Un colloque national consacré à la mémoire environnementale met en lumière les ravages longtemps méconnus de la colonisation sur les écosystèmes algériens. Des destructions provoquées par les bombardements au napalm à la dégradation du couvert végétal et aux déséquilibres écologiques, l’Algérie engage un travail de documentation scientifique et historique destiné à établir l’ampleur des préjudices subis et à étayer la responsabilité coloniale.
Un colloque national consacré à la mémoire environnementale s’est ouvert samedi à Alger, en marge de la deuxième session du Comité interministériel sur la mémoire environnementale.
La rencontre rassemble des responsables, des experts et des chercheurs autour d’un volet encore peu exploré de l’histoire nationale : les conséquences de la colonisation sur l’environnement et les écosystèmes. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, et le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift.
Cette rencontre offre l’occasion de revenir sur les lourds préjudices infligés au patrimoine naturel algérien durant la période coloniale, tout en rappelant les immenses sacrifices consentis par le peuple algérien pour recouvrer sa liberté et sa souveraineté.
Les travaux portent notamment sur les répercussions de la colonisation dans différentes régions du pays, avec une attention particulière aux dommages biologiques causés à la faune et à la flore. Les participants s’attachent ainsi à mettre en lumière les atteintes portées aux milieux naturels et leurs conséquences sur les équilibres écologiques.
À travers cette initiative, la mémoire environnementale s’affirme comme une dimension à part entière de l’histoire nationale, qui mérite d’être davantage documentée et étudiée.
La participation de responsables, de spécialistes et de chercheurs permet de croiser les regards sur cet héritage et de mieux faire connaître l’ampleur des préjudices écologiques de la période coloniale.
La rencontre s’est également déroulée en présence du recteur de Djamaâ El-Djazaïr, cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini. À cette occasion, Kaouter Krikou a passé en revue les résultats des analyses de laboratoire périodiquement effectuées sur plusieurs sites touchés sur le plan environnemental.
Ces investigations visent à déterminer la nature des dégradations et à documenter scientifiquement leurs répercussions, notamment celles provoquées par les bombardements au napalm, qui ont détruit le couvert végétal et entraîné un déséquilibre écologique.
La ministre a également souligné que ces travaux s’inscrivent dans une démarche nationale visant à constituer un dossier scientifique et historique étayé, destiné à établir les violations commises par la puissance coloniale contre l’environnement et les écosystèmes, ainsi que sa responsabilité dans ces atteintes.
Cette démarche s’appuie notamment sur les chartes et les conventions internationales relatives à la protection de l’environnement.
