entre le Niger et le Tchad se sont accentuées depuis septembre.

Le Niger et le Tchad échangent des accusations autour d’une tentative de mutinerie, ce qui rend la stabilité de la sous-région plus fragile.  L’Algérie n’a pas annoncé de médiation formelle entre les deux capitales.

La remise d’un message présidentiel au maréchal Déby montre néanmoins que l’Algérie entend encourager l’apaisement et préserver le dialogue entre des pays dont la coopération conditionne la sécurité du Sahel. Pour le Tchad, la visite confirme le poids de l’Algérie dans les dossiers africains et sahéliens.

Pour l’Algérie, elle permet de consolider un partenaire important dans une région où la stabilité demeure une condition indispensable au développement.  La relation entre les deux pays repose sur une confiance politique affirmée, sur des échanges réguliers au plus haut niveau et sur une volonté partagée d’agir pour la paix régionale.

Les vingt-sept accords signés dans le cadre de la commission mixte offrent désormais un cadre pratique pour approfondir cette coopération. La mission d’Ahmed Attaf à N’Djamena rappelle ainsi une évidence.

Dans un Sahel traversé par les incertitudes, la voie la plus sûre reste celle de la concertation, de la solidarité entre États voisins et de la mise en œuvre rigoureuse des engagements pris.

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L'express quotidien du 05/11//2026

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