Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, arrivera demain en Algérie pour une visite officielle. Ce déplacement, demandé par Emmanuel Macron, marque une nouvelle étape dans la normalisation progressive des relations bilatérales après plusieurs mois de tensions.
Selon le ministère français de la Justice, l’objectif principal est d’ouvrir « un nouveau chapitre » de la coopération judiciaire entre les deux pays. Ce chapitre repose sur le respect des spécificités institutionnelles de chacun et sur la reprise d’échanges politiques et judiciaires de haut niveau.
Gérald Darmanin doit s’entretenir avec le ministre de la Justice, garde des Sceaux Lotfi Boudjemâa, ainsi qu’avec d’autres responsables de haut niveau. La lutte contre la criminalité organisée, le narcotrafic, le terrorisme et la délinquance économique et financière transnationale figurent au cœur des discussions.
Les deux parties évoqueront également les dossiers de biens mal acquis et les enquêtes financières internationales. Parmi les affaires sensibles, celle de l’ancien ministre algérien Abdeslam Bouchouareb, réclamé par l’Algerie mais dont l’extradition est refusée par Paris, pourrait être abordée.
La visite permettra aussi d’évoquer des cas individuels sensibles. Côté français, le sort du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison ferme en Algérie et qui a renoncé à son pourvoi en cassation, ouvrant ainsi la voie à une possible grâce présidentielle.
Côté algérien, le dossier de l’agent consulaire détenu en France depuis plus d’un an, dont la détention provisoire a été prolongée en mars dernier.
Fait notable, Gérald Darmanin sera accompagné de plusieurs hauts magistrats français à savoir, Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces, Vanessa Pérée, procureure nationale anticriminalité organisée, et Pascal Prache, procureur national financier.
Ces derniers rencontreront leurs homologues algériens pour relancer les échanges techniques et débloquer les dossiers en suspens. Cette visite intervient dans un contexte de relance bilatérale soutenue.
Elle constitue le troisième déplacement d’un membre du gouvernement français en Algérie en trois mois, après celui du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en février et la participation de la ministre déléguée Alice Rufo aux commémorations du 8 mai 1945 à Sétif.
Bien plus qu’une question de dossiers judiciaires et sécuritaires, ce voyage témoigne de la volonté partagée des deux pays de dépasser les crispations passées pour reconstruire une coopération pragmatique sur des enjeux stratégiques communs. Les résultats concrets de ces échanges se feront certainement sentir dans les prochaines semaines.

